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Au jour le jour, l’amour: des vacances sans son amoureux

Par Marika Guilbeault-Brissette – le dans Chroniques, Sexe
L'amour au jour le jour, c'est doux, c'est bon. Ça fond comme un bonbon sur la langue. C'est une sucette que l'on partage à deux. Le genre de friandise qui devient moins savoureuse lorsque dégustée en solitaire.

L’amour au jour le jour, c’est sucré. J’ai toujours su que j’étais faite pour être un dessert. Une sorte toute particulière de crème glacée. On ne prend jamais juste une boule. Ça vient en paire cette affaire-là. Lui et moi dans le même bol, on fond, on se confond, on devient une flaque d’amour dégoulinante qui en n’écœure plus d’un. Ce qui fait en sorte que lorsque je me retrouve seule dans un cornet trop creux pour mon petit format, je souhaite juste m’évaporer à cause de la température environnante trop élevée. Ces derniers jours, ça m’est arrivé. Moi en vacances, lui non.

La nuit est devenue mon terrain de jeu. La lumière rougeâtre qui se dissimule derrière le voile endormi colore nos rencontres nocturnes. Les jours sont longs. Les nuits trop courtes. Elles sont synchronisées aux rythmes de ses grandes respirations rêveuses. Celles qui définissent le temps qu’il me reste. Je ne veux pas sombrer dans le sommeil de peur de perdre une seconde de sa présence.

Je me concentre fortement afin que ses songes soient remplis de mon être. Ne m’oublie pas. Car demain, il partira et moi je resterai. Je resterai dans son chandail trop grand pour moi. Dans un monde trop petit quand il n’est pas là. Dans un vide tapissé de son image. Ne serait-ce que pour le paraître de mon lieu. À quoi bon la liberté quand celle-ci n’est pas partagée? Dans cette solitude, même les chats ne peuvent me réconforter. Leur pelage d’hiver n’est rien comparé à sa chevelure argentée.

Ce n’est pas malsain malgré ce que vous pouvez en penser. Je suis de celles qui vont à deux. Pas à pas, main dans la main, yeux dans les yeux. Tout goûte meilleur quand je peux savourer ma satisfaction dans ses prunelles. Et ce, même après plusieurs années de vie commune. Elles sont nécessaires. Elles nous donnent de la valeur. Et plus elles passent, plus elles rendent les minutes en son absence insupportables. Dès mon réveil, je n’attends que son retour. Je ne dois pas dormir. Je ne dois pas fermer l’œil. Telles sont mes nouvelles règles de conduite.

Je dois écrire qu’il me manque pour le vivre davantage et encore plus profondément. Les tâches quotidiennes ne m’alimentent pas. Mon esprit vagabonde de son côté du lit à la chaise qu’il s’est appropriée dans la cuisine. Je valse avec ses chemises à carreaux. Je plonge mon minuscule corps dans un nuage de son parfum. Je m’imprègne de son odeur. Je reprends place dans le creux qu’a formé son corps dans le drap. C’est ma navette spatiale, ma piste de décollage, vers un monde meilleur, le sien.  Je passe mon temps à me le raconter comme une histoire de conte de fée où le prince vient et repart chaque matin.

Parce qu’il repartira. Parce que la fatigue me corrompra. Parce que demain reviendra à l’aube d’un nouveau jour sans lui.

Or, il reviendra. Il rentrera à bon port. Là où il a déposé bagages il y a déjà bien des années, pour un repos bien mérité.

Écrit en écoutant la trame sonore de La la land et les ronflements de mon amour.

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