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À toi, la fille sans nom de La Cuvée d’hiver

Par Julien Marchand – le dans Sexe

J’ai envie de te parler de quelqu’un. D’une fille, au cas où son sexe te préoccuperait. Je ne te dévoile pas son nom tout simplement parce que je ne le connais pas.

Tu te demandes pourquoi je te parle de cette fille si je dois me contenter d’employer un amalgame de pronoms personnels pour l’identifier. La vérité, c’est que je me pose la même question que toi.

Et cette question, je me la pose en boucle depuis La Cuvée d’hiver d’il y a 365 jours.

Mais la réalité c’est qu’on sait jamais.

Cette fille, je te dis, c’est comme une comète dans ma vie.

Retour en arrière. Un ami m’invite dans une soirée. Solide argument de vente : des bières de micro-brasseries, du whisky et du gin, l’espace d’un week-end, dans le sous-sol d’une église. Ajoute à cela des bands live et un choix presque illimité de finger food et tu possèdes tous les éléments pour convertir n’importe quel curieux hésitant en épicurien pratiquant.

Son pitch n’est même pas terminé que nous avons déjà nos jetons dans nos mains et nos manteaux au vestiaire.

Premier constat : la concentration de beau monde dans un même endroit au même moment n’est absolument pas un échantillon représentatif de la réalité.

lacuvée1

Je me demande souvent ce qui est à la base d’une connexion instantanée entre deux personnes. Le spectre de réponses que je reçois va de nos phéromones jusqu’au destin, ou sinon, beaucoup plus original, on me répond des phrases pré-fabriquées du genre : « qui se ressemblent, s’assemblent » ou inversement « les contraires s’attirent ». J’y réfléchis et c’est peut-être un peu tout ça mis ensemble, mais ce n’est définitivment pas juste ça.

On rencontre un nombre incalculable d’humains dans nos vies, et la plupart du temps, au mieux, ce ne sont que des ajouts potentiels à notre liste d’amis. Mais quelques fois, une variable que j’ai du mal à identifier change la donne et remet en doute les fondements même de notre logique relationnelle.

Plusieurs consommations plus tard, on m’interrompt impunément. Une main sur l’épaule, le regard semi-franc, presque droit dans mes yeux. Un sourire réservé à ceux qui ont eu droit à plus d’une consommation dans la dernière heure. Salutations d’usage inexistantes, j’ai seulement droit à cette question :

« Tu veux participer à une expérience avec moi? Suffit de me tendre la main. »

J’ai à peine le temps d’assimiler ce que mes yeux voient que mes réflexes me devancent. Je tends une main ouverte vers elle, qui est aussitôt remplie d’une bonne demi-douzaine de jetons.

« C’est simple, avec ça tu en as assez pour t’offrir deux consommations. La première, tu dois la partager avec moi. La deuxième dépend de la première. »

Elle est belle, je te dis, comme une comète qui déchire le ciel. Comme une comète qui fonce tout droit vers 2012. Et c’est ici que quelques minutes deviennent éternelles. Ici que mon subconscient fait une capture d’écran pour la pérennité.

Je ne termine pas la phrase parce que je n’ai pas besoin. Son regard suffit. Deux inconnus qui, l’espace d’une seconde, se regardent iris à iris, deux inconnus qui s’invitent mutuellement dans leurs bulles respectives, l’effet d’un seul regard. Des millions de données qui défilent entre deux clignements. Et l’envie instinctive de planter un microscope dans la tête de l’autre.

Les petits détails lourds de sens. La couleur de son rouge à lèvres. Le tattoo sur l’avant-bras. La cicatrice au-dessus du genou gauche. Ces détails que tu cherches encore inconsciemment des yeux un an plus tard.

Si tu savais comme l’esprit d’un homme fait du mileage sur pas grand chose.

Cinq minutes, une demi-heure, une heure, je n’en sais rien. Un verre, deux verres, cinq verres, je ne sais plus. Le temps est suspendu jusqu’à ce qu’une main se pose sur son épaule, comme un réveille-matin. Une amie l’entraîne loin de nous. Au loin, elle se retourne, me regarde sans cligner, heureuse ou triste, je me demande.

Et le temps passe, la salle se vide. Les lumières s’allument et éclairent ma face en forme de point d’interrogation. Une main sur mon épaule. Mon ami qui me pointe la sortie.

Elle est belle, je te dis, comme une comète qui frôle la terre pour aller se perdre dans l’infini.

Si tu savais comme l’esprit d’un homme fait du mileage sur pas grand chose.

Je te parle depuis 718 mots d’une fille dont je ne connais ni le nom ni rien, ou si peu. Juste un regard. Mais ce n’est définitivement pas juste ça.
Et dans quelques jours ce sera La Cuvée encore une fois.

Parce qu’on sait jamais.

La Cuvée d’hiver 4e édition du 25 au 27 février 2016.

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