Quand les mots peuvent faire une différence

Il me semble que j’avais vu passer la magnifique couverture tout de rose et de gris vêtue sur les réseaux sociaux. Et ça m’avait automatiquement accrochée. Des visages de femmes incomplets, des visages sans traits. Et le titre: Nos plumes comme des armes/Our words as weapons. Évidemment que ça me parlait. Moi, femme, maman de deux petites fabuleuses, amoureuse des mots et de l’impact qu’ils pouvaient avoir depuis des générations sur le monde, sans venir blesser, sans cicatriser, sans tuer le corps.

 

Valery Lemay

 

C’est pourquoi lorsque Josiane Ménard, rédactrice pour NERDS, m’a approchée pour savoir si j’étais intéressée à parler de ce nouveau recueil de poésie engagée auquel elle participait en tant qu’auteure parmi de nombreuses autres talentueuses, je n’ai pas longtemps hésité avant de lui répondre par l’affirmative. J’avais déjà hâte de découvrir comment l’agencement de tous ces mots mis en vers allait venir me parler, me secouer, me faire réfléchir, me questionner, me dire que ça irait finalement, l’humanité. J’étais impatiente de découvrir le nouveau bébé de la journaliste Elisabeth Massicolli. Un nouveau bébé anglais/français qui avait pris naissance dans sa tête, suite à l’attentat survenu dans une mosquée de Québec le 29 janvier dernier.

 

Natalie-Ann Roy

 

«J’étais découragée. Du climat qui planait, de tout ce qui se passait autour, partout. Je me demandais ce que je pouvais bien faire pour juste venir améliorer, mettre un baume, aider, répandre plus de beau dans ce qui me semblait être l’enfer pour plusieurs. Je me suis demandé, avec des gens autour, dans quoi on serait bon pour faire une différence. C’est là que la rédaction nous semblait le meilleur moyen. Que les poèmes, mots du cœur, nous semblaient le meilleur médium pour venir gueuler, étaler ce qu’on avait à dire au monde entier. Je me suis dit qu’on pourrait faire un petit recueil qu’on vendrait pas cher et qu’on pourrait remettre les fonds aux gens qui en avaient le plus besoin. J’ai donc fait un appel à tous sur les réseaux sociaux et la réponse fut au-dessus de mes attentes. J’ai bien vu qu’on était beaucoup à vouloir s’exprimer, qu’on était une gang à vouloir crier le monde dans lequel on vivait. C’est donc après une centaine de soumissions de textes, la générosité de Quebecor et de l’imprimeur Le caïus du Livre, la précieuse aide de mon amie Théo Dupuis-Carbonneau, une couverture de la talentueuse illustratrice Valery Lemay et un graphisme parfait d’Elsa Rigaldies, que Nos plumes comme des armes/Our words as weapons va finalement voir le jour.»

Un recueil qui parle de corps féminins, de différentes couleurs. Qui parle de crier, de dénoncer, d’arrêter de se cacher, d’arrêter de tout laisser aller. Qui parle beaucoup de corps de femmes qui veulent juste exister, au-delà de n’être que regardés, de ne servir qu’à attirer. Qui parle de ce que les autres femmes d’avant ont fait pour nous, femmes actuelles. Qui parle de xénophobie, d’homophobie, de transphobie, de misogynie. Qui parle d’avoir le droit de faire, d’avoir le droit de tout faire. De juste avoir le droit, finalement.

 

Valery Lemay

 

Un recueil offrant une trentaine de textes de mots coup de poing et une vingtaine d’images qui pansent du doux, de métaphores qui parlent fort. Nos plumes comme des armes/Our words as weapons sera disponible en ligne dès le 14 juin prochain. Une soirée de lancement est prévue dès 17h à l’Appartement 200 sur St-Laurent, où vous pourrez également vous procurer le recueil sur place. Tous les profits engendrés par la vente du livre seront redistribués à trois organismes luttant contre l’intolérance, soit au Centre multiethnique de Québec, à HELEM Montréal et à Action Réfugiés Montréal.

 

Chloé Landreville

 

En attendant le lancement imminent de ce recueil qui fait franchement du bien, vous pouvez visiter leur page Facebook juste ici.

 

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Mélissa Lavoie Maman, enseignante et pitcheuse de doux. Mélissa aime parler du quotidien, du banal et de l’extraordinaire dans les «p’tites choses» qu’on oublie.