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Apprivoiser ses crises de panique

Par Mathieu Rousseau – le dans Bien-être, Psycho, Santé
Je ne passerai pas par quatre chemins, ni par Trois-Rivières ou encore moins Deux-Montagnes, ça ferait un pas pire détour. Je souffre de troubles anxieux, de crises de panique, appelez ça comme vous voulez. J’ai commencé à expérimenter tout ça dans le temps des fêtes l’an dernier. Disons que les deux dernières semaines de 2015 ont été assez moyennes. Si plusieurs personnes s’entendent pour dire que 2016 aura été une année de marde, personnellement j’ai eu droit à un petit avant-goût de ce qui s’en venait.

J’ai décidé d’en parler, parce que j’ai réalisé que pour plusieurs, une crise de panique, c’est un concept qui demeure très flou. De plus, quand tout ça a commencé, le fait de lire les textes d’autres personnes vivant avec ce trouble m’a beaucoup aidé, donc si je peux aider à mon tour, why not?

Je vais d’abord essayer de t’expliquer c’est quoi une crise de panique. C’est une perte de contrôle, ni plus ni moins. Tu deviens un spectateur de ce qui se passe dans ta tête et tu n’as plus ton mot à dire. Les pensées se bousculent d’un hémisphère du cerveau à un autre à un rythme assez impressionnant. Tu vas aussi expérimenter des réactions physiques. Dans mon cas on parle de légers tremblements et de la difficulté à bien m’exprimer, je ne tiens pas les discours les plus clairs dans ce temps-là. Le pire, c’est que tu le sais que ce qui se passe n’a pas d’allure, mais tu n’arrives juste pas reprendre le dessus.

Si tu me croises en plein dans une crise de panique, fais juste pas me dire de respirer s’il vous plait. Je le sais que tu cherches juste à m’aider et que tu ne sais pas nécessairement comment t’y prendre, mais je le sais que je dois respirer, rien de nouveau sous le soleil. Anyway, on s’entend que c’est pas un conseil ça «Respire!», c’est juste le premier chapitre du livre Survivre pour les nuls! Je ne suis malheureusement jamais sorti d’une crise de panique en me disant «Damn, j’avais juste besoin de respirer!»

Pour vrai, je ne m’attends pas à grand-chose de ta part si tu me croises dans cet état. J’ai de la misère à me contrôler moi-même, je ne m’attends pas à ce que tu le fasses pour moi. Au pire, jase-moi de n’importe quoi et ne me juge pas. C’est ça le pire pour moi dans tout ça, c’est la peur de l’idée que les autres se font de ma situation, la peur du jugement.

Si tu vis avec ce problème et que tu te demandes quoi faire, je peux te donner quelques trucs. Sache d’abord que comme pour tout, il y a plein de ressources pour t’aider, tu n’as qu’à demander et tendre la main. Moi j’ai essayé l’option classique, le psychologue et j’ai été agréablement surpris de la réaction de mes proches. Jamais je n’ai eu l’impression qu’on me jugeait ou qu’on me voyait comme étant faible. J’ai l’impression que les initiatives comme Bell cause pour la cause réussissent à changer l’opinion de la société sur les maladies mentales. On n’est plus de simples fous!

Par contre, si tu vas chez le psychologue avec l’espoir d’une guérison subite, tu risques d’être déçu. Moi personnellement, il m’a aidé à comprendre ce que je traversais et que cela ne faisait pas de moi un freak. Ce n’est pas une guérison, mais c’est tout de même un pas important vers l’avant. Reste que malheureusement, un psy, ce n’est pas un magicien.

Lorsque tu es en pleine crise de panique, y’a 2-3 trucs que tu peux appliquer. Je te les donne, tu fais ce que tu veux avec. Premièrement, texte ton meilleur ami. Tu as probablement déjà parlé de tes problèmes à cette personne et elle a ton bien à cœur. De plus, avec le temps, elle va comprendre comment te gérer. Dis à cette dernière que tu es en pleine crise et elle sera là pour toi. Elle va te dire que tout va bien aller et après elle va te parler de tout et de rien pour te changer les idées et amener ta tête ailleurs. Cette personne c’est de l’or, ne l’oublie jamais. L’autre truc que je te donne, c’est de te pitcher sous la douche. Fouille-moi pourquoi, mais moi ça m’aide! On dirait une sorte d’électrochoc qui, ironiquement, te sort un peu la tête de l’eau. Si tu n’as pas accès à une douche, parce que tsé, une crise de panique ça peut arriver n’importe quand, genre sur la job, un peu d’eau (froide) du lavabo straight to the face, ça l’fait aussi.

Le plus important, c’est de comprendre ce qui t’arrive et de l’accepter. Au début, tu vas te demander ce que tu es en train de vivre, tu vas avoir honte de toi et penser que tu es un fardeau pour tout le monde. Ouin, c’est pas le party, je le sais. Éventuellement, tu vas comprendre que ça ne fait pas de toi un «fucké» pour autant. Ça ne disparaîtra probablement jamais complètement, mais tu peux apprendre à vivre avec. Personnellement, quand ce déclic s’est produit, mon nombre de crises et leur intensité ont considérablement diminué. C’est une grosse victoire!

Fait que, si en ce moment tu es en pleine crise de panique, lâche-moi dont un petit texte! Je te jure que je ne te dirai pas de respirer, je vais te dire que tout va bien aller et après ça, ça va me faire plaisir de te parler de la dernière game du CH et à quel point on a de la misère sur le powerplay!

Peace!

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