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Et si j’étais enfin honnête avec moi-même

Par Éliza Lafond – le dans Bien-être, Psycho
Toute petite, on m’a montré que la vie était une série de semaines de travail accumulées pour s’offrir deux semaines de luxe par année. On m’a aussi montré la nécessité de forcer un sourire à des gens même lorsque l’envie n’y est pas.

On m’a supplié si souvent de mettre tous mes efforts et mon attention dans mes cahiers d’école parce que bientôt, je devrai choisir un emploi qui me fera vivre. On m’a montré que pour y arriver, je devais aller à l’université. On m’a aussi appris qu’un baccalauréat n’était peut-être pas assez, que la maîtrise allait être maître de mon avenir.

Toute petite, on m’a appris que le prince charmant allait arriver peut-être à l’aube de mes 25 ans, qu’on se marierait et qu’on s’achèterait une maison. On m’a dit qu’on se chicanerait sur les couleurs du mur du salon et qu’on aurait des enfants à qui on donnerait le prénom de nos grands-parents.

On m’a appris que la vie n’était qu’une ligne droite sur laquelle gravitent des moments prédéfinis qui n’attendent seulement que l’horloge tourne pour les vivre. Toute petite, on me promettait déjà cette vie sans savoir si elle me conviendrait. C’était la destinée qu’on voulait pour moi. Sauf que la mort est arrivée.

L’horloge de ma mère a cessé de tourner et mon horloge à moi s’est toute déréglée. C’est comme si ma vie venait de mourir en même temps et qu’une nouvelle se présentait droit devant, mais sans savoir ce qu’elle me réservait cette fois.

Depuis, j’ai l’esprit ailleurs qu’ici. J’ai le cœur qui a envie de respirer l’air de plusieurs pays. J’ai l’âme qui a besoin de retrouver la paix intérieure sous une petite vie tranquille, mais dans le chaos d’une nouvelle ville.

La petite voix qui me chuchotait à l’oreille, à l’époque, prend maintenant sa grosse voix d’homme. Elle est là à me supplier de suivre mes envies et de faire abstraction de ce que les autres voudraient que j’accomplisse. Et si je choisissais que mes études n’allaient pas définir ce que j’ai à offrir. Et si je ne laissais pas la routine dicter ce que sera mon avenir. Et si je n’avais pas réellement de destination précise, que ma vie à moi ne serait qu’un tas de surprises!

Et si je ne me sentais pas chez moi ici alors que c’est le seul endroit que je connais? Et si je décidais d’aller vivre là où se trouve la langue de Shakespeare et que j’allais finalement comprendre la définition d’«aimer» en dutch bien avant d’en découvrir le sens en français? Et si je préférais accumuler de nouvelles rencontres que de compter les chiffres dans mon compte? Et si moi, je n’arrivais pas à aimer pour toujours, mais que je voulais aimer de nouveau à chaque jour?

J’en ai assez d’avoir l’ambition en dedans de moi qui a honte. Honte de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de moi. Et si je devenais honnête envers moi cette fois. Et si je me laissais tout simplement être la version de moi-même que je suis présentement. Pas celle que vous voulez, ni celle que je croyais devenir, mais tout simplement celle que je suis à ce moment précis.

J’ai été un bon moment sur le jetlag, mais aujourd’hui j’accepte cette nouvelle façon que j’ai de voir ma vie. Comme disait Maman: «On a qu’une seule vie, ne la laisse pas te glisser entre les doigts; Amuse-toi et oublie ce que les autres voudraient pour toi!»

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