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Se perdre dans la dépression pour mieux se retrouver ensuite

Par Collaboration spontanée – le dans Chroniques
Si un jour on m’avait dit que j’allais tomber, que mon cerveau allait me lâcher et que mon cœur allait se refermer, j’aurais ri et répondu que je suis pas mal plus forte que ça, et pourtant... 

Ça a débuté avec un congé de maladie qu’on pouvait comparer à de la paresse ou à un manque de volonté.

«Hey, cette fille-là a arrêté sa session d’université, puis, en plus, elle va même plus travailler.»

Ce que les gens ignoraient, c’est que j’ai essayé. J’ai essayé de me lever et d’aller en classe. J’ai fait plusieurs fois 1h30 de trafic pour me stationner devant l’école et pleurer parce qu’il avait trop de monde, trop de jugement possible, puis je n’avais pas la force de rester concentrée plus de 10 minutes! Quand je ne trouvais pas de stationnement, les voitures qui attendaient derrière moi me remplissaient d’angoisse et je rebroussais chemin, je retournais chez moi dans mon lit, puis dans ma souffrance, là où personne ne pouvait m’atteindre. Ce qu’on ne sait pas, c’est que je me suis convaincue d’arrêter l’école pour travailler dans mon domaine un peu. Une année sabbatique comme on dit. Cependant, je suis rentrée chez moi le soir de ma première journée à mon nouveau travail, l’anxiété au ventre et une boule dans la gorge. J’ai dit à mon employeur que je n’avais pas aimé ça, et pourtant…

jeune femme dans son lit
Yuris Alhumaydy | Unsplash

Ce n’était pas la paresse, mais le mal de vivre qui m’empêchait d’avancer.

C’était la lourdeur de chacun de mes membres le matin, le trou immense dans ma poitrine, et la recherche constante d’oublier d’exister. J’avais si hâte de retourner me coucher. La dépression, ça t’arrache tout ce que tu aimes, y compris ta joie de vivre, pour te laisser dans un corps vide comme un robot en mode survie. À l’extérieur, tout a l’air bien beau, ton monde croit que tu as besoin d’être un peu seule et trouve bizarre ta soudaine crise existentielle. S’ils savaient! Tu n’as même plus la force de prendre soin de toi. Manger et t’habiller est une étape en soi, donc tu n’as plus l’énergie d’aimer les autres, et encore moins de t’aimer toi.

Tu te surprends alors un soir, après quelques verres, à te trouver beaucoup plus heureuse. T’enchaînes les soirées, puis tu te donnes un nouveau moyen d’oublier. Ton quotidien devient les bouteilles de vin, les hangovers et, trop souvent, de nouveaux regrets. Sauf que pendant un moment t’es bien!

Parce que la dépression ce n’est pas un manque de force. C’est un enchaînement de situations douloureuses, de combats et d’un peu (beaucoup) trop de fuites. Mais c’est après une séance chez le psy, un séjour en psychiatrie, un 20mg de citalopram en après-midi et l’utilisation des bons outils que je me suis surprise à recommencer à rire. J’ai commencé par une minute à la fois, un jour, une semaine, pour apprécier la personne que je suis.

Jeune femme dans un champs
Victor Freitas | Pexels

Je me suis donné le droit de mal aller, et j’ai été capable de changer.

Si maintenant on me disait que j’avais la capacité de tout effacer, je ne voudrais rien oublier. C’est grâce à elle que je suis rendu ici, maintenant, et que je suis reconnaissante de chaque journée que j’ai la possibilité de vivre.

Si on m’avait dit il y a un an et demi que je serais heureuse de me lever, d’entretenir mon tout nouveau trois et demi, de travailler 40h semaine et que, finalement, j’aimerais la vie, j’aurais ri et répondu que je ne suis pas assez forte pour ça.

Alors, toi, personne blessée, prends les outils qui sont là pour toi, arrête de te juger et dis-toi, juste pour aujourd’hui, que ça ne pourra pas toujours mal aller.

 

Collaboration spontanée
Mylène Blackburn

 

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Crédit photo de couverture: Eric Ward | Unsplash

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