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Une femme en construction

Par Audrey X – le dans Psycho
J'ai eu le goût d'essayer. Moi, l'intellectuelle reconnue et assumée, j'avais envie de tenter l'expérience. On entend souvent que les gens se divisent en deux types de personnes: les manuels et les intellos. Je ne crois pas que la ligne qui divise l'espèce humaine soit aussi nette. Je ne dis pas non plus que le travail de l'un soit plus difficile que celui de l'autre, on retrouve des avantages et des inconvénients dans chaque domaine. Mais pour me faire une tête, j'ai vécu un été dans le rôle du «manuel».

Être une femme

Est-ce que posséder un vagin est un handicap en 2017? Pour me faire engager, peut-être que cela a créé un peu d’hésitation, mais pour travailler, pas du tout. À l’origine, j’enseigne. On pourrait donc dire que je pratique un emploi qui demande davantage d’esprit que de mains. On pourrait pousser la rhétorique, mais vous comprenez ce que je veux dire. Là où je veux en venir, c’est que la majorité des gens qui travaillent dans la construction ou la rénovation sont des hommes. Malgré tout, on se sent vraiment au 21e siècle quand on remarque (enfin!) que les hommes apprécient d’avoir des femmes sur le chantier. Lorsque je suis arrivée sur le site (où j’ai pratiqué de la démolition pour la première fois), personne n’a fait de commentaires désobligeants à mon égard ou encore sur le fait que j’étais une femme. Tout le monde a été très gentil et respectueux. Je me suis sentie traitée comme tous les autres ouvriers.

Certains diront que je généralise, qu’il y a des cas rapportés d’abus et que le dessin que je fais de la profession est trop idyllique pour ce qu’elle est en réalité. Je n’omets pas qu’il y a certaines difficultés, mais le message que je tiens à envoyer est celui-ci: Ladies, we can do it. We can do anything.

Manquer de force?

Peut-être est-ce l’adrénaline qui m’a permis de me rendre au bout des jours de travail, peut-être est-ce le fait que je sois assez sportive et en santé… Du haut de mes 5 pieds 3, du bout de mes 130 lb, j’ai soulevé autant de métaux et de bois que tous ces gentlemans. Et si je n’arrivais pas à saisir un morceau plus massif que les autres, je demandais de l’aide ou j’usais d’ingéniosité. Eh oui! En construction, il faut utiliser sa tête. Même les plus colosses ne soulèvent pas de grosses charges pour la simple et bonne raison qu’une blessure n’est jamais très loin. Personne ne veut prendre le risque d’une foulure ou d’une entorse simplement pour faire bonne impression. Tout le monde s’entraide. Sinon, eh bien, on utilise des outils. Il n’y a pas un problème que je n’ai pas été capable de résoudre par moi-même, que ça soit à l’aide d’une échelle pour ajouter quelques pouces à ma grandeur ou d’une pince pour pallier mon manque de force. Comme dans la vie de tous les jours, ce n’est pas toujours la force qui soit nécessaire, mais la tête. Comment pensez-vous que David a vaincu Goliath?

Un monde de mâles

Le rôle du mâle, le rôle de la femelle, autant de mots que d’inepties pour décrire des expressions sans importance. La quête de son identité, c’est ça qui importe. On rapporte parfois que les femmes envahissent le domaine des hommes et vice versa, mais je ne crois pas le monde fonctionne ainsi. Est-ce que je préfère travaille dans un monde majoritairement masculin? Autant que j’aime travailler avec des femmes ou dans un monde mixte. Je crois que chaque sexe autant que chaque individu possède ses qualités qui lui sont propres. Je ne suis pas de ceux qui disent que le monde des «mecs» est plus facile parce qu’il y a moins de «bitcheries» ou parce que c’est plus simple. Je ne crois pas non plus que les hommes soient plus solidaires que les femmes ou que mesdames, vous soyez plus intellectuelles que manuelles. Je crois surtout en un monde où tout le monde peut se réaliser de façon individuelle tout en vivant en communauté.

Car l’important, c’est surtout d’être heureux dans ce qu’on fait.

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