L’amour à l’ère de Facebook

À l’ère des textos et de Facebook, c’est rendu difficile de rencontrer, d’apprendre à connaître, d’aimer. Du jour au lendemain, tu peux recevoir une demande d’amitié ou même un message, direct de même, sans préavis. Et des fois, c’est dur de savoir quoi faire avec ça.

Des relations qui se construisent tranquillement à coup de textos spontanés tant attendus et de longues conversations décousues jusqu’à tard dans la nuit. Une relation qui oscille entre amitié et amour, quelque chose qu’au bout du compte, tu serais incapable de définir, même si tu le voulais.

 

C’est exactement ce que relate Lily Pinsonneault dans son premier roman Sauf que j’ai rien dit. Une jeune femme dans la vingtaine qui reprend contact, des années plus tard, avec l’ex d’une amie. En fait, c’est plutôt lui qui reprend contact avec elle, un mardi soir de février, et de là, arrivent les complications.

Parce qu’on est toutes un peu comme ça, les filles, hein? Un gars fait irruption dans notre vie et si la raison est moindrement floue, notre cerveau se fait aller à la vitesse grand V. Surtout si le gars est cute et nous plaît un peu.

Le roman raconte le genre de relation qui commence par des textos et qui continue comme ça pendant un moment, sans plus. Juste des textos que t’attends avec impatience et que t’espères fort. Ce genre de relation où t’es scotché à ton téléphone parce que parler avec lui est la seule chose qui t’intéresse, le reste du monde n’existe plus. Et ce genre de relation où tu es prête à faire n’importe quoi pour avoir l’air cool, importante, intéressante. Assez pour faire n’importe quelle niaiserie comme mettre ton réveil matin à 4h40 du matin pour lui envoyer un texto, afin qu’il pense que tu te couches tard comme lui, pour lui montrer que votre mode de vie est pareil, alors qu’en fait, t’es couchée depuis des heures parce que tu te lèves tôt pour aller travailler dans un bureau qu’il trouverait pas intéressant pentoute.

Ce genre de relation où tu as toujours l’impression qu’il est zen et bien dans votre manière de faire les choses et que tu essaies de te convaincre que toi aussi, ça fait ton affaire, mais ça marche moyen. Parce que t’aimerais pouvoir accoler une étiquette claire sur votre relation, genre «simplement amis» ou, encore mieux, «en couple», mais là, «c’est compliqué» serait plus approprié.

 

«J’ai eu un petit élan de lucidité. Pendant environ une heure, j’ai réalisé que mon cœur s’emballait pour des estiques de textos. J’ai eu honte de moi. J’ai pensé au cadran que j’avais setté à 4h40 pendant la nuit, je me suis sentie sale. Une heure après, j’ai vu mon petit point lumineux d’alerte au message qui se faisait aller. Joseph s’était acheté du maïs à l’épicerie et s’inquiétait parce que c’était pas la saison. Je suis allée aux toilettes prendre le temps de le rassurer. De retour à mon bureau, j’ai encore pas pu m’empêcher d’échafauder dans ma tête des plans d’avenir avec Joseph.»

Je trouve que cet extrait démontre bien la bipolarité d’un cerveau de fille en relation d’amour-amitié-moderne-c’est-pas-clair-mais-c’est-mieux-que-rien.

 

Ce premier roman de Lily Pinsonneault est très divertissant, mais aussi très représentatif de la réalité. Son style rythmé et humoristique fait de Sauf que j’ai rien dit un bon incontournable pour un petit week-end de lecture relax.

L’amour, des fois, c’est compliqué, mais on ne pourrait quand même pas s’en passer!

 

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Alexandra Nadeau-Gagnon Auteure, rédactrice et réviseure. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.