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8 vérités qu’un expat ne vous dit pas toujours

Par Amélie Marquis-Angulo – le dans Voyage

Il y a un peu plus de deux ans, j’ai quitté le Québec pour tenter la grande aventure dont j’ai rêvé toute ma vie de l’autre côté de l’océan Atlantique. Après un bac en communication à l’UQAM et quelques années en tant que coordonnatrice de production, j’ai tout laissé derrière moi et suis atterrie sur le vieux continent, prête à commencer une «nouvelle» vie. En deux ans, j’en ai vu du pays! Non seulement j’ai visité la plupart des villes européennes qu’il y avait sur ma liste, mais j’ai aussi vécu pendant presque un an sur une maison-bateau à Amsterdam, avant de plier bagage à nouveau pour la grande ville de Londres, où je demeure jusqu’à ce jour. Je vis mon grand rêve, oui. Mais contrairement à ce que la plupart de mes amis semblent penser et à ce que mon compte Instagram laisse paraître, être un expat n’est pas nécessairement synonyme de vie parfaite.

Je suis une expat, pas une backpackeuse, ni une citoyenne du monde, ni une touriste en vacances.

Tout d’abord, être un expat ne veut pas dire être en vacances ou perpétuellement en voyage. Même si je peux me permettre une fin de semaine à Paris plus facilement que d’autres, je n’échappe pas à la routine métro-boulot-dodo et dois aussi travailler pour survivre et mettre de l’argent de côté pour mes prochaines vacances. Dépendamment d’où on choisit de s’installer, il peut arriver que l’on doive faire face à un coût de la vie drôlement plus élevé que ce à quoi on est habitué. Bien noter que le salaire minimum n’est quant à lui pas nécessairement plus élevé.

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Le mal du pays

Oui, on s’ennuie de «la maison» quand même. Même si on ne prévoit pas revenir bientôt, cela ne signifie pas qu’on a renié à jamais son ancienne vie. J’ai été terriblement homesick pour la première fois en deux ans. Ma famille me manquait, mes amis me manquaient, la nature canadienne me manquait et tout ce qui m’avait charmée à mon arrivée à Londres commençait à me taper royalement sur les nerfs. Dans ce temps-là, je crois qu’il faut prendre son mal en patience et se poser les bonnes questions. Est-ce vraiment le temps de rentrer? Est-ce qu’il y a quelque chose qui me déplaît que je pourrais changer dans mon quotidien? On peut s’inscrire à de nouvelles activités, organiser une petite escapade ou encore planifier sa prochaine visite à «la maison».

Veux-tu être mon ami?

Ce n’est pas si facile que ça de se faire de nouveaux amis. Surtout quand on est adulte, qu’on occupe un emploi à temps plein et qu’on a des obligations. Apprendre à connaître quelqu’un demande du temps et de l’investissement. Et rien ne garantit que ça va nécessairement cliquer entre les deux en fin de compte, même avec la meilleure volonté et la plus grande ouverture d’esprit. Je repense à tous ces gens rencontrés dans des soirées ou événements pour expatriés à qui je m’étais accrochée un peu trop rapidement parce que je ne connaissais encore personne d’autre, mais que j’ai peu à peu cessé de rappeler pour faire quelque chose… Je m’excuse. Ce n’était pas toi, c’était moi.

Avec le temps et un peu de chance, on finit quand même par se faire un groupe d’amis qui nous sont chers. On apprend à les connaître, on devient confortable avec eux, on commence même à avoir quelques inside jokes et puis, sans s’y attendre vraiment, on se retrouve seul  à nouveau! Quand on est expat dans une ville comme Londres, où une grande majorité des gens qui y vivent viennent d’ailleurs, il n’est pas rare de voir ses nouveaux amis quitter le pays après quelques mois, soit parce que le visa expire, soit pour un stage ou pour un nouveau boulot.

À mes trois Mousquetaires d’Amsterdam, vous me manquez.

