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Être bon est plus important qu’être fort

Par Sarah Lussier – le dans Santé

Toute ma vie, on m’a demandé d’être forte ou du moins on attendait de moi que je sois forte. Mon instinct de survie avait déjà imprégné dans mes cellules le concept d’être fort.

Comme le dit le dicton populaire : « j’ai tenu le coup », je suis restée droite comme un arbre face aux intempéries de la vie. Je suis restée forte dans un système qui nous déshumanise, où chacun de nous est déconnecté des autres, mais surtout de soi et de sa propre vie.

De jour en jour, j’ai mis beaucoup trop d’importance sur le fait d’être forte et de vouloir sans cesse être plus forte.

Pourquoi?

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Tout simplement parce que la force cache les faiblesses et personne ne veut paraître faible. Personne ne veut être vulnérable devant l’autre, face au monde qui l’entoure, et face à la vie. Tout le monde veut être fort. Aussi, parce que cette valeur était fortement propagée, très jeune, dans mon environnement, par mon entourage. Comme plusieurs d’entre vous, j’en suis certaine.

Dans notre société actuelle, de multiples messages sont véhiculés prônant l’importance de la force individuelle avant toute autre chose. Malheureusement, beaucoup moins de messages évoquent la force collective.

À vrai dire, je n’acceptais pas, et même encore aujourd’hui, je n’accepte pas toujours mes faiblesses. À force d’être forte, ou du moins de le croire et en essayant de le démontrer aux autres, je commençais à oublier mes faiblesses. J’étais capable de tout endurer,  de tout surmonter, toute seule. J’y croyais vraiment. Un peu trop d’ailleurs. Et pourtant, la vulnérabilité peut devenir une véritable force.

J’ai grandi dans une famille où les gens étaient forts, grands, costauds, imposants. Bien sûr, il s’agit ici de force physique, mais même de caractère, ces personnes étaient fortes. Avec le temps, elles me démontraient une preuve de force durement acquise. Petite, j’étais impressionnée, et même en grandissant, je le suis encore.

Un jour, avec les épreuves, j’ai pris conscience qu’on encourageait la force au détriment de tout le reste. À l’extrême, parfois. La force était devenue plus importante que la bonté humaine. La force n’était plus juste un élément positif, sain et bon, mais était rendue négative, malsaine et toxique. Comme une compétition. Ce qui pouvait mener à un abus de pouvoir. Comme une poursuite de vie qui annonçait le malheur personnel, car le paraître était plus important que l’être.

J’ai craqué, car c’est ce que toute personne fait, après un certain temps, quand on a dû être fort trop longtemps. Chaque personne, un jour, vivra au moins une épreuve difficile dans sa vie. Pour ma part, j’ai déjà surmonté une longue liste d’obstacles. Une vie atypique, utopique, intense, extrême. Malgré tout, selon moi, ce n’est jamais assez… du moins ce ne fut jamais assez pour tomber complètement au sol. Je devais vivre toujours plus intensément pour me donner le droit de tomber. J’étais vulnérable, fragile, mais je cachais ma sensibilité. Quand j’ai craqué, pour de vrai, j’ai vécu un trouble d’anxiété post-traumatique qui me donnait le droit de mettre un genou au sol (probablement même les deux), qui m’a fait voir ma vulnérabilité, ma sensibilité, ma fragilité, que je le voulais ou non. Ce que je ne voulais pas comprendre en essayant d’être constamment forte, je l’apprenais quand j’étais anxieuse ou en crise de panique. C’est avec du recul que j’ai compris cela, car je ne me donnais pas le droit d’être une jeune femme, tout simplement. Un point c’est tout.

À ce moment-là, j’ai compris qu’être bon est plus important qu’être fort. La bonté a un pouvoir plus grand que la force, mais pour faire croître sa bonté, il faut aimer. La bonté et l’amour nous dirigent à travers notre vulnérabilité, ce que la force n’apprécie pas du tout.

Alors, même si la société et notre entourage exigent de nous d’être forts, je vous souhaite le contraire. Je vous encourage à être bons avant tout. Car, malgré ce que l’on dit ou ce que l’on croit, être bon est un signe d’une grande force intérieure.

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Être humain, c’est un mélange d’émotions opposées. C’est vivre la vie avec ses forces, mais aussi avec ses faiblesses. C’est être capable d’affronter les obstacles, les situations de la vie complexes, mais, aussi, les gens. Mais c’est aussi parfois être capable de tomber. Même les plus grands héros de notre imaginaire collectif ont déjà mis un genou, parfois les deux, à terre.

Tout ce qui ne se plante pas ne grandit pas.

L’utopie, ou du moins une des utopies de notre société est de prôner la valeur de la force. Mais à visage découvert, combien de gens souffrent en cachette, par honte, par peur d’être vulnérables, par peur de paraître faibles? Beaucoup trop! Combien de personnes se sentent réellement fort, au-dessus de toute adversité? Pas beaucoup! Notre perception de nos faiblesses doit être changée. Au lieu de voir cela comme des défauts, des faiblesses ou des lacunes, pourquoi ne pas voir cela comme des défis à surmonter pour grandir?

Peut-être qu’il faudrait accepter d’être humblement que des « humains » dans un monde en carences de bonté et d’amour. Peut-être qu’il faut apprendre à être capable d’aller à sens inverse du courant, de se retrouver seul parfois, mais de toujours continuer sur le chemin que nous croyons réellement juste. Peut-être qu’il faut apprendre à être capable d’être qui on est véritablement. Authentiquement. Avec nos faiblesses et nos forces. Peu importe les intempéries de la vie. Peu importe notre histoire. Peu importe, où nous sommes enracinés… quelque part… dans ce vaste monde.

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