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«Je t’aime pu»

Par Alexandra Nadeau-Gagnon – le dans Amour
Quatre petits mots de rien du tout. «Je t'aime pu». Comme quatre grands coups de poignard dans mon coeur. Quatre mots si simples, mais qui, mis ensemble, sont assez forts pour tout changer.

C’était un vendredi. Une belle journée qui, en apparence, ne laissait rien présager de mauvais. Il faisait beau, juste assez chaud; une parfaite journée de fin août. Mais malgré le soleil, ma fin de journée s’est assombrie en un temps record. Juste le temps que ça lui a pris pour prononcer ces quatre mots: «Je t’aime pu». Prononcés en une seconde, ils ont résonné dans ma tête pendant ce qui m’a semblé un siècle, alors que mon coeur se serrait, se débattait pour me sortir de la poitrine. Mon intérieur bouillait alors que tout ce que j’arrivais à faire, c’était le regarder, la bouche ouverte et le regard perdu.

Un faux bonheur

T’sais, quand tu le vois pas venir du tout. Quand, encore la veille, tu étais allée souper avec un ami que tu n’as pas vu depuis longtemps et que tu disais que tout allait bien entre vous deux, même que ça allait encore mieux qu’avant, alors qu’une mauvaise passe s’était pointé le bout du nez pour miner votre couple quelques mois plus tôt. Mais des mauvaises passes, ça passe, justement, et je croyais dur comme fer que c’était le cas. Visiblement, je m’étais trompée.

Ces mots qui font mal

«Je t’aime pu». C’est difficile de décrire tous les sentiments et les pensées qui m’ont assailli en même temps lorsque j’ai entendu ces mots. Autant je me suis sentie prise de vertiges, impuissante, autant mon cerveau était déjà en mode panique ou solution – difficile de faire la différence entre les deux, parfois – et analysait déjà tout ce que cette réplique allait impliquer, autant à court qu’à long terme, dans ma vie.

«Je t’aime pu». C’est aussi difficile d’expliquer comment on se sent quand on reçoit ces mots en pleine figure alors qu’on ne s’y attend pas du tout. Tellement de choses me sont venues à l’esprit… Qu’est-ce que j’ai fait? Pourquoi je ne suis plus assez? Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre? Mais apparemment, c’était pas moi, c’était lui. N’empêche que ces questions ont tourné longtemps dans ma tête, et tournent encore parfois. L’amour, ça va et ça vient, sans avertissement, c’est comme ça. N’empêche que quand la personne avec qui tu partages ta vie depuis près de 5 ans te dit qu’elle ne t’aime plus, ça fait mal et tu as du mal à croire qu’il n’y a pas une raison précise à tout ça.

Coeur néon
DESIGNECOLOGIST | Unsplash

«Ça va aller, t’es faite forte»

Je l’ai entendu souvent depuis le moment fatidique. Trop souvent. On me l’a dit le soir même de son départ. «Ça va aller, t’es faite forte. Tu vas passer à travers.» Oui, mais non. Ce n’est pas ce que je voulais entendre. Ce n’est pas ce que j’avais besoin d’entendre. Ce n’est pas parce que je suis faite forte que je ne peux pas ressentir la peine immense qui m’a été infligée par cet amour qui a déserté mon amoureux. Par ces mots qui font mal, qu’on soit forte ou pas. J’avais simplement envie de pleurer, d’être consolée. Par lui, mais je savais que ce n’était plus possible, et ça me faisait encore plus mal. Dans les jours qui ont suivi, je ne pouvais simplement pas croire qu’il était parti, qu’il ne revendrait pas. C’était pourtant le cas, et je devais me rendre à l’évidence.

Le temps arrange les choses

La phrase qu’on ne veut pas entendre. Au moment d’écrire ces lignes, pourtant, ça fait exactement quatre semaines que ce «Je t’aime pu» m’a frappé de plein fouet. Quatre semaines que je ne l’ai pas vu. Quatre semaines à vivre des émotions variées, des hauts et des bas, des épisodes d’angoisse. Mais quatre semaines de grandes réflexions, aussi.

J’ai tout fait pour oublier ce qui m’arrivait. Dès le lendemain, et pour les deux semaines suivantes, je n’ai pas passé une seule journée toute seule chez moi. Si je ne travaillais pas, je sortais quelque part avec quelqu’un. Tout pour m’aider à oublier, à ne pas penser. Et ça a fonctionné. Le temps a passé, la poussière est retombée. Je me suis calmée, j’ai pris du temps pour moi, parce que je savais que le pire était derrière moi.

Ces quatre semaines m’ont permis de réaliser que malgré le choc initial, c’est correct. Toutes ses affaires ont finalement quitté notre appartement, qui est maintenant le mien, et c’est correct. Quatre semaines, ça peut paraître court, mais ça laisse beaucoup de temps pour réaliser certaines choses qui, au fond, étaient peut-être déjà dans un coin de mon esprit et que je refoulais. Pour réaliser que c’est correct, que c’est mieux ainsi.

 

On aura vécu une belle aventure à deux, mais toute bonne chose a une fin, et c’était l’heure de la nôtre. Je n’ai aucun regret face à notre histoire et je suis optimiste pour l’avenir. Après quatre semaines, je peux le dire aussi: je t’aime pu.


Crédit photo de couverture: Jamie Street | Unsplash

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Alexandra Nadeau-Gagnon

Rédactrice en chef de Nerds, aussi auteure, rédactrice et réviseure dans la vie. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.