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Pourquoi est-ce qu’on célèbre la fierté LGBTQ+?

Par Marilou LeBel Dupuis – le dans Chroniques
«Y’a pas de fierté hétérosexuelle, pourquoi est-ce qu’il devrait y avoir une fierté gaie?». Avec le mois de la fierté qui commence, c’est le moment de t’informer, ou alors de parfaire tes connaissances au cas où une personne de ton entourage te sortirait cette question-là.

J’avais déjà vu des gens en ligne poser la question, mais j’avoue que ça m’a pris par surprise quand une personne de mon entourage m’a sorti ça en live. C’était en août dernier, alors que j’allais assister à la parade de la fierté dans les rues de Montréal avec des ami.e.s.

Mon premier réflexe a été de mentionner le fait que l’hétérosexualité est vue comme la norme partout sur le globe. C’est l’orientation par défaut, celle qui provoque aucune surprise, aucune déception, aucun commentaire. Par contraste, on se rappelle que l’homosexualité est encore officiellement criminalisée dans soixante-et-onze pays et est passible de la peine capitale dans quatorze. Bien sûr, ça ne veut pas dire que les personnes LGBTQ+ ne sont pas discriminées dans d’autres pays, incluant chez nous.

Je participe donc aux festivités de Fierté Montréal par solidarité avec mes consœurs, confrères et confœurs qui ne peuvent pas vivre au grand jour sans peur, où qu’iels soient.

«Oui, mais au Canada…»

Parlons-en de la situation LGBTQ+ de chez nous. Ok, l’homosexualité a été décriminalisée il y a cinquante ans. Est-ce que ça veut dire qu’on a les mêmes privilèges que les hétéros? Nope. On a encore du chemin à faire pour l’acceptation de la diversité sexuelle et de genre dans notre société.

À l’heure actuelle, les adolescents queers sont quatre fois plus susceptibles d’avoir des pensées suicidaires. Pratiquement les deux tiers ne se sentent d’ailleurs pas en sécurité dans les couloirs de l’école.

Du côté des adultes, les personnes trans et bisexuelles sont surreprésentées parmi les Canadien.ne.s ayant de faibles revenus, avec la moitié des personnes trans gagnant moins de 15 000$ par année. Ce sont aussi les deux groupes les plus vulnérables sur un paquet de points: près d’une femme bisexuelle sur deux a été violée au cours de sa vie – une sur quatre vit de plus avec le trouble de stress post-traumatique.

Les bisexuel.le.s sont aussi plus à risque de souffrir de dépression, d’anxiété, de dépendances et d’autres problèmes de santé mentale que les hétéros, les lesbiennes et les gais. Cette situation est encore pire chez les personnes trans. Selon une étude ontarienne, les personnes trans disent d’ailleurs presque unanimement vivre de la transphobie de manière quotidienne.

Finalement, les personnes s’affichant publiquement avec un.e partenaire du même sexe savent qu’il est malheureusement encore courant de se faire dévisager ou harceler dans la rue. Est-ce ça, avoir les mêmes privilèges que les hétéros? Certainement pas. Comme je disais, il nous reste beaucoup à faire pour en arriver là.

La fierté LGBTQ+ pour visibiliser les luttes actuelles

Les célébrations de la fierté LGBTQ+ nous donnent l’occasion de nous retrouver parmi des gens de la communauté, mais aussi parmi une foule de personnes alliées. Ça veut dire pas de gars qui te catcall si tu tiens la main de ta blonde; pas de risque de te faire tabasser pour ton orientation sexuelle ou ton identité de genre; pas d’intimidation, pas d’homophobie et théoriquement pas de transphobie ni de biphobie. En d’autres mots, un safe space pour célébrer toute notre diversité, notre résilience et notre courage à s’afficher dans un monde hétéronormatif.

Cet espace est idéal pour visibiliser des enjeux spécifiques à la communauté LGBTQ+, mais pas seulement. Les personnes queers se déclinant en toutes sortes d’êtres humains, plusieurs sont à l’intersectionnalité de différentes identités également aux prises avec leurs propres enjeux. C’est ainsi que la traditionnelle parade a déjà servi à visibiliser le mouvement Black Lives Matter, la crise migratoire du Moyen-Orient, les travailleuses du sexe, les luttes féministes et j’en passe. Gageons que cette année, l’avortement s’invitera dans le défilé puisque le droit à l’avortement est aussi un droit queer.

Sur une touche un peu plus personnelle, les célébrations de la fierté LGBTQ+ me laissent toujours avec la ferme certitude qu’un monde meilleur est possible. Juste pour que tu saches, c’est pas mon état d’esprit de tous les jours. Mais être parmi une foule de gens liés par le drapeau arc-en-ciel, voir l’amour et l’acceptation de soi se décliner en une multitude, ça me fait cet effet-là.

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Crédit photo: Brett Sayles | Pexels

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Marilou LeBel Dupuis

Marilou est une bachelière en éducation qui fait tout sauf enseigner au Québec. Ses amies, écrire, voyager et le Red Bull aux bleuets la rendent heureuse