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Confessions d’un male stripper

Par Valerie Landry – le dans Carrière, Santé, Sexe
Avec le documentaire diffusé sur la chaîne Moi&Cie, 281 : Les dieux de la scène, la curiosité pour le métier de stripteaseur s’est transformée en réel engouement pour cet univers dont on connaît peu de choses. Un de leurs anciens danseurs a accepté de nous partager les secrets du métier.

Profil :

– Nick

– 24 ans

– Célibataire

– 5 pieds 11, 182 lb

– Étudiant en Droit à l’Université McGill

– Ex-danseur nu pour le 281

Depuis quand es-tu danseur? Pour combien d’endroits as-tu dansé?

Je danse depuis décembre 2012, cela fait donc presque deux ans que je suis dans le métier. J’ai été employé pour deux bars, soit le 281 et un bar du Village gai, j’ai donc aussi dansé pour des hommes! En plus de tout cela, j’ai participé à plusieurs événements à l’extérieur de Montréal.

Qu’est-ce qui t’a amené à tenter ta chance dans ce domaine? En fait, comment on en vient à vouloir être danseur?

Je dirais qu’on « tombe dans le métier ». C’est en ayant un ou des amis qui le font déjà qu’on se challenge l’un et l’autre de faire les auditions. Parfois aussi, il suffit que tu sois assez en shape et que tu aies un peu une attitude exhibitionniste ou show-off pour que des gens te disent que tu devrais t’essayer. Quand tu aimes l’attention, les femmes, l’argent et que tu prends soin de toi au maximum, tu t’y plais!

Donc il y a des auditions, comment ça fonctionne? Est-ce que tu as une formation spéciale, par exemple au poteau?

Pour chaque bar, il y a des soirées d’auditions. Tu te présentes et tu montres ce que tu sais faire. Au départ je n’ai pas été choisi au 281 mais j’ai commencé ma « carrière », si je peux le dire comme cela, ailleurs. Il n’y a pas de formation au poteau, tu essaies de faire comme ceux qui sont déjà là, tu apprends sur le tas, tu tentes des nouveaux mouvements et des acrobaties lors d’une soirée moins achalandée ou vers les 3h du matin quand tout le monde est saoul, haha! Au 281 c’est plus discipliné, il y a des chorégraphies et de nombreuses pratiques pour les numéros présentés.

Est-ce qu’il existe une certaine compétition entre danseurs? J’imagine qu’il y en a des plus populaires que d’autres…

Il y a une compétition, oui, mais l’ambiance varie d’un bar à l’autre. Certains sont plus amicaux que d’autres, disons.

Quel salaire moyen gagnes-tu?

Je ne veux pas parler de salaire exact, mais pour les événements spéciaux à contrat, on parle d’un salaire de base de 100 à 300$ sans les pourboires. La plupart des bars ne payent pas de salaire horaire, sauf à quelques exceptions. Tu fais ton argent selon les danses offertes aux client(e)s.

Est-ce que ton entourage est au courant de ton occupation?

Mes parents le savent depuis peu, je leur ai caché un bon bout de temps, car je sais que ma mère n’apprécie pas du tout. Mon père l’accepte plus qu’elle, mais mes amis proches sont au courant.

Quelle est la différence entre danser pour des filles et danser pour des gars? Lesquels payent le mieux? Reconnais-tu des clients habituels?

On reconnaît rapidement les habitués, car ce sont eux qui dépensent le plus. En ce qui concerne la différence entre les gars et les filles, je dirais que la principale caractéristique est l’âge des clients, qui est plus élevé chez les hommes. Ce sont d’ailleurs eux qui payent le mieux, je pense que les femmes sont moins dépensières pour ce genre de loisir. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie de la clientèle est transexuelle ou travestie, et ce que je remarque c’est que ce sont des client(e)s très enthousiastes!

Qu’est-ce qu’on t’a demandé de plus bizarre?

Certains hommes se sentent vraiment seuls et recherchent de la compagnie en dehors du bar. Le cliché du Sugar Daddy existe aussi en version homosexuelle! Un homme m’a déjà demandé de l’accompagner en voyage, de me payer à souper, de payer mes études… J’ai refusé, bien entendu, je suis très hétéro!

