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Celle que je ne suis pas

Par Geneviève Gauthier – le dans Psycho
Il y a de ces questions qui sont si simples en apparence, par leur vocabulaire courant et par leur structure syntaxique. On prétend pouvoir y répondre avec la même simplicité impliquée dans leur formulation. Les classiques «Qui suis-je?»,«Où vais-je?», en sont de bons exemples. Questionnements éternels, réponses éphémères.

Celle que je ne suis pas

Par souci de devoir absolument répondre à la question, il y a une production de réponses standards, voire mathématiques. Ton âge, ton sexe, la couleur de tes yeux, ta grandeur, la couleur de tes cheveux. Ce sont des paramètres un peu futiles, n’ayons pas peur des mots. À ces questions je mentirais si je vous disais que je sais exactement quoi répondre. Ce que je sais, c’est celle que je ne suis pas.

C’est un peu la métaphore du frigidaire, comme dirait ma mère. Quand tu as faim, tu ouvres le frigidaire, tu ne sais pas ce que tu veux précisément, mais tu sais ce que tu ne veux pas. C’est la même chose ici. Je sais que je ne suis pas patiente, je sais que je n’ai pas une mémoire d’éléphant. Je sais que je ne suis pas la plus zen d’entre tous et que je ne suis pas capable de ne pas m’en faire pour les gens que j’aime.

Et puis viennent les questionnements plus complexes, qui forcent une réponse dépassant les 140 caractères. Pourquoi moi? Pourquoi pas? Comment ça, donc, que c’est comme ça? L’ennui avec ces questions, c’est qu’elles implorent une réponse. Ici et maintenant, la crise existentielle se déploie: les excuses, ce sera pour une autre fois. Si l’on ne peut pas compter sur les paramètres métriques, sur quoi peut-on compter?

Paraîtrait-il qu’il existe, m’a-t-on déjà dit, une crise de la vingtaine. Ah bon. Après la crise d’adolescence, la crise de la quarantaine, puis celle de la cinquantaine, on est maintenant au pris avec une crise de la vingtaine.

Mais pouvez-vous bien me dire quels sont les enjeux de cette crise? Avoir la santé, la forme, la vie devant soi, les opportunités qui s’étalent sous nos yeux? La possibilité de voyager, de faire de belles rencontres inspirantes, la fleur de l’âge pour étudier, pour vivre sa passion, choisir un domaine, en faire une carrière? Vous me pardonnerez, je l’espère, mon sourire en coin et mes yeux douteux lorsque les gens dans la vingtaine se plaignent et se diagnostiquent en période de crise.

Je vais vous dire, ce ne devrait pas être une crise de la vingtaine. Le mot est mal choisi. Ce devrait être l’engouement de la vingtaine. La fébrilité de la vingtaine. L’émancipation de la vingtaine. Je vous laisse choisir. La vingtaine n’est pas un lieu de crise. C’est un lieu de questionnements, certes, mais les questionnements accompagnent chaque moment de notre vie. La vingtaine est un privilège, une page blanche qui ne demande qu’à être gribouillée, par moments maladroitement et par d’autres très habilement. Avoir vingt ans ne vient pas avec des réponses, sinon ce serait moins intéressant. Tout serait déjà clair et limpide et franchement ennuyant.

Aux questions fondamentales vient une réponse incomplète. Et accepter l’ébauche d’une réponse qui mélange doutes et certitudes, beauté et grisaille, c’est là toute une force.

Jean-Paul Sartre disait que l’on est condamné à être libre. Être libre apporte aussi son poids. Être libre, c’est de devoir choisir ce qu’on veut faire. Quand on a pas la liberté, le casse-tête de choisir ne s’impose pas. Quelqu’un d’autre se charge de dicter quoi faire, comment le faire. C’est donc une chance merveilleuse et une responsabilité énorme que de devoir faire son chemin. De devoir et de pouvoir choisir.

Ce n’est donc en rien gênant de ne pas savoir parfaitement où on s’en va et qui on est. C’est parce qu’on change chaque jour. Je ne suis pas celle que j’étais hier. Et demain, encore, je serai un peu différente.

L’important ne résiderait donc pas dans le fait de savoir celle que je suis, mais plutôt de savoir, celle que je ne suis pas.

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