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Fallait que je lui explique

Par Mélissa Lavoie – le dans Bien-être

« Maman, j’aimerais ça moi aussi qu’on soit une vrai famille. Que papa et maman restent dans la même maison »

Ouch.

Elle me l’avait dit. C’était la première fois qu’elle l’exprimait avec des mots. Je l’avais probablement déjà perçu dans ses petits yeux, mais jamais comme ça. Avec des mots qui portent tout le poids du monde. Pis c’est pendant qu’on construisait le plus gros château de la princesse Sisi d’Autriche dans un minuscule parc de Villeray qu’elle m’avait lancé ça en pleine face. Pendant que sa sœur réussissait des nouvelles acrobaties de petit singe en montant jusqu’en haut du module tu seule sans que je l’aide. Diplôme de module, bravo. Pendant que je pensais qu’on était bien, en vacances, à juste prendre son temps en famille.

En famille.

Parce que le moment «claque dans face» passé, fallait ben que je lui réponde quelque chose à ces grands yeux-là. Ces grands yeux parfaits que j’avais bercés, que j’aurais voulu préserver de toute. Que j’aurais aimé ne pas voir questionner autant. Fallait ben que je m’empêche d’éclater en sanglots. Que j’arrête mes yeux de piquer autant, de s’en aller se déverser à coup de grandes chaudières sur ce minuscule parc de quartier.

Fallait ben.

momanddaughterWeheartit

Donc je lui ai expliqué. Qu’il existait plusieurs familles.

Des familles avec un papa et une maman. Des familles avec juste un papa. Des familles avec juste une maman. Des familles avec deux papas, deux mamans. Des familles avec de nouvelles personnes qui s’ajoutent en cours de route. Des familles avec des grands-parents , des tantes, des oncles, des cousins, des cousines, dans la même maison. Des familles construites d’amis, choisis.

Des familles qui, peu importe le modèle, s’aimeraient tout le temps. Des familles qui avaient comme priorité, les enfants. Des familles qui seraient toujours là pour se serrer dans leurs bras. Des familles qui pleureraient, qui riraient, de tout et de rien, ensemble, en famille. Des familles qui ne laisseraient jamais personne faire du mal à ceux qu’ils aiment. À ceux qui font partie de leur clan.

Qu’il existait pas juste un modèle, pas juste un canevas.

Fallait que je lui explique. Même si c’était la première fois qu’elle le verbalisait vraiment, du haut de ses grands 4 ans et demi. Même si en le disant, elle sentait sûrement ma voix qui faisait des vocalises. Que plein de fois, je m’ennuyais si fort de son odeur que je dormais dans son lit, avec son oreiller. Même si je savais profondément que mes réponses seraient insatisfaisantes. Même si j’étais convaincue que son papa le ferait tout autant.

Fallait que je lui explique.

Même si elle avait continué son plus grand château de la princesse Sisi d’Autriche. Pratiquement comme si de rien n’était.

Comme si.

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