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Et si j’étais ma belle amie?

Par Joanie Hébert – le dans Bien-être, Psycho, Santé
Il y a de ces jours où j’ai envie d’enlever le masque derrière lequel je me cache pour écrire ici depuis sept mois, derrière lequel je me cache depuis dix ans et derrière lequel je me tuais à petit feu depuis plus de deux ans.

 

Pour ceux qui ont lu quelques-uns de mes textes, plusieurs sont adressés à ma belle amie, juste ici, ici ici et ici. Et bien, figurez-vous que j’ai encore envie de vous parler d’elle…

Cette belle amie, je la connais depuis vingt-six ans. Cette belle amie, c’est moi. Du moins, j’essaie de l’être. C’est moi que j’essaie de trouver belle en surnommant « belle amie ». C’est moi que j’apprivoise, jour après jour. C’est moi qui réapprends à me connaître; c’est fou c’qu’on s’était perdu de vue depuis l’temps! Je suis cette amie chez qui je déteste les moindres petits détails, celle qui se flagelle à coup de mots grossiers, de pincements de gras. 

Aujourd’hui, je suis prête à le dire, à le crier. Comme si j’avais envie de me libérer d’un lourd secret. J’en parle parce que j’ai envie que ce sujet n’en soit plus un tabou… Cette maladie fait partie de moi; de mon passé, de mon présent et de chaque jour, je fais les efforts nécessaires pour qu’elle disparaisse de mon futur. Suite aux publications de mes textes, j’ai eu des tonnes de messages privés remplis de témoignages touchants, des félicitations pour mon bon travail d’amie… J’ai senti que ça en avait touché plusieurs et ça m’a donné envie de plonger pour vrai. Genre pour vrai de vrai. Avec les vraies choses. Les vrais noms. Les vrais mots. Après tout, mes plus précieux sont au courant; tout le monde peut l’être, maintenant.

Souvent Pas mal souvent, j’en pleure. J’ai pleuré quand un docteur m’a remis mon dossier médical et qu’on a constaté que mon poids de 26 ans était le même qu’à mes 12 ans. Je pleure d’avoir fait un régime il y a dix ans et d’avoir trouvé ça dont « cool » de manger de la soupe au chou à chaque repas et la vomir après parce que mon corps n’était plus capable de ne manger que ça. Je pleure de m’être rendue si bas à cause d’une rupture, il y a deux ans et demi. Je pleure cette rupture qui m’a entraînée vers la perte d’estime de soi, vers la perte de poids et ensuite, vers le désir d’être toujours plus mince et vers le seul objectif de voir mon  indice de masse corporelle dans la section « maigreur ». Je pleure après chacun de vos commentaires du genre : « Tu as maigri, ça te fait bien! » ou « T’es sûre que ça va, t’as l’air malade! » Ouch, si vous saviez comme ils me font mal. Tout comme vos invitations pour des soupers, pour des fêtes… alors que les excuses manquent!

Aujourd’hui, je suis prête à dire, pleine d’assurance, qu’avec le temps, avec les outils qu’on me donne, avec le chemin que j’ai parcouru, je suis un petit peu plus guérie, chaque jour. Avant, le suivi était aux trois jours. Aujourd’hui, aux deux semaines et c’est encourageant. Aussi, ce qui est motivant, c’est que je suis en train de m’en sortir pour moi, pas pour personne d’autre. Parce que j’ai envie de redevenir la « moi » d’avant; celle que j’aurais dû aimer de tout mon coeur il y a dix ans, mais que la vie en a décidée autrement. Mais si elle a décidé ça, la vie, c’est parce qu’elle savait que je passerais au travers, au final.

En ce moment, en m’apprêtant à cliquer sur « Partager », je suis fébrile à un point inimaginable. Ça aura pris du temps, ça aura pris dix ans…

Marche dans le sableUnsplash

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