#sorrynotsorry: C’est mon opinion

On me reproche souvent d’être trop discrète, de ne pas parler assez. À cela, je réponds: «Donnez-moi de l’alcool, vous allez voir que vous regretterez de vous être plaint de ma discrétion!» Non mais, sans blague, c’est vrai que je ne parle pas beaucoup en général.

Probablement, entre autres, parce que je ne me sens jamais interpellée par les sujets abordés. Étonnamment, je suis généralement entourée de gens qui ne partagent pas les mêmes passions que moi. Jumelez-moi avec un passionné de cinéma et de lecture, vous verrez que je suis capable d’entretenir de belles longues conversations! Mais une des raisons principales pour laquelle je ne parle pas beaucoup en présence d’autrui est une question d’opinion.

Je connais très peu de gens avec qui il est réellement possible de discuter dans le respect des opinions de chacun. La plupart disent respecter les opinions d’autrui, mais quelque part, il y a toujours une petite part d’eux-mêmes qui les incite à vouloir convaincre les autres que leur opinion est la meilleure et que tout le monde devrait y adhérer. Ou ceux qui acceptent que tu aies une opinion différente d’eux, mais…

 

Il y a souvent des «mais». «Tu peux voter pour le parti que tu veux, mais franchement, vote pas pour le Libéral.» «C’est parce que je veux que tu penses comme moi!». Oui, cette dernière réplique, je l’ai déjà entendue. Pour de vrai. J’en revenais pas, ça m’a tellement fâchée! Et puis, non, je ne vote pas Libéral, mais si quelqu’un veut le faire parce que ça lui semble la meilleure option, il a le droit. On vit dans un pays démocratique, non?

J’ai longtemps travaillé dans un club vidéo. Je me souviens d’un client qui avait retourné un film, en me le lançant presque en pleine face et en me disant: «Vous devriez jeter toutes vos copies, c’t’un osti de film de marde, vous ne devriez pas avoir le droit de louer ça!» Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres sur un sujet parmi tant d’autres. Tous les goûts sont dans la nature, que ce soit en cinéma ou pour les marques de voiture. Si ça existe, c’est que ça plaît à quelqu’un, quelque part. Alors, s’il te plaît, dis juste que tu n’aimes pas ça et non pas que c’est de la marde. Ainsi, tu seras certain de ne pas froisser la personne à qui tu parles qui, elle, a peut-être beaucoup trop tripper sur ce film-là.

 

 

Un homme a le droit de vouloir devenir une femme, une femme a le droit d’aimer une autre femme, les immigrants ont droit au même respect que les Québécois «pure laine» et une personne a le droit de voter Libéral si ça lui chante. Tu as le droit de ne pas être d’accord, tu as le droit d’en discuter et de faire valoir tes points. Toutefois, tu dois aussi écouter l’opinion d’autrui, la respecter et, surtout, ne pas essayer de la convaincre de penser comme toi à la place.

Alors, oui, j’ai des opinions, mais depuis des années, j’ai préféré ne pas les divulguer. Du moins, pas avec certaines personnes. Parce que pour moi, un dialogue implique une écoute attentive et respectueuse des deux parties, ce qui me semble très rare. Alors je préfère me taire. Mais ça, c’est mon opinion. #sorrynotsorry

 

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Alexandra Nadeau-Gagnon Auteure, rédactrice et réviseure. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.