Crise des nouveaux professionnels: destin, ouvre-toi?

À 14 ans, on vit une crise identitaire. À 22 ans, on fait très souvent face à la crise professionnelle, je vous le confirme. La question au top du palmarès : qu’est-ce que je vais bien devenir, coudonc?

23:08 – Ça m’a soudainement frappée. En revenant d’une longue journée de travail, mon dilemme se trouvait entre un épisode de Netflix (ou plutôt 3) et une bonne nuit de sommeil. En flânant sur les réseaux sociaux (question de raccourcir ma potentielle nuit de sommeil), je suis tombée sur une offre de stage. Alléchante, accessible, dans mon domaine. Ça y est, c’est pour moi.

23:11 – C’est à ce moment que la vapeur s’est renversée. Mille et une questions sont venues me bombarder. Hey, est-ce vraiment pour toi? Oui, mais, es-tu réellement qualifiée? Attend là, veux-tu t’enligner dans cette branche spécifiquement?

23:15 – Une offre de stage encore vierge s’était métamorphosée en décision critique et irréversible de mon avenir. L’excitation venait de prendre toute une débarque. J’avais passé de Netflix à une remise en question monumentale. Mon cerveau aime bien faire ce genre de bons astronomiques. Merci à lui.

Ces quelques minutes de panique sont notre martyr d’étudiant. Notre petite bête noire de jeune adulte. On se demande tous ce qu’on va devenir. Surtout, on se demande comment on va le devenir. Comment allons-nous atteindre le stade de professionnel affirmé?

Nous avons beau être dans un BAC qu’on aime. Y retrouver nos champs d’intérêt. La route est tout de même floue devant. On a le pare-brise embué quoi.

 

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Personnellement, je suis dans un programme très large. Les fameuses communications. «Wow, ça t’ouvre plein de portes.» Oui, mais quand tu vas à la crèmerie et que tu as envie de tout prendre. Autant le sundae au chocolat que le milkshake aux fraises. Qu’est-ce que tu fais? Tu demeures indécise. Me voici, me voilà. Indécise. Je veux tout prendre. Tout essayer (sauf la barbotine, ça j’aime pas ça).

Le pire là-dedans, c’est qu’une fois que tu as choisi ta saveur de crème glacée, tu dois en être à la hauteur. Ne lève plus la main, prends la parole. Tu es une professionnelle. N’utilise plus tes «tsé», sors ton langage soutenu. Tu es une professionnelle. Ne traîne plus ta gêne, sers des mains avec conviction. Tu es une professionnelle. Fini le trempage dans les bonbons multicolores.

 

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Ça me donne l’impression qu’obtenir notre premier emploi sera l’équivalent d’obtenir un rôle dans une pièce. Jouer l’adulte confiant et prêt quand au fond de nous nos petites connaissances théoriques ont la tremblote. Rentrer au bureau avec un sentiment d’imposteur. Jusqu’au jour où notre rôle nous collera à la peau. Où nos poignées de main ne seront plus moites. Où nos pieds sauront où s’enligner. Où nous serons à l’aise avec notre choix de cornet à la pistache.

Pour l’instant, on vit la crise. Les questionnements. La pression. Mais notre crise à 22 ans se résoudra tout comme nous avons résolu celle des mèches rouges et du Avril Lavigne à 14 ans. Nous saurons trouver notre place.Trouver la bonne saveur pour chacun d’entre nous.

23:45Ok, ça va aller. Maintenant, un petit épisode et dodo.

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Noémie Laplante Amoureuse des mots et fascinée par la psychologie humaine, elle a toujours mille et une idées d’articles. Sa liste d’activités à essayer est aussi longue que la série Grey’s Anatomy!