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Le féminisme n’est pas mort

Par Nerds – le dans Bien-être, Santé

En plein bombardements d’idées reçues sur le féminisme d’aujourd’hui, de questionnements et, surtout, de cartes mêlées, nous nous sommes penchées sur notre propre vision des femmes en 2015. C’est quoi pour nous le féminisme? Comment on vit notre féminité dans un quotidien à mi-chemin entre la pensée du jour de Jean-François Mercier et les batailles de Manon Massé?

source: lexpress.fr
source: lexpress.fr

Chanel Garceau

Non, y’est pas mort.

Y fait le bacon à terre pour qu’on y porte attention comme un gamin de 5 ans qui n’a pas eu de chocolat à l’épicerie.

J’ai grandi en entendant le mot ¨féministe¨ de manière péjorative. C’était souvent garroché dans la même poutine que les syndicalistes ou encore Greenpeace. On n’a jamais tripé sur les shakeurs de conscience collective, on n’a jamais tripé sur ce qui dérangeait. Y’a qu’à lire les commentaires du Journal de Montréal pour constater que notre postmodernité n’a pas le goût d’apprendre, pas le goût de se questionner. Je viens d’une société patriarcale qui croit que tout est gagné, et ce n’est rien de le dire. Ce n’est pas de passer la balayeuse qui va faire reculer le féminisme, c’est la mentalité barbare qui fait encore en sorte que même les femmes sont moins enclines à embaucher une mère monoparentale.

En marginalisant les femmes (et hommes, ça va de soi) qui se sont battues corps et âme pour aller nous gratter un petit peu d’équité, on a perdu de vue la naissance d’un mouvement au combat juste. On a divisé la population en deux. On a rendu sexy le fait de s’affirmer non féministe pour une fille. On a érigé un temple à la docilité. ¨Fais pas ta féministe¨ qu’on m’a déjà dit. Mais c’est quoi ne pas faire sa féministe? Refuser d’être qui on est de manière libre et juste?

Je ne suis pas d’accord avec celles qui prétendent que les filles aux mœurs et tenues légères font reculer ou stagner la cause. Ce n’est pas vrai. S’émanciper, ça ne se fait pas en one-way. Avoir la liberté d’être qui on veut être reste une bataille quotidienne, on a pas tous choisi la même arme de combat, mais on revendique toutes d’être entendues et respectées, jupe courte ou jupe maxi.

Selon moi, la première étape consistera toujours de jouer dans la même équipe et de se respecter entre nous. On attirera jamais la considération des ignorants si on ne débute pas d’abord par se questionner sur qui on est en tant que femmes, en tant qu’équipe hétérogène et improbable, mais tout de même une équipe. En ces temps où le girl power est devenu un slogan cute et sans notoriété, il est toujours d’actualité de porter un regard sur ces femmes qui nous rendent fières de faire partie de leur gang. De Marie Curie à Beyoncé en passant par nos grands-mères qui ont refusé de s’appeler Mme. Paul Tremblay, on ne manque pas de modèles de puissance tranquille, de repères sur ce qui doit être.

source: slate.fr
source: slate.fr

Fanny Cantin

«Non, y’est pas mort», pour reprendre les mots de ma collègue et amie Chanel.

Je pourrais discourir philosophiquement sur la question et m’étendre pour vous le prouver en A + B, mais non. Non, je n’ai pas envie de théoriser sur le sujet, parce que celui-ci prend une place concrète dans mon quotidien et c’est de cette façon que j’ai envie de faire le point, concrètement. Peut-être serai-je démagogique sur les bords, mais je m’en fous.

Pourquoi le féminisme n’est-il donc pas mort? Il n’est pas mort parce que, concrètement, je suis là, assise devant mon ordinateur, à penser aux inégalités entre les femmes et les hommes. Ces inégalités qui n’ont pour base que le sexe d’un humain, que la morphologie d’un corps comme tribunal.

Un exemple concret d’inégalité? En voici un classique: un homme peut se «taper» une fille après une première date et être le champion des bons coups, mais une femme qui se «pogne» un gars après le premier soir tombe dans la catégorie des escortes de bas de gamme. Même qu’un ami, pour illustrer davantage ce propos, m’a déjà dit que si une femme couchait le premier soir, elle était automatiquement rayée de sa liste de potentielles blondes…

En réponse à cela, et parce que oui, fièrement, je suis féministe et crois sincèrement à l’égalité entre les sexes: toi mon gars, t’as rien compris. Une femme peut faire ce qu’elle veut de son corps, de son image, de sa carrière, de sa coupe de cheveux garçonne, du poids qu’elle squat au gym, de sa vie amoureuse. Elle peut réussir autant que les hommes et échouer autant que les hommes.

Et l’argument qui tend à démontrer que nous ne sommes pas égaux, car il existe bel et bien des différences entre les sexes (traits de caractère dominants, façons de penser, etc.)? Il est futile comme un parapluie troué, parce qu’être différent ne signifiera jamais être inégaux.

Un humain peut être con, qu’il soit homme ou femme. Un humain peut être intelligent et sensible, qu’il soit homme ou femme.

Soyons donc, alors, intelligents et sensibles.

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