Quels clichés des danseurs s’avèrent vrais / faux?

Ça dépend de chacun. Dans mon cas, je suis aux études, je ne me prostitue pas, je ne prends pas de drogues ni de stéroïdes… D’ailleurs je ne bois pratiquement jamais, je fais vraiment très attention à mon corps! Dans le milieu, c’est facile de tomber dans les stupéfiants, mais il ne faut pas généraliser.

Qu’est-ce qu’on ne sait pas du métier de danseur?

Les gens ont tendance à croire qu’on fait énormément d’argent, mais il ne faut pas oublier qu’on ne travaille pas toute la semaine avec ce métier, tu ne deviens pas millionnaire en étant danseur! Ce n’est pas non plus les meilleures années pour l’industrie des bars en général ; c’est un petit marché avec une clientèle très spécifique. On est chanceux d’avoir cela à Montréal parce que c’est peu commun ailleurs dans le monde.

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Cela paye-t-il vraiment tes études?

Oui, et plus encore si tu dépenses avec ta tête.

Dis-moi ce que tu aimes le plus de ton métier et ce que tu aimes le moins.

J’aime être le centre d’attention, j’aime être sur la scène. Par contre, a priori, on croit que c’est un métier exigeant physiquement, mais ce sont ceux qui sont forts mentalement qui réussissent.

As-tu déjà pensé aller plus loin dans le domaine (porno, escorte)?

Je n’ai pas besoin de faire cela, j’ai assez d’argent pour vivre. Il faut mettre des limites quelque part, ne pas transgresser ses valeurs pour ne pas se perdre. Je suis danseur par choix parce que je suis jeune et non pas parce que je suis mal pris et que j’ai besoin d’argent. Quand je danse, je suis toujours à jeun. Beaucoup de rumeurs répandent que les danseurs sont drogués sur scène, mais ce n’est pas mon cas, jamais. Ça revient au fait que les stéroïdes sont très présents dans le milieu, la pression est là, mais encore une fois, si tu as une bonne connaissance et une tête sur les épaules tu te rends compte que c’est dangereux. Et il y en a qui mélangent cela avec des drogues… Imagine le risque!

Est-ce que le métier de danseur a amélioré tes opportunités de conclure avec les filles ou est-ce qu’elles te fuient à cause de ton emploi?

C’est sûr qu’on est exposé à un plus grand nombre de filles, on en rencontre une tonne et les opportunités sont là, même lorsqu’on ne travaille pas. On ne cesse pas d’exister. Les rencontres se font au-delà du travail. La plupart du temps, mon passé au 281 aide lorsque j’aborde une fille dans la vie de tous les jours, bien que quelques-unes soient repoussées par mon métier, mais c’est plutôt rare.

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Penses-tu qu’il soit possible d’être en couple tout en étant danseur?

C’est possible d’être en couple mais il faut vraiment que les deux personnes se fassent confiance et soient ouvertes d’esprit. La tentation est très présente, ce n’est pas un métier traditionnel disons.

Qu’en est-il du dépistage des ITS, devez-vous aller passer des tests ?

C’est une décision personnelle, c’est sûr que beaucoup de danseurs se font vérifier assez fréquemment, c’est une question d’hygiène personnelle. L’idéal c’est de ne pas fréquenter n’importe qui et d’éviter les relations avec les clientes!

Quelles sont les règles générales appliquées à tous les bars de danseurs?

Certains bars demandent l’exclusivité de ton service, comme pour une agence de mannequins qui détient l’exclusivité des contrats de son modèle. Aussi, la sollicitation est parfois permise, parfois interdite. Dans le cas du 281, ce sont absolument les clientes qui doivent te demander une danse et pas toi qui tente de les convaincre. Les relations avec les clientes aussi sont proscrites. En ce qui concerne la clientèle, aucun endroit n’accepte la prise de photos ou de vidéos.

Quelle est la meilleure chanson pour un striptease?

Ginuwine – Pony, c’est un classique!

Quel costume excite le plus la clientèle?

Les classiques d’homme en uniforme, que ce soit le policier, le pompier  ou le « gars de la construction », c’est toujours un succès! Les costumes qui font bad boy ont aussi beaucoup la cote.

policier

 

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