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Un tête-à-tête avec soi-même

Une des beautés de voyager est de rencontrer toute sorte de gens. En même temps, être expat veut aussi dire passer beaucoup de temps seul. Pour les raisons mentionnées plus haut, il n’est pas rare qu’un expat doive apprivoiser le fait d’aller régulièrement seul au cinéma, d’aller seul à un événement ou même de souper seul à un nouveau restaurant. Si, une fois de temps en temps, j’aime bien m’accorder un tête-à-tête avec moi-même, il faut avouer que rien n’est meilleur qu’un plaisir partagé.

«Hello, it’s me again»

Inutile de faire semblant. C’est difficile de garder contact avec tous ses vieux potes et tous les membres de sa famille. C’était déjà difficile à Montréal, quand je vivais dans la même ville qu’eux et sur un même fuseau horaire… Imaginez maintenant avec la distance, le décalage horaire, un boulot à temps plein et le temps que je consacre à essayer de me bâtir une vie sociale bien remplie. Je m’excuse auprès de tous ceux et celles que j’ai négligés. Je vous aime et pense à vous régulièrement.

Je partage également une pensée pour certains de mes meilleurs amis qui vivent eux aussi à l’étranger. C’est quand même fou de penser que je n’ai absolument aucune idée de quand on va se revoir!

Mea culpa

Je viens de me relire pour réaliser que jusqu’à présent,  j’ai ressenti le besoin de m’excuser à plus d’une reprise. Quand on est expat, on se sent parfois coupable et impuissant. Récemment, j’apprenais que ma grand-mère adorée est rentrée d’urgence à l’hôpital. Le pire était à craindre. Je me suis sentie coupable d’être aussi loin et franchement impuissante face à la situation. Je vis présentement ma vie à 5000km du Québec et même si je crois avoir pris la meilleure des décisions, je me reproche parfois d’avoir fait ce choix un peu égoïste. Ma grand-maman a heureusement repris du mieux depuis et a bien hâte de me voir à Noël.

Apprendre à gérer ses food cravings

Tu veux une poutine à 3 heures du matin? Tu devras peut-être la remplacer par un kebab. Ton beurre d’arachide Kraft? Tu devras t’habituer au goût du Skippy. Tu veux le super pâté chinois de ta mère? Tu devras attendre à ta prochaine visite avant d’y goûter. Tout le monde sait que même si tu le fais toi-même avec la recette, ce n’est pas pareil! Pour ma part, je m’ennuie beaucoup aussi de nos grandes épiceries nord-américaines avec 50 sortes de tout. En Europe, la densité de la population fait en sorte qu’on doit généralement faire les courses dans une petite épicerie de quartier en rupture de stock. Les gourmands comme moi comprendront.

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Être en dehors de sa zone de confort 24/7

Quand on est expat, le quotidien en général est plus difficile. Tu ne communiques pas nécessairement dans ta langue maternelle, tu ne sais pas d’instinct où trouver ce qu’il te manque, le système public est différent, la paperasse, etc. Papa ne peut pas venir te dépanner. Ta vieille gang d’amis ne peut pas venir t’aider à déménager. Bref, tu dois apprendre à te débrouiller tout seul et pour tout.

Dans certains pays, les us et coutumes sont déstabilisants et, malgré tous tes efforts pour t’intégrer, il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose pour te rappeler que c’est toi l’étranger. J’ai une bonne copine qui vit depuis un moment dans une petite ville reculée au Pérou et qui doit quotidiennement apprendre à composer avec le machisme et, parfois même, le racisme.

À entendre certains parler, je n’ai pas le droit de me plaindre parce que je vis en Europe. OK, peut-être. Je suis très consciente de la chance que j’ai, mais j’aimerais aussi rappeler que la chance, on se la crée. Si je devais tout recommencer, je le referais demain et tout pareil. S’expatrier prend du courage. C’est aussi émotionnellement très demandant. Tout n’est pas rose bonbon même quand on vit dans une des plus chouettes villes au monde.

Mais si tu vois l’Europe, l’Asie ou l’Amérique latine dans ta soupe, n’hésite pas: achète un billet aller simple et pars. Tu ne vas pas le regretter.


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