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Au jour le jour, l’amour: Repas chez la belle-famille

Par Marika Guilbeault-Brissette – le dans Chroniques
Quand tu t'embarques dans les joies de l'amour au jour le jour, l'homme ou la femme qui t'y accompagne ne vient jamais seul(e). L'être de tes rêves est forgé par un passé qui t'est inconnu. Évidemment, la beauté de la chose est de découvrir celui-ci à travers la révélation de certains événements marquants de son histoire en passant par des anecdotes rigolotes et d'autres plutôt émouvantes. Parfois, il arrive que ces discussions prennent forme dans la plus grande intimité. D'autres fois, elles prennent vie autour d'une table avec les quatre personnes les mieux placées pour t'en parler, c'est-à-dire ta belle-famille. Aujourd'hui, ça nous est arrivé...

Je n’ai jamais eu ce qu’on appelle une famille conventionnelle. Disons que la coutellerie en argent dans le buffet de la salle à manger de la maison banlieusarde n’est pas trop le truc de mon père. Nous étions plus du genre à manger une pizza en regardant mon frère jouer au dernier jeu vidéo qu’il venait de se procurer. Pour cette raison, je ne sais toujours pas si c’est la foutue cuillère qui doit aller le plus à gauche de l’assiette ou le couteau. Qui sait, c’est peut-être même la fourchette. Par conséquent, mettre la table chez quelqu’un dans le but d’aider est toujours source de nervosité pour la noob que je suis dans les manières aristocratiques de base. Ce n’est donc pas un secret si je vous avoue que les premiers soupers dans la belle-famille (tout ce qu’il y a de plus normal, le chien est le seul élément manquant de la famille nucléaire que vous connaissez) ont occasionné en moi certains ajustements.

J’étais celle qui arrivait de Montréal avec un bagage de tatouages dans une région où les bœufs de la ferme portent les mêmes anneaux que moi au nez. Ça promettait. Je le voyais comme un défi adressé à la vie. Après tout, pour lui, n’importe quand, n’importe où. Traditionnelle famille de cinq. Papa, maman et trois fils. 6 pieds 2, 6 pieds 4 et 6 pieds 6 pour les trois gars. Tout pour me dépayser de mon généreux 5 pieds 3. J’entrais dans un nouveau monde, celui des géants. By the way, Hagrid c’est le grand-père de la place. Apparemment, les petites bêtes s’apprivoisent bien puisque presque quatre ans plus tard, je peux encore défaire le cadrage des photos de famille.

Je dois tout de même mentionner que j’ai choisi le plus hors norme des fils. J’ai du goût, tsé. Celui qui écoutait de la musique classique pour s’endormir quand il était jeune, celui qui faisait de la radio étudiante au secondaire pour emmerder les gens «normaux» avec des chansons awkward de cLOUDDEAD et Gorillaz, celui qui a des opinions sur tout et le coeur le plus doux. À deux, nous formons un duo des plus compatibles. À la table de la salle à manger de ses parents, nous sommes les plus incompatibles. Or, ils l’aiment, et comme je ressens la même chose qu’eux envers lui, on a déjà ça en commun. Tout d’un coup, je me sens déjà comme chez moi.

Parce que l’amour familial, ça passe par autre chose que les repas cinq services et les poignées de main des plus sérieuses. C’est le mélange de chacun des membres qui rend le tout harmonieux. Sans les deux bizarroïdes que nous sommes, moins de grimaces à la table avec la gamine du plus vieux, moins de discussions qui encouragent la diversité des points de vue et moins de flattage pour le chat quand je trouve les conventions un peu trop barbantes après le souper. Paraît que ça prend toute sorte de monde pour faire un monde. Puis, dans cette microsociété qu’on s’est créée autour d’une table, il fait bon s’aimer.

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Même si on n’est pas toujours d’accord. Même si parfois nos échanges de regards révèlent à quel point nous trouvons qu’ils ont tort sur certains sujets. Même si on ne représente peut-être pas le couple de la vingtaine bien établi, maison-mariage-bébé. Malgré tout ça, je sais qu’ils l’aiment et c’est tout ce qui compte. Je suis heureuse de partager ma vie avec eux. Sans eux, jamais de lui et ça, ça serait particulièrement terrible.

Puis tsé, ça ne m’empêche pas de porter des souliers à stud au mariage de mon beau-frère et d’acheter des livres de pieuvre pour l’anniversaire de la gamine. J’arrive à être moi parmi eux et je le sais que ça le rend heureux. En plus, je vous le dis, personne sort d’un repas préparé par ma belle-mère sans avoir les jambes engourdies à cause d’un bedon trop rond. Là-bas, on est accueilli comme des dieux et on mange comme des porcs. Après tout, je suis invitée chez les géants.

Inspiré par le bruit des mâchoires de ma seconde famille.

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