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C’est le début de la fin, ma belle amie!

Par Joanie Hébert – le dans Bien-être, Psycho, Santé

C’est le début de la fin, ma belle amie!

Ma belle amie,

Et oui, je t’écris encore. Je t’ai écris ici, ici et ici.

Je t’écris parce qu’aujourd’hui, j’ai envie de souligner tous tes efforts, toutes tes petites victoires, depuis le début de ta thérapie pour l’anorexie. J’ai envie de te l’écrire et que tu le lises. Que tu le relises. Et que tu le relises encore. Pour que tu y crois. Pour que tu vois le chemin parcouru. Pour que tu sois fière de toi. Parce que moi, je le suis.

Récemment, tu as retrouvé un vieux calepin dans lequel tu écrivais tes journées, où tu notais ce que tu avais mangé dans toute ta journée ainsi que le nombre de mauvais traitements que tu tu t’avais imposé. Souvent, la liste des aliments se résumait à: 8 bouteilles d’eau + 1 pomme verte + 1 cuillère à soupe de beurre d’arachides. Aujourd’hui, tu relies ça et tu n’y crois pas. Le pire, c’est que tu n’avais pas faim. Comment est-ce possible? La sensation de faim, tu ne le ressentais plus. Ton objectif: ne pas prendre 0.01 livre et/ou maigrir. Parfois, sur ta liste, figuraient : 1 sac de réglisses + 2 pointes de tarte au sucre + 3 concombres + 4 bananes, et à ça, on augmentait le nombre de vomissements ou de laxatifs. Ça, ces rages-là, c’était pour compenser. Lors de ces rages, tu n’étais pas rassasiée. Jamais. Le sentiment de satiété, tu ne le ressentais pas non plus. Les spécialistes disent que si tu n’avais pas eu ces rages-là, ton corps t’aurait lâché, petit à petit. Ton corps se mourait de faim. Tes signaux de faim et de satiété étaient faussés et les rages étaient nécessaires à ta survie.

Depuis le début de ta thérapie, les psychologues et nutritionnistes spécialisés en troubles alimentaires t’ont permis de te prendre en main… Aujourd’hui, tu manges 6 fois par jour. Tes signaux te mentent encore, mais tu dois forcer la faim et manger quand même. Mais ce qui est beau, là-dedans, c’est que petit à petit, tes signaux reviennent… Tu restes surprise chaque fois que tu ressens la faim, que ton ventre gargouille et que tu l’écoutes. Tu l’écoutes et tu le respectes.

Dix ans de troubles alimentaires, dont deux ans d’anorexie, c’est beaucoup de journées de privations, de restrictions, de rituels imposés, de méchants trucs que tu te faisais subir. C’est des pensées dans ta tête dont il faut changer la trajectoire; elles sont tellement habituées d’aller dans cette direction. Ça fait beaucoup de changements à apporter et ça ne se fait malheureusement pas en claquant des doigts.

Toi, il y a quelques jours, tu te croyais guérie; tu croyais être considérée comme une «ex-anorexique». C’est rempli de bonnes intentions et de détermination que tu as demandé aux spécialistes combien de temps encore tu devrais te présenter à l’hôpital pour les suivis. Tu pensais qu’on te dirait que tu étais guérie, que 2-3 rencontres seraient suffisantes… IPELAYE! Deux ans. Rien de moins. Ils savent qu’avec toi, c’est un petit pas à la fois. Un mini mini pas à la fois. Mais qui t’amènera vers quelque chose de sain. Tu sais, ma belle amie, on a deux ans à rattraper. Deux ans de changements à apporter.

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Chaque semaine, on te donne un défi et cette semaine, tu devais ajouter quatre biscuits Breton à ton dîner. C’était ça, ton défi. Pour les autres, quatre biscuits Breton, c’est une vraie joke. Pour toi, c’est difficile et les intégrer dans ton alimentation t’en demande beaucoup. Mais tu réussis. C’est ÇA que je veux souligner. Ça prendra le temps que ça prendra, mais tranquillement pas vite, tu y arriveras. Un jour à la fois, un biscuit Breton à la fois.

Aussi, je te le répète, mais…ne t’en veux pas pour les mauvais jours. Il y en aura. Beaucoup. Mais de moins en moins. Fais-toi confiance et fais confiance à la vie. C’est le début de la fin. Et la fin, j’te jure, elle est tellement belle. La fin, c’est toi heureuse, toi qui manges, toi qui rie, toi qui ne refuses plus d’invitations, toi qui vis. Toi qui vis sa vie comme tu l’as toujours voulu. En fait, c’est tout simplement toi AVANT. La fin, c’est le retour de ma belle amie que j’ai rencontrée il y a déjà longtemps et la fin de celle qui l’a remplacée il y a deux ans.

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