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Ricochets de Joseph Edgar, vent de fraîcheur pour l’été

Par Romain Chauvet – le dans Divertissement
Crédit : Romain Chauvet

Joseph Edgar revient cette année avec un 6e album solo, Ricochets, où le mélange des sonorités avec sa voix envoutante marque les tournants qu’il a voulu retranscrire. D’origine acadienne, c’est tout naturellement qu’il a su trouver sa place et son public au Québec, depuis son tube Espionne Russe, à l’été 2014, qui l’a propulsé sur le devant de la scène musicale. Rencontre avec un auteur, compositeur, interprète généreux dont on a pas fini d’entendre parler.

D’où t’es venu cette vocation de la musique bien avant d’être dans des groupes ou ta carrière solo?

« Y’a toujours eu comme une présence de musique chez nous, même si mes parents étaient pas des musiciens professionnels nécessairement, mais y’avait quand même un piano chez nous, ma mère en jouait. Quand elle jouait, mon père, il chantait beaucoup, il sortait ses vieux disques de country, donc y’a toujours eu une présence de musique chez nous. »

Des expériences personnelles?

« Moi quand j’avais comme 6-7 ans, j’étais dans des chorales d’églises, puis (rires) là y’avait les cours de musique à l’école, y’avait comme genre un mini orchestre, donc j’ai commencé à jouer de la trompette. Pendant comme 5-6 ans, j’étais pas pire, mais j’avais pas de plan de faire de la musique. Je m’en allais en art visuel, c’était ça ma vocation et puis l’écriture. À un moment donné, y’avait des gens qui jouaient de la guitare pendant que je lisais, j’ai un peu commencé à chantonner les textes que j’avais écrits, puis de là est né mon premier groupe de musique. »

 Justement, l’Acadie à la base…

« L’Acadie, ouais c’est ça! On recule quand même assez loin dans le temps euh… c’était… avec mon premier groupe, Symétrie, de 1989 à 1991 ou 1992. Puis un autre groupe de musique, ça s’appelait Zéro˚ Celsius, pour dix ans de temps, et là, en 2002, ça a comme fini puis en 2004 j’ai sorti un premier album solo, là j’ai pris mon nom Joseph Edgar. »

Donc, maintenant, nouvelle vie à Montréal?

« Oui, ça fait maintenant 5 ans quasiment, 4 ans et demi. »

Qu’est-ce qui te manque le plus?

« La famille c’est le numéro un de loin, les amis, la mer… la mer, ça, c’est comme vivre près de la côte, c’est quelque chose. Mais j’y retourne assez souvent, je m’organise pour qu’il y ait une balance dans tout.»

En 2014, ton tube Espionne Russe cartonne (1,8 million de vues sur YouTube, le single est acheté 20 000 fois ce qui le place au sommet du palmarès francophone dans iTunes) et te révèle au grand public. Comment on vit ce succès immédiat, ça rend fier? Ça fait un peu peur également?

« En fait, tu sais, ça s’est toujours passé un peu en parallèle à mon cheminement. On était sur la route, pendant tout ce temps-là, il fallait quand même travailler, ça ne changeait rien. La seule chose qu’on voyait qui était vraiment le fun, c’était dans les salles, il y avait plus de gens que si je n’avais pas eu quelque chose qui tournait à la radio. Les gens ont découvert le reste de l’album, on en voyait chanter avec nous, pas juste les paroles d’Espionne Russe, mais aussi d’autres chansons. Si on choisit de faire de la musique, de partager en sortant des disques ou en faisant des spectacles, ça serait un peu con de dire « oh bah je veux pas que ça joue à la radio commerciale », pour moi, ce n’est vraiment pas plus commercial que Radio-Canada, c’est toutes des ondes publiques. »

J’ai vu que tu affirmes plus des tendances pop dans ton nouvel album, est-ce justement parce qu’aujourd’hui il faut faire des tendances pop pour arriver à vivre de sa musique?  Avoir un public?

« Non en fait, je pense que je suis quelqu’un qui écoute toute sorte de musique, j’écoute de la pop autant que je peux écouter du country ou du gros rock très underground qui ne joue jamais sur des radios, et donc, y’a certaines chansons qui ont eu un twist un peu plus pop dans les sonorités, mais c’était pas « il faut faire ça pour que ça joue à la radio », pas du tout, on entendait certains éléments qui finissent par être plus pop. On dit pop rock parce que dès que tu restes dans la structure du complet, du refrain, des chansons de 3 minutes, mais finalement c’est du populaire à quelque part. »

C’est quoi un artiste pop folk en 2016?

« Pop folk, pop rock, c’est un mélange de tout aujourd’hui. C’est comme l’autre jour, je suis allé voir un groupe qui s’affichait comme du stone rock, mais je ne le trouvais pas uniquement stone, ça avait l’aspect progressif. À un moment donné, tout est rendu des hybrides de tout, et donc, moi, c’est la même affaire. Y’a du pop folk très pop, comme The Lumineers et tout ça et, en même temps,  si ça a une certaine accessibilité bien enregistrée avec les meilleurs musiciens possibles… mais un musicien pour le projet, à quelque part, c’est ça. Je sais pas si j’ai répondu à ta question (rires). »

Y’a pas de bonne ou mauvaise réponse! Est-ce que c’est vrai que c’est toi qui a designé le vidéoclip Espionne Russe, car tu n’as pas reçu la subvention demandée?  

