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Montréal : c’est pas toi, c’est moi

Par Noémie Ferland – le dans Opinion
Je t’aime Montréal, tu grouilles, tu vis, tu scintilles, t’es belle. 

T’as des opportunités à la pelletée, tu fais rêver les nouveaux arrivants par ton élégant mix de culture / espaces verts / scène artistique mondiale / entrepreneuriat / gastronomie. Aucune autre ville québécoise n’accote ton nightlife (ton boulevard St-Laurent en a probablement des belles à te raconter). 

Mais t’es pas faite pour moi.

itsnotyouCrédit : Giphy

Ça fait bientôt 5 ans que mon quotidien se déroule dans tes rues, 5 ans où j’ai appris à :

– te connaître (parce que oui, j’avais des images de toi avec des seringues et des gangs de rue partout quand j’étais jeune);

– t’haïr (parce que j’ai dû récolter au moins 500$ de contraventions avant de comprendre comment ça fonctionne, se stationner chez toi);

-et t’accepter (parce que chez toi, faut savoir qu’on ne peut pas tout contrôler, comme tes transports en commun par exemple).

Malgré tout, c’est vrai que t’es attachante.

Mais j’ai des rêves à la grandeur du Québec, et toi tu m’étouffes par moments (surtout à 5h30, dans la 24, à être 75 personnes dans un autobus qui peut seulement en contenir 50, un jour de pluie).

En fait, je trouve que pour une ville qui se dit ouverte, t’es pas mal fermée sur le reste du Québec (parlant d’ouverture, sache que tu t’aides vraiment pas quand tes ponts sont complètement bloqués sans raison apparente, un jeudi midi. Je t’en veux encore pour la semaine passée).

Je sais que pour certains métiers, c’est chez toi que ça se passe. Moi la première, je constate que les emplois en communication te tournent pas mal plus autour qu’au Saguenay ou en Abitibi, disons, mais est-ce que ça m’oblige réellement à devoir rester près de toi toute ma vie?

Montréal, j’ai le goût du vrai, du terre-à-terre, de jaser avec mes voisins, de vivre mon espace et surtout de prendre le temps d’y vivre alors que toi, tu me stresses, m’enfermes dans ton île et me fais culpabiliser dès que je reste dans mon appartement plutôt que d’assister à l’un de tes 346 festivals.

Tu dois avoir l’impression que je t’attaque, mais si je t’écris comme ça, c’est parce que je n’ai jamais autant eu envie de défendre les régions que depuis que je t’habite.

Comprends-moi, j’y ai vécu les vingt premières années de ma vie. Je n’en garde que des beaux souvenirs d’une jeunesse à faire du vélo sans soucis, à aller acheter des fruits et légumes frais directement dans la cour des producteurs, à manger des crèmes molles en famille au bar laitier du coin entre deux épluchettes de blé d’Inde suivi par un feu de camp.

Je sais que tu peux probablement offrir des semblants de tout ça, mais c’est pas pareil.

J’aime le Québec dans son entièreté, les villes et villages pour leurs différents accents, les paysages pour leurs particularités et les histoires de familles pour leurs anecdotes .

Je suis là à te vanter les mérites de la campagne depuis tantôt, mais en même temps y’a une partie de moi qui hésite parce que j’ai l’impression que tu vas me juger. En fait, ce que j’aimerais que tu comprennes, c’est que de vouloir te quitter ne signifie pas un échec, ni un manque d’ouverture, mais bien un départ vers d’encore plus grands défis.

6783305-country-roadCrédit : 7themes

Pour être honnête avec toi, la vie en région me manque :

– pour son intimité
– pour son rythme de vie tranquille
– pour son esprit de communauté
– pour sa simplicité
– pour sa beauté
– pour son authenticité

Aux yeux de certains, tu possèdes probablement toutes ces belles qualités, mais dans mon coeur, tu n’auras jamais le petit quelque chose que je recherche, même si tu as tout pour plaire.

On dit qu’il faut parfois partir pour mieux revenir.

Dans mon cas, t’étais un passage nécessaire à ma vie pour comprendre ce dont j’avais besoin. Et ce dont j’ai besoin, c’est de vivre le Québec à la hauteur de ce qu’il est.

Montréal, notre histoire n’est peut-être pas terminée, mais fais-toi pas trop d’attentes s’il te plait.

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