All time BetterBe Branchez-vous Carrières

Quand la censure est mal dosée

Par Marine Villomé – le dans Société

Quand la censure est mal dosée

Je ne sais pas pour toi, mais j’avoue que je passe beaucoup de temps sur Facebook. Trop, sûrement. Je me lève le matin et la première chose que je fais est de regarder mes actualités, ce qui se passe un peu ailleurs. Bon, en vrai c’est pas mal plus des vidéos de chiens cutes qui défilent. Je «like» beaucoup ce genre de choses, c’est pour ça que ça apparait dans mon newsfeed. Saviez-vous que chaque newsfeed était différent ? Facebook sélectionne ce qui pourrait te plaire différemment de ce qui pourrait me plaire. Bizarre, mais pour l’instant, tout va bien. Je les aime bien, moi, ces petits chiots.

En plus, toutes sortes de nouveautés rendent Facebook plus attirant (lire addictif) qu’il ne l’était déjà. Les boutons J’aime ne sont plus seulement des J’aime mais aussi des J’adore, et les photos de profil peuvent maintenant être des vidéos de profil. Plutôt cool, non ? Même si tout le monde sait que Facebook a accès à toutes nos informations, ces petits superflus nous font oublier tout ça. Pourquoi s’en faire pour notre vie privée quand on peut émettre des émotions sur les publications. Facebook semble à l’écoute de nos besoins, c’est l’essentiel.

Et puis, cette semaine nous avons eu droit à une controverse intéressante : Facebook censure la célèbre photo de la jeune Vietnamienne brulée au napalm pour cause de nudité. Ce cliché, peut-être inconnu pour certains, reste assez célèbre pour d’autres. On y voit une petite fille nue, qui hurle de douleur, marchant dans la rue avec d’autres enfants, eux aussi victimes de la guerre. Cette prise est frappante et touche le spectateur si profondément qu’il est impensable de considérer cela comme une scène de nudité. Alors pourquoi Facebook a-t-il censuré le cliché ?

Jeune viêtnamienne brûlée au napalmCrédit photo : Nick Ut
Jeune vietnamienne brûlée au napalm

On pourrait se poser la même question concernant la photo d’une maman britannique qui allaite son enfant. On y voit ses seins, évidemment, mais Facebook censure aussi cette photo pour cause de nudité. Pourtant, peu de temps avant, Facebook autorisait les photos d’allaitement en disant : « Nous reconnaissons la beauté et le caractère naturel de l’allaitement, et nous sommes ravis de savoir qu’il est important pour les mères de partager leurs expériences avec autrui sur Facebook. La plupart de ces photos respectent nos règlements. »

Maman allaitant son bébé naissantCrédit photo : famili.fr
Maman allaitant son bébé naissant

Plutôt étrange, maintenant. Un petit quelque chose qui cloche. Ces censures, sensées promouvoir le respect d’autrui que la nudité semble entraver, ne font que soulever un mécontentement parmi les utilisateurs. Un cliché à valeur historique et une photo qui montre un moment très naturel de la vie, est-ce vraiment de la nudité ? Des profils de pornstar, ça existe et ils ne sont pas censurés. C’est pourtant très suggestif, d’après moi. Et les pages de 18 ans et plus, qu’est-ce qu’on en fait ? Les Spotted et tout ce qui incite les jeunes à divulguer des informations souvent peu pudiques. Pour ça, aucune censure.

On dirait que depuis ces petits « incidents », je ne vois plus les réseaux sociaux de la même façon. Oui, ce sont d’excellents moyens de communication. Oui, l’ère des technologies fait avancer la société. Oui, on les utilise tous les jours et on va continuer de les utiliser. Mais, bémol, quand certaines informations sont librement retirées alors que d’autres sont simplement ignorées, c’est grave. Pourquoi est-ce si facile d’envoyer et de recevoir des photos suggestives, ou bien de créer un faux compte attrayant pour séduire des utilisateurs ? Les vidéos d’animaux sont-ils plus acceptés que les vrais problèmes comme la guerre ou les débats politiques ? Chose certaine, c’est bien plus cute, et moins ennuyant à gérer. C’est sûrement ça le problème.

Continuez votre lecture

World Press Photo, une année particulière sous la lentille

World Press Photo, une année particulière sous la lentille

Émilie Bossé -
Le mal de la modernité

Le mal de la modernité

Nerds -
Sextos 101

Sextos 101

Nerds -
Ski Covoiturage, la solution économique cet hiver

Ski Covoiturage, la solution économique cet hiver

Annick Gendron -
5 questions à se poser quand la recherche d’emploi s’éternise

5 questions à se poser quand la recherche d’emploi s’éternise

Sarah Dufresne -
L’agence Reuters célèbre 30 ans de photo-journalisme et de courage

L’agence Reuters célèbre 30 ans de photo-journalisme et de courage

Nerds -
HAUM: Quand la (fausse) techno futuriste surveille nos maisons

HAUM: Quand la (fausse) techno futuriste surveille nos maisons

Nerds -
17 ans et le cancer

17 ans et le cancer

Cynthia Lauzé -
Ma vie est une anecdote : Quand la séduction ne fait pas son effet

Ma vie est une anecdote : Quand la séduction ne fait pas son effet

Nerds -
Tu te souviens quand tu allais clubber?

Tu te souviens quand tu allais clubber?

Julie Morisset -
Pourquoi je ne supprimerai pas Facebook

Pourquoi je ne supprimerai pas Facebook

Nerds -
Quand la deuxième fois est la bonne

Quand la deuxième fois est la bonne

Valérie Martel -
La Poupée qui fait non : Zoé Duchesne à l’Arsenal

La Poupée qui fait non : Zoé Duchesne à l’Arsenal

Nerds -
La Déesse des mouches à feu

La Déesse des mouches à feu

Vos événements en temps réel: Snapchat ou…Facebook?!

Vos événements en temps réel: Snapchat ou…Facebook?!

-