J’ai survécu au harcèlement

Vous savez, cette impression de ne plus avoir aucun contrôle sur sa vie? De craindre de sortir de chez soi, par peur de la croiser. Ce stress permanent de rencontrer à nouveau cette personne qui ne nous a pas seulement fait mal, mais écrasée, démolie, détruite au point de ne plus avoir aucune envie de ressentir quoi que ce soit. La personne qui a installé le vide en nous. Elle ne m’a pas lâchée pendant des mois.

 

Ses textos, ses courriels et ses appels étaient plus «faciles» à gérer. Ses visites surprises chez moi, un peu moins.

Faisons un saut en arrière. Mars 2015, je mets fin (de peine et de misère) à une relation qui aura duré presque 3 ans. Février 2016, je reçois un bouquet de fleurs au travail. Le premier bouquet de sa part en plus. Entre temps, j’ai vécu un stress immense.

Je devais gérer ses textos me suppliant de lui revenir. Et c’est drôle à quel point tout d’un coup, il était tendre, attentionné, délicat. Il m’écrivait tout ce que j’aurais voulu vivre avec lui dans les dernières années. Je devais rester forte et ne pas tomber dans le panneau, une fois de plus. Je devais aussi faire le tri dans mes courriels. Malgré le fait que je lui demandais de respecter ma demande, qui était de ne plus prendre contact avec moi, il revenait en force. Il avait le culot de commencer par la phrase: «Je sais que je ne respecte pas ta demande, mais… ».  J’ouvre une parenthèse: Si un jour, tu demandes à quelqu’un de respecter ta demande et qu’il ne le fait pas, ne perds plus de temps. Il ne te respecte pas. Tu viens de te sauver beaucoup de peine. De rien.

Le pire du pire n’était pas encore arrivé. En fait, il était sur le point de cogner à ma porte. Et oui. Il était prêt à faire 2h de char dans une tempête de neige pour me reconquérir, mais n’avait jamais été capable de mon consoler lorsqu’on se chicanait, troublant non? Au moment où j’ai ouvert ma porte une soirée froide d’hiver, ne sachant pas que c’était lui, j’ai compris.  MON havre de paix, MON temple, MA bulle, MON chez-moi n’était plus capable de me protéger. Ce lieu, que je croyais être mon refuge venait de perdre son titre.

IL avait besoin de parler. Je ne voulais plus écouter. IL avait besoin de me voir. J’essayais d’oublier son visage. IL avait besoin d’entendre encore ma voix. Je frissonnais lorsque j’entendais la sienne. IL avait besoin de me prendre dans ses bras. J’avais PEUR de dire non. PEUR de l’entendre encore me rabaisser, parce que je ne lui donnais pas ce qu’il voulait. PEUR de voir son regard, me faisant sentir comme la pire des mardes. PEUR d’entendre un «ferme ta yeule» de plus. PEUR de retourner dans cet espace qui autrefois, était ma place.

Février 2016, après mon émission de radio, je reçois de magnifiques fleurs au travail. Je saute de joie. Mes premières fleurs à vie. Je les reçois au travail. Je crois recevoir un bouquet d’un auditeur. Je capote. Je lis le mot. Je capote … Je m’effondre devant mon collègue. Mes premières fleurs et je dois les recevoir d’un gars qui m’a démolie et en plus, n’a toujours pas compris que je ne voulais plus avoir aucun contact avec lui. Mon collègue m’a reconduit jusqu’à chez moi. J’avais peur que mon ex m’attende à l’extérieur.

Vous savez qui est venu me défendre? Ma mère. Je l’ai appelée en braillant comme une madeleine. Et la mère n’a pas bien pris le fait que cet individu sans respect essaye encore une fois de prendre contact avec sa fille. J’peux te dire que tu te sens petite dans tes shorts quand ta mère est obligée de venir te secourir. Aujourd’hui, je la remercie. Grâce à son intervention, j’ai retrouvé la paix.

Je veux que tu retiennes une chose mon histoire. Respecte-toi et aime-toi comme tu aimerais qu’on le fasse en retour. Et si la personne devant toi ne le fait pas, ne perds pas ton temps. Elle ne le fera jamais. Et si elle le fait, ce sera à son avantage, pas au tien.

 

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Marie-France Poulin Dans son univers, tu côtoieras ses idées, sa vie et ses mots. Intenses, exubérants, mais toujours honnêtes, touchants et réfléchis.