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« Dater » à l’heure de la généralisation et des stéréotypes

Par Geneviève Dallaire – le dans Psycho, Sexe
L’autre jour, j’avais une discussion des plus intéressantes avec un ami sur le dating à notre époque. Que ce soit dans le reportage « L’amour au temps du numérique » ou dans les nombreux articles qui parlent des réseaux sociaux comme d’un fléau de société laissant croire que l’amour est impossible, c'est le festival des stéréotypes! Je crois que le problème n’est pas une génération entière, mais bien la généralisation d’un profil d’individus qui a toujours existé, mais qui est exposé et peut-être amplifié à l’ère du numérique.  

Tops vs. Flops

Des nouvelles banales, ça ne fait pas les manchettes. Les magazines à potins vendent des copies avec des scandales en page couverture, les journaux avec des nouvelles qui choquent. Ginette et Pauline ne potinent pas sur ta date qui s’est merveilleusement bien déroulée hier ou sur le couple épanoui qui a l’air parfaitement heureux. Elles se racontent qu’il a trompé sa femme et chuchotent qu’elle a de nombreux partenaires sexuels.

C’est rendu au point où ça nous semble même normal d’entendre plus parler des flops que des histoires qui fonctionnent. Autour d’un verre, c’est pas mal plus drôle. Raconte à quel point t’es en amour avec ta gang d’amis, je te garantis que tu ne seras celle qui fera lever le party. Mais si tu veux des rires garantis, raconte l’histoire du gars que t’as rencontré sur Tinder qui t’a dit ouvertement qu’il en était à sa 3e date de la soirée et que tu n’étais pas sa dernière (fait vécu). Ou encore, raconte la fois avec cette fille que t’as amenée prendre un verre qui maîtrisait un peu trop l’art de la retouche photo et que t’aurais jamais (jamais, jamais) liké, avoir su.

Trouver l’amour n’a jamais été facile

Si on demandait à des couples combien il leur a fallu de dates avant de trouver la bonne personne, ou encore s’ils se souviennent de leur époque de célibataires; fort est à parier qu’ils auraient eux aussi bien des histoires croustillantes à raconter. Trouver l’amour n’a jamais été facile. C’est rencontrer beaucoup de gens avec qui ça ne marchera pas avant de tomber un jour sur la personne avec qui ça fonctionne pour de vrai. Avec tous les stéréotypes qui circulent sur notre génération, aussi bien dire que si t’as le malheur d’être célibataire en 2016, ça relèvera du miracle de te trouver un gars qui te rappellera après avoir couché avec toi et encore meilleure chance à toi d’en trouver une qui n’est pas dépendante affective et/ou complètement folle.

large (26)Weheartit

Tant de gens semblent fatalistes quant à leurs chances de trouver l’amour, ce qui m’amène à me poser des questions : pourquoi est-ce qu’on s’impose des barrières et qu’on devient tellement défaitistes quant à nos chances de tomber sur quelqu’un de bien? Sommes-nous devenus des éternels indécis? Ou encore, avons-nous perdu la capacité de nous trouver assez « spécial » pour ressortir du lot dans l’abondance de choix? Et que dire de la tentation omniprésente d’aller voir ce qu’il y a sur le marché des célibataires? De la perception qu’il y a peut-être mieux au bout de nos doigts à tout moment? Plus belle, plus grand, plus accompli, plus riche… c’est la peur de faire le mauvais choix, ou de ne pas être la personne sur qui le choix s’est arrêté.

La vraie source du problème

Ça ne serait pas justement parce qu’il est bien plus facile de penser que le problème ne vient pas de nous? Je ne prétends pas avoir la science infuse, je n’insinue même pas ne jamais être tombée dans le cynisme plutôt que de regarder la vraie source du problème : moi. Mes attentes, mes attitudes, mes choix! Je pense que le plus difficile dans le dating des temps modernes, c’est d’avoir assez confiance en soi pour reconnaître ce que l’on vaut. Et surtout, d’avoir assez de respect envers soi-même pour refuser de perdre son temps avec quelqu’un qui ne le reconnaît pas.

C’est d’être honnête envers les autres, mais surtout envers soi-même. « Cherches-tu quelque chose de sérieux? » Tellement de filles n’osent pas dire oui par peur d’avoir l’air désespérées. Ou pire, elles réussissent même à se convaincre elles-mêmes qu’elles ne voulaient pas vraiment un chum dans le fond. Tu ne peux pas en vouloir à une génération tout entière si les gars que tu rencontres au bar à 2h45 ne te redonnent pas toujours de nouvelles une fois que l’effet de l’alcool s’est estompé. Tu ne peux pas non plus dire que les gars sont tous des fuck boys alors que tu répètes toujours les mêmes erreurs. Que fois après fois, même si tu le sais qu’ils ne te méritent pas, dès qu’ils te redonnent de l’attention, tu réponds à l’appel.

À l’inverse, la fille à qui t’as payé 3 vodkas soda ne t’imagine pas déjà nécessairement comme le père de ses enfants parce que vous avez passé un bon moment. Elle ne tient peut-être pas à se mettre en couple vitesse grand V parce qu’elle te propose de faire une activité le lendemain. Ce n’est pas parce que tous tes chums de gars sont tombés sur une fille instable qui avait des tendances de stalker ou encore parce que ton ex était jalouse et possessive que tu dois présumer qu’à l’intérieur de chaque fille repose une « criss de folle ».

Girls quoteSource : weheartit.com

Tomber en amour, c’est la vulnérabilité absolue. C’est de laisser tomber ses gardes, de partager sa vie avec quelqu’un et d’accepter que ce quelqu’un joue un grand rôle sur notre bonheur. Il faut être prêt pour ça. Ne rien vouloir de sérieux, c’est un choix. Pas l’affliction d’une génération. Avoir accès à beaucoup de choix en quelques swipes, c’est une option. Pas une condamnation à être un éternel indécis en quête de la prochaine chose qui brille plus. Trouver l’amour en 2016 c’est possible, mais personne n’a dit que ça allait être facile. Abattre nos propres préjugés face aux gens que l’on rencontre et tenter de leur laisser une chance sans que notre perception soit tintée des nombreux stéréotypes qui entourent notre génération, c’est peut-être ça le vrai défi.

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