Je n’ai pas peur d’avoir des enfants

Dans cette aire digitale où les selfies et les aventures en backpack prédominent sur nos plateformes de communication, on se proclame plus que jamais jeunes, indépendants et fiers de l’être. La vague du YOLO nous a complètement submergés et plus que jamais on sait que all we have is now. Notre génération est méga sensible à ces concepts et nombreux sont ceux qui adhèrent à un mode de vie un peu plus bohème, que ce soit par l’intermédiaire du minimalisme ou par le voyage. On veut profiter avant de se caser, on veut se sentir vivant et riche en expériences. On se l’est tellement fait dire en plus: «Profites-en pendant que t’es jeune!» 

J’ai eu la chance de grandir avec ce concept. Mes parents m’ont rapidement appris à aimer la vie et à profiter de chaque moment à 115%. Des escapades magiques et des voyages exceptionnels lorsque j’étais encore préadolescente m’ont vite donné envie d’apprendre l’espagnol, de me familiariser avec différentes cultures et d’ainsi suivre le mouvement de globalisation avec comme rêve de m’exposer à la planète! Avant même d’avoir 23 ans, j’avais déjà fait deux échanges étudiants et trois incroyables voyages en backpack. Le voyage, j’ai ça dans le sang et l’aventure j’en mange. Ça a donc fait du sens que je postule pour un poste d’agente de bord dans l’une des plus grosses compagnies du pays. À moi l’international!

À l’aube de mes 27 ans, un nouveau sentiment grandit en moi. J’ai hâte de fonder ma propre petite famille. Je vois les femmes de mon entourage commencer à avoir des bébés et ça me chatouille en dedans. Alors que la mode est de se proclamer nomade et citoyen du monde, moi je lutte un peu avec mon corps, qui est plus d’accord avec la vision de mes grands-parents qui se demandent s’ils rencontreront mes enfants un jour. Je comprends qu’on veuille se sentir accomplie avant de mettre au monde des petites boules d’amour, mais dans ma tête à moi, l’un n’empêche pas l’autre.

 

 

Ma bucket list est encore très garnie. Je rêve d’aller en Australie (vivement l’hiver 2017-2018), je veux aller en Inde et visiter le fabuleux Machu Picchu, mais je ne veux pas croire qu’avoir des enfants va m’arrêter. Au contraire, je veux tellement leur transmettre la passion que mes parents m’ont transmise quand j’avais moi-même cinq, six ans. Quand au lieu d’aller dans les grands restaurants, ils amenaient un bbq portatif sur la plage pendant que ma soeur et moi courions dans le sable au bruit des vagues. On riait, on revenait prendre une bouchée et on retournait s’amuser avec les mouettes pendant que mes parents se partageaient un bon Cabarnet Sauvignon en nous regardant. J’ai hâte de partager ça avec deux petits êtres vivants que mon chum et moi allons bombarder d’amour. Alors non, moi je n’ai pas peur d’avoir des enfants. J’ai hâte. Ça me brûle en dedans.

Par contre, il y a tout l’aspect sociétal : les couches, le banc d’auto pour bébé, la bassinette dernier cri… Et ça, c’est sans parler de tous les conflits intergénérationels par rapport à comment on faisait avant versus comment on fait aujourd’hui. Saviez-vous qu’en 2017, ça prend absolument des biberons et jouets sans BPA? Qu’est-ce que ça mange en hiver du BPA? J’ai juste l’impression qu’avant de procréer, je vais devoir me procurer le petit guide du nouveau parent moderne et c’est plutôt ça qui me stresse. Je me demande si je vais être à l’aise à essayer de fitter dans les standards de la société pour mes bébés. Je sais d’avance que je serai une maman funky juste par ma nature et ça me rassure en même temps de m’angoisser.

Depuis un bon bout de temps, je proclame haut et fort: écoute ton corps, écoute ton feeling intérieur et ton instinct.  Mais moi mon instinct, je ne sais pas si c’est le côté animal qui prend le dessus, mais il me crie «Fais un bébé!». J’éprouve tellement d’amour en dedans de moi et je ne peux pas concevoir que je pourrais ne pas le partager.

Je n’ai pas peur d’avoir des enfants parce que j’ai confiance en mes valeurs, en ma force de caractère et en mon jugement. Plus que jamais, je suis connectée avec mon corps. Je sais que je vais être une bonne maman. J’ai un entourage de feu et un amoureux qui déborde d’amour, c’est vraiment un soul’s person. Je sais aussi que, pour moi, ça ne signifie pas la fin de mes jeunes années. J’ai bien l’intention de voyager avec notre poupon: on remplit une valise de couches, de wipes et de pyjamas propres et let’s go!

J’espère ne pas vexer aucune maman avec mon texte parce que Dieu sait que je crois au pouvoir des hormones, à la fatigue et à la détresse émotionnelle. Je ne me pense pas Wonder Woman ou au dessus de tout cela, mais je ressens qu’avec ma personnalité et celle de ma douce moitié, on aura vite «paqueter les p’tits» pour se retrouver sur le bord de la mer avec une casquette sur la tête et le vent dans les cheveux.

La beauté de la chose est que rien ne presse et c’est vrai. Un bébé ça se fait à deux. On a encore pas mal de pages à tourner avant de commencer ce nouveau chapitre, mais c’est vraiment cool d’être envahie de ce beau sentiment d’assurance et d’amour. J’ai confiance en la vie et je sais qu’elle saura nous organiser un itinéraire charmant quand ce sera le temps.

 

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Karine Boileau Bachelière en communication et agente de bord, Karine fait son jogging dans différents fuseaux horaires en multipliant les pique-niques accompagnés de cava!