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Cultiver ses relations avant qu’il ne soit trop tard

Par Marine Villomé – le dans Sexe
« Pis, ça fait quoi d’avoir une sœur jumelle? Est-ce que vous êtes connectées, genre comme dans les films? Si elle a mal, t’as-tu mal aussi? Vous êtes, genre, TOUJOURS ensemble? »

Le nombre de fois que je me suis fait poser ces questions. Avoir une sœur jumelle, c’est spécial, oui. Mais dans mon cas, c’était pas si merveilleux que ça. En tout cas, jusqu’à très récemment.

Oui, on a passé une grande partie de notre enfance ensemble. En fait, on était pas mal toujours ensemble. C’est ça qui arrive quand ta sœur a le même âge que toi. C’est comme si t’as pas le choix. Ça va avec. Mais en même temps, ça me dérangeait pas. On était toujours là l’une pour l’autre. Oui, on se chicanait beaucoup. Mais qui ne se chicane pas avec ses frères et sœurs? On a mené la vie dure à nos parents. On a fait le coup classique d’échanger nos vêtements et de tromper les gens autour de nous. On pouvait être tannantes de temps en temps, ça oui. C’était une belle époque, une belle enfance. Malgré tous les différends que deux jeunes sœurs peuvent avoir, on restait très proches, on se racontait tout.

Puis, on a commencé à vieillir

L’entrée dans le monde des adultes n’a pas été facile. Je suis entrée plus tard qu’elle à l’université. Elle avait une passion, moi une autre. On a commencé, petit à petit, à avoir d’autres amis. On allait à des soirées différentes. On passait moins de temps ensemble. Mais je pense que c’est correct. On avait besoin de ça, de se séparer un peu et de vivre notre vie chacune de notre bord.

Mais la vie familiale a commencé à en prendre un coup. Chicane après chicane, rien n’allait plus. Pas un jour ne passait sans qu’un drame ne se produise. À cause d’un vêtement non rendu, d’une attitude mal interprétée, d’une réponse trop sèche. N’importe quoi devenait un prétexte à la chicane.

Ç’a été difficile. Pour nos parents, surtout. Comment est-ce que deux sœurs, jumelles en plus, pouvaient se chicaner autant? En réalité, on était en compétition. Qui est la plus belle, la plus populaire, la plus appréciée? C’était ça, le challenge. C’était de la pure jalousie. J’étais jalouse de ma sœur et vice-versa. Pourtant, aucune ne voulait l’admettre.

Ça a détruit notre relation

La relation, le lien de soeurs, qu’on avait n’existait quasiment plus. Moins on se voyait, mieux c’était. Et quand on se voyait, la crise (re)commençait.

Un jour, elle a fini l’université. Et elle a décidé de partir. Loin. En Alberta. J’peux-tu vous dire que c’est un trou perdu, là-bas? Peace River, c’est pas mal loin de tout. C’était son choix, après tout. L’aventure, c’est ce dont tout millenial rêve, non?

Elle a passé un an à Peace River, en revenant seulement deux fois : aux Fêtes et à l’été. Je l’ai donc vu deux fois en un an. C’était vraiment pas si pire. Puis, elle a décidé de rester là-bas une autre année. Jusqu’à très récemment, ça ne me faisait rien de vivre loin de ma sœur. Faut bien que ça arrive, qu’on prenne des chemins différents.

Si j’avais su

Mais si j’avais su que ces chemins pouvaient nous séparer autant (et pour aussi longtemps), j’aurais fait plus attention à ma sœur. Je me rends compte que c’est maintenant, aujourd’hui, qu’il faut prendre soin de ceux qu’on aime. On peut toujours avoir mieux à faire, mais le temps passe. Oui, ma soeur me manque. Si elle a besoin de moi, je ne peux rien faire.

J’aurais dû cultiver cette relation, bien avant même que je le réalise. Avoir su, quand on était ado, je l’aurais écoutée et consolée quand elle en avait besoin. Je l’aurais encouragée dans ses projets et je lui aurais dit à quel point je l’admire, sans jalousie, aucune. Je lui aurais dit que je suis contente que tel garçon s’intéresse à elle, sans vouloir que ce soit à moi qu’il s’intéresse. J’aurais changé la façon de lui parler, de la considérer.

Ça, je ne l’ai réalisé que très récemment. Sauf qu’aujourd’hui, ma sœur est loin. Je n’aurai peut-être plus l’occasion de la revoir, ou en tout cas, de moins en moins. Cultiver ses relations, que ce soit avec ses amis, sa famille ou les personnes qu’on aime, c’est important. C’est crucial. Peut-être qu’un jour vous allez le regretter. Et ce sera trop tard.

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