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Catherine Fournier : le visage du futur de la politique

Par Félix Bernier – le dans Carrière, Girlboss, Société
cathfournier1Équipe Catherine Fournier

Catherine Fournier, âgée de 24 ans, est une figure unique en politique au Québec.

Alors que l’âge et le manque d’expérience sont certainement des facteurs pouvant décourager les jeunes adultes à s’impliquer dans la vie publique, la toute récente diplômée en Sciences économiques de l’Université de Montréal souhaite devenir la plus jeune femme jamais élue à l’Assemblée nationale. 

Déterminée à faire sa place et passionnée par l’engagement citoyen, la toute récente future candidate pour le Parti Québécois dans la circonscription de Marie-Victorin à Longueuil a brillamment tracé sa route dans le monde de la politique. 

(Mise à jour : Le 5 décembre 2016, à 24 ans, Catherine Fournier est devenue la plus jeune élue à l’Assemblée nationale en tant que députée de la circonscription de Marie-Victorin.)

L’éveil

Bien que Catherine soit intéressée par la politique depuis son jeune âge, son éveil s’est produit en deux temps.

Tout d’abord, lors d’un séjour de 6 mois au Texas, la jeune étudiante en Sciences humaines au Cégep du Vieux-Montréal tire un constat qui la touche profondément: personne ne connaît le Québec, et presque personne n’est même au courant de la présence de francophones en Amérique.

Ainsi germent tranquillement les balbutiements de son intérêt politique. Catherine revient de voyage curieuse d’en apprendre plus sur le mouvement souverainiste. Elle lit beaucoup et s’entretient longuement avec des amis qui s’impliquent déjà en politique.

Mais le coup décisif est porté lors des élections fédérales du 2 mai 2011, alors que le Bloc Québécois subissait une défaite historique.

«J’étais tellement démoralisée à regarder les résultats toute seule chez moi. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de m’impliquer, parce que je me disais que ce n’était pas vrai que je ne ferais rien, puisque je ne voulais plus jamais revoir de tels résultats. J’ai toujours été quelqu’un qui met les mains à la pâte lorsque les choses ne font pas mon affaire, donc j’ai voulu agir.»

Sous les conseils de sa grand-mère, fervente souverainiste, Catherine devient représentante jeunesse dans l’exécutif du Parti Québécois de sa circonscription… deux semaines plus tard!

L’ascension

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S’impliquant dans de nombreux groupes, que ce soit au PQ ou au Mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal (MÉSUM), Catherine décide de s’impliquer également dans le Bloc Québécois, soucieux d’impliquer les jeunes au cours de sa reconstruction.

Les années d’implication passent, et elle décide alors de concourir sous la bannière du Bloc dans la toute nouvelle circonscription de Montarville pour les élections fédérales d’octobre 2015.

Inconnue du public, la tâche s’annonçait lourde. Comment se faire connaître?

« Je privilégie dans la démarche le contact humain. Mon but est de rencontrer le plus grand nombre de personnes possible. J’aime vraiment prendre le temps de jaser avec les gens; c’est dans ces moments que tu vois le quotidien des gens que tu souhaites représenter, puisque tu es confronté à leur réalité. »

Et pour rencontrer des électeurs, Catherine l’a fait! 5000 portes ont été cognées, et des milliers d’électeurs ont pu être rencontrés chaque fin de semaine par celle qui est devenue peu à peu une personnalité incontournable de la région. (Et ce aux dépens de la députée sortante de l’époque, du NPD!)

Mais malgré cet élan, bonifié par plusieurs apparitions à la télévision, Catherine et le Bloc Québécois sont submergés par la vague libérale, qui a déferlé partout au pays.

Le choc est grand.

