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Au cœur des festivals; un entretien avec Laurent Saulnier

Par Nerds – le dans Divertissement, Girlboss

La 16e édition de Montréal en Lumière est déjà entamée et, encore une fois, la soif de culture et de divertissement réussit à éclipser le froid glacial qui engourdit la métropole. Cet événement gastronomico-culturel a vu le jour en février 2000. Il avait, à la base, été commandé par la Ville de Montréal et avait pour mandat de développer une activité pour attirer les touristes en hiver. Mission accomplie: cet événement est un véritable succès à chaque année depuis ses débuts.

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Laurent Saulnier de l’équipe Spectra. Ce fut l’occasion rêvée de discuter à la fois du festival et du parcours professionnel d’un authentique mélomane, aujourd’hui vice-président à la programmation de Montréal en Lumière, des Francofolies et du Festival de Jazz.

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Quels sont les critères de sélection pour la programmation de Montréal en Lumière?

On fait de la musique, du théâtre, de la danse, de l’humour; il y a donc un équilibre à trouver. Quand le festival a été fondé, on nous a bien mis en garde de ne pas cannibaliser le marché.

L’idée n’est pas d’en ajouter trop, mais de garder ce qui est déjà en place et d’aider, du mieux qu’on peut, à en faire la promotion pour que ça devienne un attrait touristique. Pour Montréal en Lumière, la sélection des artistes ne se fait pas uniquement par nous. Elle se fait aussi par différents partenaires, que ce soit en musique classique, en musique contemporaine, en danse, en théâtre, etc. Il y a un vrai travail de partenariat à ce niveau-là.

C’est aussi devenu un des festivals les plus propices à lancer de nouvelles tournées, faire des rentrées montréalaises, des premières, et j’en passe. Les gens se l’ont approprié dans ce sens-là. Pour nous, c’est très l’fun de voir que, chaque année, une dizaine d’artistes québécois choisissent Montréal en Lumière pour faire leur show important.

Comment choisis-tu les artistes qui performent dans les festivals?

Il faut avoir un mélange de styles et en avoir pour tout le monde. Il faut avoir des gros noms et il faut, aussi, avoir des découvertes. Quand tu fais un festival qui dure 10 jours, tu ne peux pas toujours demander au même public de sortir 10 jours de suite. C’est super important les découvertes parce qu’une partie de celles-ci vont devenir des têtes d’affiche dans 2, 5 ou 10 ans. On ne sait jamais!

Il faut être au courant des nouveaux groupes, de comment ils font parler d’eux, d’où ils font parler d’eux, de quelle sorte d’approche ils ont et avec quel public. Est-ce que ça joue déjà sur les radios universitaires? Est-ce que des blogues en parlent ? Ça demande, à chaque jour ou presque, des recherches continues sur ce qui s’en vient dans tous les genres musicaux. C’est ça le thrill aussi.

En offrant une vitrine importante, lors des festivals, tu permets à des artistes de se faire connaître d’un plus large public. À quel point crois-tu que ton rôle a un impact sur la carrière des artistes émergents?

Je peux parfois mettre mon «p’tit» grain de sel. Par exemple, la première fois où Pierre Lapointe est venu jouer chez nous, il a joué gratis, dehors dans la rue vers 6h-7h le soir. Il n’y avait pas grand monde qui le connaissait, mais, ça nous a fait plaisir, avant même que son premier album sorte, de lui donner une scène et un petit coup de pouce. On est allé voir le show et tout le monde a vraiment trippé. Depuis ce temps-là, tout le monde sait ce qu’il est devenu. C’est une belle histoire et il y a eu un certain mandat de confiance qui allait dans les deux sens; autant Pierre a fait confiance aux Francos, autant les Francos lui ont fait confiance. C’est pour ça qu’à chaque année, ou presque, il vient présenter de nouvelles affaires.

En bout de ligne, le seul qui a le vrai pouvoir décisionnel, c’est le public. On a beau programmer un artiste, si le public décide qu’il ne l’aime pas, il ne se passera jamais rien avec lui. Nous, la seule chose qu’on peut faire c’est aider à ce qu’il y ait une rencontre entre le public et l’artiste. Rendu-là, c’est quand même le public qui a le dernier mot.

En étudiant en communication, savais-tu que tu te dirigeais vers l’industrie de la musique?

J’ai toujours voulu faire ça! J’ai l’impression que ma carrière de journaliste m’a servi d’appetizer, de préparation, pour ce que je fais depuis maintenant 15 ans. Quand je vais arrêter de travailler dans le milieu de la musique, il va falloir que je suive une espèce de cure de désintoxication pour essayer de décrocher de tout ça et de ne plus être à l’affut des nouveautés qu’il faut absolument que j’écoute. J’ai l’impression que c’est un peu comme une drogue cette affaire-là, mais moins dommageable pour la santé! (rires)

Comment es-tu devenu journaliste culturel?

J’ai commencé à être journaliste pour un magazine mensuel qui s’appelait Québec Rock à l’époque. J’avais de la misère à payer mon loyer et je cherchais quoi faire de ma vie. Je suis allé cogner à leur porte et je leur ai demandé s’ils avaient besoin de quelqu’un pour aller interviewer un groupe qui s’appelait Téléphone et qui passait au Spectrum une semaine après. Je m’étais vanté en disant que j’étais la meilleure personne à Montréal pour faire l’entrevue avec le groupe. Le rédacteur en chef m’a cru, alors j’ai écrit le papier et j’étais super content!

Ensuite, un soir des Francofolies, j’ai croisé Alain Simard, président-directeur général de Spectra, qui m’a dit : «Ah! Faut que je te parle!» Je lui ai dit de m’appeler quand il voulait et il a dit : «Non, non, est-ce que je peux te prendre 5 minutes, là là?» La première chose qu’Alain m’a dit c’est : «Coudonc toi, vas-tu rester journaliste toute ta vie? Si je te proposais quelque chose, y réfléchirais-tu?» On a continué à parler et j’ai finalement accepté son offre. Et me voilà donc! Oui, c’est une belle histoire dans le fond parce que je ne m’attendais vraiment pas à ça!

La scène culturelle montréalaise est-elle toujours aussi effervescente selon toi?

Oui, complètement! Je dirais que la seule différence est que j’ai l’impression que ce n’est pas au niveau de la scène le problème, mais au niveau du relais entre la scène et le public. Retournons, disons, il y a dix ans, à l’époque où MalajubeKarkwaArcade FirePatrick Watson commençaient. À ce moment-là, il y avait un Voir qui était en grande forme, il y avait un Mirror, il y avait Bande à Part à la radio et beaucoup d’hebdos culturels qui s’attardaient sur cette scène-là. Ils ont beaucoup aidé à la diffusion. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, c’est différent.

On a beau faire tous les efforts, on ne peut pas faire tout, tout seul. Et quand tu regardes la couverture que font les grands médias nationaux, au niveau de l’écrit, de la radio ou de la télé, je ne suis pas sûr qu’on soit aussi fort qu’on l’était il y a dix ans. J’ai l’impression qu’on prend beaucoup moins de risques et que le nombre d’espaces consacrés à la scène locale a énormément diminué. J’ai l’impression qu’on attend un peu plus avant de parler de certains groupes, de certains artistes. Être jeune musicien à Montréal en 2015, je crois que c’est vraiment plus tough que ce l’était en 2005.

La dernière découverte musicale de Laurent Saulnier

Le britannique Benjamin Clementine. Des extraits de son album At Least For Now, sorti en janvier dernier, sont en écoute ici.

Par Anne-Julie
Collaboratrice spontanée

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