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Les diplômes ne rendent pas plus heureux

Par Kristine Bergeron – le dans Girlboss
Ça fait très longtemps que j’avais envie d’écrire cet article. Non seulement parce que je trouve qu’en 2017, on a énormément de pression pour performer, mais aussi parce que je suis moi-même tombée dans le panneau et que j’ai envie de t’éviter ça. Le panneau dont je te parle, c’est l’importance imaginaire d’obtenir le plus de diplômes possible pour se garantir une bonne job, une bonne estime sociale et dans l’fond, d’être heureux.

Pour commencer, laisse-moi te résumer mon histoire. J’ai fait un DEC en communications, un BAC en médias interactifs et j’ai complété une maîtrise en médias socionumériques avant l’âge de 24 ans. Je n’ai jamais pris de break, pour moi c’était synonyme d’être faible. Je voulais être bonne, compétente et surtout, pleine de diplômes pour épater la galerie et avoir la job de rêve que la société m’avait promis si j’excellais à l’école. J’’ai aussi accumulé 5 années d’expérience au long de mes études même si dans le fond de mon cœur, j’avais l’impression que quelque chose clochait.

J’ai continué en me disant qu’avec mes diplômes, j’allais trouver quelque chose de vraiment mieux bientôt. Le bientôt n’est jamais arrivé. J’ai accepté des jobs en entreprise et en agence de comm parce que c’est tellement cool les agences, mais la vérité, c’est que c’est un monde cruel et à double face. Une réalité qu’on ne m’avait pas enseignée à l’école. Mes études et mon expérience de travail s’envolaient en fumée. J’ai diminué mes critères pour essayer de trouver un emploi que j’allais aimer, je voulais juste être capable de payer mon loyer et tasser un peu d’argent. Même avec tous mes diplômes et mon expérience, j’ai eu de la difficulté à avoir un salaire raisonnable et je me suis fait dire «si tu ne la prends pas la job à 30 000$, un autre diplômé de l’UQAM va la prendre». Major turn off. Après ça, je n’ai pas eu le choix, j’ai changé de branche.

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Changer de domaine n’a pas été facile. Non pas parce que je ne savais pas dans quoi aller, mais parce que tout le monde autour de moi a eu l’air vraiment déçu. Comme quand on annonce une rupture: «Bin la t’es certaine, tu ne veux pas lui laisser une autre chance?»  Non, j’étais saturée des communications. J’avais envie de vivre et non de survivre sur un salaire de misère, pas d’assurances, à faire des heures supplémentaires pas payées et à avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête qui se balance en me chuchotant aux oreilles «si tu fais pas la job, une autre va la faire». Merci l’UQAM aka la machine à diplômés en communications.

Alors, je me suis lancée dans quelque chose que je ne pensais jamais faire parce qu’au secondaire, ceux qui s’en vont faire ça sont souvent les petits Kevin. Ça, c’est le petit criss de la classe qui va toujours en retenue parce qu’il n’est pas capable de rester assis deux minutes et qui porte des chemises de Dragon Ball depuis la 3e année. Celui qui a la morve au nez l’hiver et qui s’essuie avec sa manche. Je suis allée faire un AEC.

Huit mois intensifs et après, j’allais avoir une job spécialisée qui sauve des vies, aide les policiers, ambulanciers et pompiers et qui allait me permettre de vivre, voyager et me payer une maison. D’un côté, huit mois et 500$ de frais scolaires pour être enfin heureuse. De l’autre, huit ans de diplômes, 13 000$ de dettes étudiantes que je vais rembourser jusqu’en 2028 et beaucoup de larmes versées dans les toilettes de mon ancienne job le matin parce que je n’étais plus capable.

Avec du recul, j’aimerais avoir une machine à remonter dans le temps pour me gifler il y a 6 ans. J’aimerais revenir au moment où mon cœur s’est serré quand j’ai débuté ma carrière en communications et avoir la force de me revirer de bord et me réorienter. Pour moi, au lieu d’avancer vers le vide pour la société. J’aimerais aussi remonter dans le temps pour trouver le moment où se spécialiser après le secondaire est devenu pas cool et que les diplômes, y’avais juste ça pour te garantir un bel avenir.

En 2017, on a plein d’options, mais on nous conditionne à vouloir suivre le chemin des diplômes. J’ai suivi ce chemin-là, j’ai aimé ça pendant un moment (de dire que j’étais à la maîtrise et que je travaillais dans une agence de comm), mais la triste réalité c’est que je détestais mon travail et encore plus ce que je devenais. Se lever le matin et se mettre sur le pilote automatique. À 25 ans, really? Ça allait être ça ma vie?

En gros…

Ce que je veux dire, c’est que malgré ce que la société nous suggère, il y a plusieurs autres options qui s’offrent à nous dans la vie. Je sais, quand on est jeune, on veut prouver sa valeur, on veut du succès à l’école et plus tard, dans son travail. J’étais comme toi et je le suis encore. La seule chose qui a changé, c’est que je me suis ouverte aux autres possibilités, sans jugement et surtout, en m’écoutant moi et non les autres.

N’aie pas peur des AEC et des DEP, prends deux minutes dans tes recherches pour évaluer toutes tes options. Est-ce que je regrette mes études universitaires et supérieures? Non, j’ai acquis beaucoup de connaissances. Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir vérifié toutes mes options parce que je voulais suivre le «bon chemin» de la bonne petite fille, je voulais des beaux gros diplômes qui ont de la «valeur» accrochés sur mes murs. Pour être franche, ils sont dans mon tiroir et le seul diplôme qui va me rendre réellement fière est celui qui va me permettre d’être heureuse au travail et qui me fera vivre et non survivre. Pense à ça plutôt qu’au prestige au moment de choisir ton propre chemin. Deal?

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