« J’ai ressenti le tout comme une sorte de peine d’amour. J’étais sur le terrain depuis un an et demi, j’étais attachée à ma circonscription. J’ai beaucoup aimé mon expérience. Le soir des élections, c’est comme si toute l’adrénaline tombait en même temps. La campagne avait duré trois mois, mon objectif premier était de l’emporter, alors la fin était très abrupte. »

Branchée sur son monde

Suite à sa défaite, Catherine Fournier n’est pas restée trop longtemps loin de l’action. En novembre 2015, le PQ la recrutait en tant qu’attachée politique au Cabinet du chef de l’opposition officielle, qui était à l’époque Pierre-Karl Péladeau. Elle avait notamment la responsabilité de s’occuper du volet jeunesse, ce qui n’annonçait rien de facile, étant donné que la popularité de l’option de la souveraineté a nettement diminué après les années.

C’est ainsi qu’elle a pu se rapprocher de plusieurs députés, qui ont pu recevoir sa vision sur de nombreux dossiers. De plus, elle a notamment pu aider quelques-uns de ses collègues dans un domaine des plus pointus: celui des médias sociaux.

Si elle était une députée, la jeune montérégienne serait la sixième plus populaire en termes d’abonnés sur Facebook, et la neuvième sur Twitter.

Pour cet impressionnant auditoire, comment procède-t-elle?

« Avec les médias sociaux, je n’ai pas de stratégie particulière, je suis authentique, ça me permet d’avoir de bons rapports avec les internautes. Ce qui est génial avec ces médias sociaux, c’est que ça me permet d’entrer dans le quotidien des gens. »

Et maintenant?

13557767_1722563327995960_3315404905159532238_nÉquipe Catherine Fournier

Catherine Fournier vient de remporter la course de l’investiture pour représenter le PQ aux prochaines élections partielles dans la circonscription de Marie-Victorin, à Longueuil. Encore ici, sa stratégie portant sur le contact humain a porté ses fruits; quelques centaines de personnes ont adhéré au Parti Québécois en prenant leur carte de membre grâce à elle et son équipe.

Sa priorité réside dans la pauvreté et les inégalités. Elle veut s’y pencher notamment en s’occupant des écoles défavorisées, en encourageant l’entrepreneuriat et en développant le transport collectif.

Maintenant, Catherine souhaite travailler avec tous ses « collègues candidats » vers un but bien précis:

« Nous devrons travailler tous ensemble après cette course parce que le but c’est de garder la circonscription de Marie-Victorin avec le PQ, mais surtout d’envoyer un message fort au Parti Libéral du Québec, pour leur faire signifier que leurs politiques d’austérité qui nous appauvrissent tous individuellement et collectivement sont inacceptables, et ce en marge des prochaines élections en 2018. »

La jeune politicienne de 24 ans n’a pas de modèle en particulier: « Je n’ai pas une personne modèle en particulier; je suis plutôt observatrice et j’essaie d’intégrer des éléments que j’admire chez plein de personnes. », mais dit avoir de l’admiration pour le travail d’Elsie Lefebvre, soit la plus jeune femme élue à l’Assemblée Nationale (à 25 ans, en 2004).

En ce sens, Catherine souhaite voir des jeunes s’engager en politique, et notamment des jeunes femmes (seulement 28% des députées à l’Assemblée nationale sont des femmes, et la plus jeune est âgée de 37 ans).

« Ce n’est pas normal que notre Parlement ne soit pas représentatif de toutes les couches de la société. Il y a du travail à faire dans ce cas, notamment du côté de la conciliation travail-famille. Ce n’est pas normal qu’aucune jeune femme ne soit présente en tant que députée. Certaines ont pu demeurer députées puisqu’elles étaient très bien entourées, mais ce n’en était pas le cas pour plusieurs d’entre elles. »

En conclusion, la politique, pour Catherine Fournier, c’est accessible, et elle encourage les plus jeunes à se lancer.

« J’invite les jeunes surtout à ne pas avoir peur de prendre leur place. Les jeunes en sont capables, et ce en dépit du préjugé comme quoi il suffit d’être expérimenté pour faire de la politique. L’âge n’est pas garant de l’expérience, et l’expérience n’est pas garante de la compétence. En fait, personne n’est préparé à être un parlementaire; tout le monde part du même point. »

La porte semble donc ouverte pour que plusieurs puissent aller la rejoindre dans un futur proche.

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