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Veux-tu être mon ami? Coche « Oui » ou « Accepter la demande »

Par Nerds – le dans Santé

Veux-tu être mon ami? Coche « Oui » ou « Accepter la demande »

Je me revoie encore être toute énarvée de pratiquer pour une des premières fois de ma vie le principe de la rébellion : ne pas écouter ma prof de deuxième année, Madame Louise, pour plutôt pogner une feuille dans mon duo-tang orange. Ce qui est pas pire c’est que ça passait assez incognito merci. Ça prend effectivement une feuille pour pratiquer mes lettres attachées.

L’âme d’une grande délinquante toé chose.

C’est surtout à cause que j’étais devenue une grande habituée des nouvelles relations amicales. Déjà à la garderie, j’avais eu la chance d’affiner mes skills en matière de ti-namis parce que j’avais passé de simple membre du groupe des Goglus à Grande Professionnelle des pyramides en blocs Lego. On s’entend qu’à 4 ans, quand t’es une fille, ça t’offre un prestige que normalement seuls les ti-culs gars peuvent posséder quand ça se pavane avec leur trucks Tonka dans le carré de sable.

Ça fait qu’avec mon assurance de calligrapheuse dévergondée, je commence à griffonner une phrase qui requiert toutes les capacités émotionnelles d’enfant de 7 ans.

« Veus tu aitre mon ami? Coche OUI ou NON stp »

J’avais déjà ma pote Joanie, qui restait dans le même village que moi, et pour qui je vouais une grande affection grâce à notre historique amical depuis les Goglus.
Mais là, y’avait Antoine. Pis Antoine, c’était mon voisin. Antoine, c’était le gars cool. Le gars du dépanneur lui donnait ses bonbons. Antoine avait un shitload d’amis. Antoine, y’avait un « bécyk » avec des breaks JUSTE sur son guidon. Pas ceux que tu te donnes une swing du mollet par en arrière. Je sentais déjà que j’allais devenir une éternelle one of the boys. Antoine, il kickait son ballon comme moi : ti-bons, pas roulé, s’te plaît.

Mais là, j’avais réellement besoin de déployer toutes mes capacités relationnelles. Le hic, c’est que j’en avais pas vraiment. Être l’aînée d’une fratrie, ça veut aussi dire « j’ai pas de modèle de comment me faire des amis » pis ça apporte son lot de défis. Ou juste pas d’habiletés sociales.

J’avais surtout pas Facebook, ou bedon mIRC, MSN pis toutes ces options qui me sont apparues comme faciles trop en retard. Faut croire que je remercie toutefois ma capacité d’adaptation et ma soif de socialisation, parce qu’avoir attendu jusque là, j’aurais commencé à avoir des « amis » à 14 ans. J’aurais seulement pu envoyer des « wizz » à ma mère et croire à de grandes histoires de complicité avec un potentiel cyberpédophile qui se fait passer pour une certaine « Vanessa de 15 ans » sur Caramail.

J’ai pu user de mes petits tremblements de poulette énarvée de 7 ans pis de ma toute fraîche imagination pour effectuer mes premiers balbutiements dans le monde des relations. J’ai plié ma feuille pis j’ai pilé sur mon orgueil.

Je trouve ça triste des fois. Des fois je me perds dans mon cerveau de fille semi-déficit-d’attention pis je repense à comment le tissu des liens sociaux deviennent troués. À quel point on utilise même pu les patchs pour les rafistoler et qu’au contraire, les tissus se vendent pu pis on prend finalement juste les patchs pour s’habiller les amitiés. On se cache en arrière des fonds de têtes baissés dans le bus, des fonds de potentiels amis affairés à leurs notifications. On se déploie pu les egos pour aller se quêter une gang, on devient des magasineux de profils Facebook pas privés, on s’échange pu des paquets de pogs, on se challenge pu la gène pis les joues rouges, on se courtise à coup de « Spotted : Université de Campus Immense Je Te Trouverai Peut-être Pu Jamais ». On se poke même pu l’épaule parce qu’on peut le faire derrière l’écran après le bar.

Mais tsé, finalement, moi pis Antoine on est devenus amis. Pas pour longtemps sauf, j’ai changé d’école l’année d’après. Mais mes mains moites de bébé-personne ont valu la peine; à nous deux on s’est bâti une team imbattable au kickball.

Par Angie Landry
Collaboratrice spontanée

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