All time BetterBe Branchez-vous Carrières

Mon amour, tu es malade

Par Collaboration spontanée – le dans Amour, Santé
Parfois, c'est difficile de rester positif et de persévérer lorsque la personne qu'on aime le plus au monde souffre et qu'il n'y a rien qu'on puisse faire pour l'aider. On peut avoir un certain impact sur sa santé psychologique, mais pour le reste, il faut juste apprendre à vivre avec.

Mon amour, tu es malade

Toi pis moi on s’aimait fort. Maudit qu’on s’aimait fort. On riait à s’arracher les poumons, on s’embrassait à s’en donner des crampes, on s’amourachait aux dépens de notre sommeil. On s’aimait au jour le jour, comme si l’amour nous emplissait tellement intensément qu’on pouvait pas en laisser à demain. Je me rappelle m’être dit que je ne pouvais pas me permettre de laisser quoi que ce soit venir briser notre petit bonheur tout doux.

Je parle au passé, mais je t’aime encore autant qu’avant, voire plus aujourd’hui. C’est que maintenant, je laisse le droit à mon amour de déborder vers demain, vers après-demain même. Comme un gage que tu seras encore là. Parce que, mon amour, tu es malade. Tu es malade et y’a rien qui peut te guérir.

On fait quoi quand la personne qu’on aime est malade? On fait quoi quand aucune pilule, aucune thérapie ou formule magique ne peut la sauver? Je me rappelle m’être dit que la vie était injuste. Qu’elle aurait pu t’épargner, après tout ce que tu avais déjà subi. Pourquoi il fallait encore que ça tombe sur toi?

Mais je pouvais pas te le dire, ça, il fallait que je reste forte pour toi, pour nous. Pour qu’au moins un de nous deux ne laisse pas le désespoir s’en prendre à notre petit bonheur tout doux. Il fallait qu’on se supporte et qu’on apprenne à coexister avec la maladie.

Alors maintenant, je t’accompagne à l’hôpital, les rendez-vous là-bas étant devenus chose courante. Je te tiens la main en attendant que l’infirmière vienne te chercher; le seul vrai moment où ta vulnérabilité se laisse aller. Je me lève la nuit pour apaiser ton sommeil agité et je t’embrasse doucement quand je sens l’angoisse habiter ton petit corps.

Il y a des jours où je me sens coupable. Je me sens coupable parce que je suis épuisée. Épuisée d’attendre les analyses du médecin, épuisée de te voir souffrir, de t’entendre dire que tu en as moins long à vivre que moi, que la vie doit vraiment t’en vouloir. Et le plus frustrant, c’est que tu puisses dire ces choses avec tant de nonchalance.

Mais il y a des jours, la plupart en fait, où les choses vont bien. Des jours où j’oublie. C’est comme si tu étais complètement guéri. Aucun rendez-vous en vue, aucun appel décevant ou mal-être qui laisserait penser que ton corps s’en prend à toi. La vie est belle et on peut se laisser aller à penser que le futur n’est peut-être pas si épeurant que ça finalement. Et on peut s’aimer aussi fort, voire plus qu’avant.

Mais le plus beau dans tout ça, c’est de te voir aller. C’est de te voir te lever le matin, tout couetté, mais débordant de courage. Tu es si beau à voir. Plein de vie et d’ambitions, refusant catégoriquement qu’un diagnostic ne te définisse. Parce que tu es tellement plus que ça. Tu es le battant, l’espoir, le vainqueur. Et moi qui disais que je devais être forte pour toi…

Alors on fait quoi quand la personne qu’on aime est malade?

Je crois qu’on ne peut que l’aimer, tout simplement. Oui, la maladie, la vie même nous présentera d’autres péripéties. Ça va fesser à certains moments, nous décourager, nous affaiblir probablement.

Mais depuis la nouvelle, chaque jour redéfinit l’infinité et chaque lendemain est rempli de plus d’amour et de lumière que la veille. Et je ne le remercierai jamais assez de si bien protéger notre petit bonheur tout doux.

Continuez votre lecture

Le grand amour, une deuxième fois?

Le grand amour, une deuxième fois?

Mon chum, c’était un divan

Mon chum, c’était un divan

Ève Landry -
Mon ex, celui avec qui je ne suis jamais sortie

Mon ex, celui avec qui je ne suis jamais sortie

Laurence Nguyen -
Survivre à la maladie… des autres

Survivre à la maladie… des autres

Stéphanie Allard -
Mon gros adjectif

Mon gros adjectif

Ève Landry -
Ne me parlez pas d’amour, je vous en prie

Ne me parlez pas d’amour, je vous en prie

Ève Landry -
Enfin libérée d’une relation toxique

Enfin libérée d’une relation toxique

Esther Armaignac -
Quand est-ce qu’on commence à se détester?

Quand est-ce qu’on commence à se détester?

Sarah-Jane Vocelle -
Je suis égoïstement heureuse

Je suis égoïstement heureuse

Laurence Nguyen -
10 preuves que tu es avec la bonne personne

10 preuves que tu es avec la bonne personne

Valerie Landry -
Tu n’es pas folle

Tu n’es pas folle

Valerie Landry -
Lettre à mon corps

Lettre à mon corps

Karine Boileau -
Au jour le jour, l’amour: les petites choses

Au jour le jour, l’amour: les petites choses

Tu m’as fait croire à l’amour, mais j’étais en enfer

Tu m’as fait croire à l’amour, mais j’étais en enfer

Cancer, tu es venu si tôt, si fort

Cancer, tu es venu si tôt, si fort

Alice Gaudreau -