 « Tu sais, on fait tout le temps des demandes de subventions pour les vidéoclips, puis là, j’étais parti pour un autre concept entièrement et ça a été refusé. Donc quand est venu le temps de sortir le single, je me suis dit « bon je vais faire un clip moi-même ». »

Et on a découvert tes talents justement!

« (Rires) Alors, voilà voilà, ça été beaucoup plus complexe à faire qu’Espionne Russe, c’est une camera fixe, et moi, je dessine en même temps que la chanson. »

Des textes personnels, poétiques de ta plume n’est-ce pas?

 « Ouais, je dirais, c’est drôle… pour Espionne Russe, je pense que c’est la chanson où j’ai passé le moins de temps dessus en composition, ça a vraiment été quelque chose qui est venu… qui est venu avec des années d’écriture de tounes, mais quand même, c’est venu assez rapidement un peu comme le clip; ç’a été fait assez vite. Non, mais c’est sur que moi, j’essaye quelque part d’avoir une formule dans mes paroles, mes choix de thèmes, l’approche, le style, d’avoir quelque chose de plus unique. Je suis quelqu’un qui essaye d’éviter de surpenser à ses paroles, mais en même temps, j’essaye de trouver un twist. »
Album RichochetsPochette de l'album Ricochets - Joseph Edgar (2016)

Alors te voilà de retour avec ton 6e album solo Ricochets, pourquoi ce nom? Quelles inspirations pour ce nouvel album?

« En fait, c’est une combinaison entre toutes sortes d’affaires : le thème de la mer, l’horizon, les trucs comme ça qui venaient, ça faisait longtemps que je n’avais pas traité ces choses-là dans mes textes. La chanson qui s’appelle Braises d’été, c’est le premier single de l’album Ricochets, où il y a carrément un couplet qui parle de la côte et d’un village près de chez nous, « tu faisais des ricochets, je m’amusais à les compter »… J’aimais bien l’image que ça donnait. C’est aussi que je trouvais que ma vie, pas beaucoup de nostalgie et de regrets, mais peut-être un recul un peu sur ma vie. J’ai passé 40 ans maintenant, quand le temps est venu de composer cet album ici, je me suis vraiment enfermé dans le studio, donc je n’avais pas de distraction de l’extérieur…

J’ai remarqué que j’avais une vie qui avait pris toute sorte de tournures, donc quelque part, c’est pour ça que j’ai choisi Ricochets. Je trouvais que les thèmes qui sont présents dans l’album, mais aussi les styles musicaux, différents styles qui viennent se côtoyer… donc je trouvais que ricochets représentait bien toutes ces affaires-là. »

Combien de temps pour composer?

« Du début à la fin de l’album, c’était un processus d’un an et demi, pas tout à fait, mais proche de ça quand même. »

Pas de composition dans le parc Molson, comme pour le précédent album?

« Non, cette fois, tout ici! Je venais ici (en studio) vers 9 h du matin, pendant tout le mois de janvier l’année passée, et je m’étais donné comme mission de pondre quelque chose chaque jour. Avant, c’était souvent comme une petite idée de texte, une petite mélodie au parc, puis je retournais chez nous, je ramassais la guitare, je trouvais genre 3 accords et j’enregistrais. Tandis qu’ici, la guitare venait en dernier. Je composais à la basse et à la batterie, donc je construisais une session rythmique et je commençais à passer au reste;  les paroles et la mélodie vocale, j’ai tout fait différemment. »

 Quel programme pour cet été?

« Un beau petit été, qui devient de plus en plus occupé à l’automne, je pense quasiment une dizaine de dates cet été, dont les Francofolies le 10 juin. »

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir? Autre que l’album fonctionne évidemment…
« On souhaite que l’album fonctionne, qu’on continue à avoir des dates, puis c’est tout ce que je peux souhaiter tout de suite, c’est sûr que moi c’est ce que je prévois de faire pour les dix prochaines années. »

On travaille déjà sur un nouvel album ou pas encore?

« Ouais, dès que tu finis un album, tu commences le processus pour le prochain album, ou d’autres projets à mettre fin sur le côté, on peut jamais décider de ce que le destin choisit. C’est stressant parce que demain il va être sur le site d’Ici Musique en streaming une semaine avant de sortir, donc depuis, je suis un peu sur les nerfs (rires). »

On vient tout juste d’apprendre 15 minutes avant cette entrevue la mort du chanteur Prince, qu’est-ce que ça te fait? (21 avril 2016)

« C’est sûr que ça m’ébranle toujours quand je vois des artistes que je respecte énormément. Y’en a eu beaucoup cette année, quand je suis venu composer cet album ici, j’ai eu comme, je ne sais pas si c’est la crise de la quarantaine ou pas, mais j’ai vraiment commencé à réfléchir un peu plus sur comment vite que la vie peut s’arrêter. Donc j’ai traité des affaires un peu, mettons que c’est mon dernier album, que quelque chose se passe, qu’est-ce que je vais faire? J’ai fait ça, et puis là, aujourd’hui, je fais ma première entrevue à propos de ça, 15 minutes avant je vois ça, j’ai hâte de voir c’est quoi la cause. C’est triste, et le pire c’est que je voulais aller le voir le mois passé, mais je me suis dit non je vais attendre, j’ai toujours raté les chances de le voir. »
Ricochets est disponible depuis le 29 avril.
 

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