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S’oublier quitte à ne pas exister

Par Sarah Lussier – le dans Psycho
Plus on s’oublie, plus on se perd, plus on ne s’aime pas, plus on est malheureux. C’est un cercle vicieux dont je ne veux pas être prisonnière. En toute honnêteté, je l’ai été auparavant. De plus en plus, je reprends ma vie en mains et le résultat est satisfaisant. Se donner de l’importance, c’est se reconnaître une valeur. Quand on commence à s’accorder ça, on commence réellement à s’aimer.

S’oublier et se perdre, c’est prioriser l’autre avant soi. C’est lui accorder plus d’importance et de valeur que nous-mêmes. C’est lui donner maladroitement tout notre amour pour son bien, quitte à s’épuiser et se carencer d’amour. C’est littéralement se sacrifier, se priver, laisser sa place et se déconnecter de qui nous sommes. C’est vivre pour l’autre, tout en oubliant que nous avons notre propre vie à vivre à fond. C’est accepter l’inacceptable par manque d’amour et de reconnaissance de soi. C’est d’accepter de ne pas exister et de ne pas être digne d’amour.

Pour transformer cette réalité afin d’être plus heureux, il s’agit d’appliquer l’inverse dans un juste équilibre. Prendre soin de soi avant tout. S’occuper de nous-mêmes avant autrui. Tranquillement, on commence à se retrouver, à se considérer, à se reconnaître. On est à l’aube d’exister et d’accepter de recevoir de l’amour, car nous sommes dignes de l’accueillir. Pour arriver à cette transformation, il faut être prêt à poser un acte en particulier, celle de perdre.

«Il n’y a pas d’évolution et de libération possibles sans acceptation de perdre. C’est le risque du choix, c’est le risque de la vie. Seule cette capacité à prendre ce risque nous rend vivants, heureux et libres.» – Colette Portelance

Perdre devient un changement et le changement est une richesse. Parfois, quand nous sommes pris dans un cercle vicieux, c’est pour mille et une raisons. Souvent pour de très bonnes raisons humaines, mais souffrantes. Quand vient le temps de perdre des relations ou des opportunités afin que nous puissions répondre à nos besoins, je considère que c’est plutôt de gagner et non de perdre. Le gagnant, c’est celui qui se libère de sa propre prison. Celui qui se libère de la fondation de ses limites et barrières, celui qui brise des murs qui semblaient infranchissables. C’est celui qui se dit oui pour exister et vivre pleinement sa vie.

«Le besoin d’être reconnu s’avère directement lié à la capacité à se faire respecter, donc à se faire reconnaître.» – Colette Portelance

Puis en se reconnaissant, nous nous donnons de l’importance, en ne jouant pas de personnage, mais en étant véritablement nous-mêmes. Sans masque. Sans cuirasse. En étant soi-même et avec tout ce que cela comporte. Quand on s’oublie, on perd beaucoup d’énergie et de temps à faire semblant et à croire que nous sommes quelque chose que nous ne sommes pas. C’est une des remarques les plus courantes des gens mourants qui disent avoir le regret d’avoir passé à côté de leur vie, car ils ont vécu pour les autres pour être simplement aimés.

Pourtant, notre besoin d’amour peut être satisfait tout en étant qui nous sommes. Parmi les milliards d’humains, il doit bien avoir quelques personnes qui sont prêtes à nous aimer pour la personne qu’on est. Lâchons prise.

Personnellement, j’étais prisonnière et encore aujourd’hui cela m’arrive de retomber les deux pieds dans ce piège, dans ce cercle vicieux. Je ne respecte pas toujours mes limites, je ne m’écoute pas parfois. Parce que je veux sauver l’autre, parce que je ne veux pas le voir souffrir, parce que je veux lui faire plaisir. Parce que j’ai une grande soif d’être aimé et d’aimer.

Quand on s’occupe de l’autre, on le prend en charge. On manque de confiance en son potentiel. Quand on s’occupe de l’autre, on s’évite, on se fuit et on ne prend pas le temps de s’occuper de nous. On perd de grandes occasions à ne pas apprendre à se connaître, à vivre en expérimentant les hauts et les bas de notre propre vie. Il est donc difficile d’être là réellement et complètement pour les autres si on ne s’occupe pas de nous en premier.

À force de s’oublier, on arrive au triste constat qu’on existe que pour les autres. On renonce à sa vie, à son potentiel, à tout. Pour ma part, quand j’ai enfin compris, j’ai décidé de vivre. Je vous souhaite également de vous évader de cette prison. Le plus rapidement possible. Quitte à prendre un risque qui en vaut la peine, celui d’exister.

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