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Y’a tu de la place pour moi?

Par Nerds – le dans Carrière, Santé

Bébé, enfant, adolescent, adulte. Bambin, élève, étudiant, travailleur. 

J’suis rendu là, moi?

Est-ce que je pourrais quand même passer les six prochains mois sans travailler, après avoir fini des études universitaires qui ne m’apportent rien?

J’aimerais bien mettre la faute de mon désespoir sur les épaules de l’austérité sans que vous commenciez à me faire sentir coupable de me trouver des excuses au lieu de me prendre en main. Sans que vous me traitiez de bébé gâté né après 1990. Je le sais déjà que je suis enfant roi.

Je peux-tu passer mes journées à rêver, à jouer de la guitare et à écrire des textes pour un webzine étudiant sans me sentir mal de ne pas gagner d’argent? Sans avoir l’impression que mon plan de carrière me glisse entre les mains?

Ah, oups! J’ai oublié. Je n’ai pas de plan de carrière. Mieux que ça : je n’ai pas de carrière.

Est-ce que je peux ne pas en avoir sans que vous soyez tous là à me poser des questions banales (dont vous ne retiendrez pas les réponses, de toute façon) : «Pis Sébass, t’es rendu où, qu’est-ce que tu fais de bon? As-tu fini tes cours là déjà? Ah ouin un bacc et un certificat? Oh câline ça te fait une belle formation ça. Puis qu’est-ce que tu vas faire après?»

J’ai tellement envie de répondre : «rien pantoute», juste pour mettre un terme à la conversation.

Disons-le autrement; j’en ai assez que vous me sentiez le derrière comme des chiens pour savoir ce que je fais et ce que je deviens.

Je m’en vais tout simplement nulle part et je n’ai pas envie de vous partager ma destination.

J’ai juste envie de me laisser fondre tranquillement, me laisser couler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de stress, plus de recherche de la réussite qui me rend fou. J’ai envie de pouvoir couler en paix, en mode sans échec.

source : jobbrander.com
Source : jobbrander.com

Me suivez-vous?

J’espère que non parce que je ne m’en vais nulle part, je l’ai déjà dit. Un peu comme les 2805 nouveaux BS de 18 à 25 ans qui ont eu besoin d’une aide financière de dernier recours en 2015. C’est une hausse de 12,2 % en un an seulement. C’est drôle, mais ça m’amène à croire que l’austérité y est pour quelque chose. En tout cas, j’aimerais bien que ce soit le cas, ça me donnerait raison.

Et de toute façon, qu’est-ce que ça peut bien faire?

Qu’est-ce que ça peut me donner d’avoir une centaine de contacts LinkedIn si la dernière chose que je veux c’est courir après de l’argent pour me donner l’impression d’être heureux d’en avoir de plus en plus? Qu’est-ce que ça me donne si les contacts LinkedIn qui pourraient potentiellement me donner une job dans mon domaine ont la tête grise et ne recherchent que des têtes grises. Pourquoi est-ce que je cours encore?

Quatre années d’université en sciences sociales pour me retrouver avec absolument rien devant moi, c’est lourd. Ça ne donne pas envie. Pas envie de devenir quelqu’un. Ça me donne plus envie de partir. Voyager à travers le monde à longueur d’année, lire des histoires tous les jours et vivre dans un monde imaginaire où les aiguilles de l’horloge font le tour aléatoirement selon mon humeur.

Même si ce n’est pas comme ça que marche la vie. Même s’il faut payer son pain, s’il faut mériter sa place. Je voudrais être partout ailleurs sauf là où on doit vivre avec toutes ces contraintes d’adulte qui nous obligent toujours à en faire un peu plus que ce qu’on aurait voulu. Mais il faut, je sais.

J’ai beau m’en plaindre, mais, au fond, je sais que je suis prêt pour ça. Je suis prêt à prendre ma place. J’attends juste qu’on m’invite. J’attends juste qu’on me dise : «pas d’années d’expérience requises». Je pense que bien des jeunes savent de quoi je parle. Ces jeunes qui sont nés entre 1989 et 1997, accompagnés de l’allocation à la naissance qui donnait un chèque de 4500 $ pour un troisième enfant. Nés dans un petit baby rush du début des années 90s, nous sommes présentement en guerre ouverte pour tous les postes «juniors» disponibles. Ça ne laisse pas beaucoup de place au jeune moyen qui n’a pas gagné la dictée PGL ou génie en herbe en secondaire 3.

Bref, rebuté à maintes reprises par des gestionnaires au crâne dégarni ou décoloré qui ne voient que l’enfant incapable en moi, je suis rendu à réellement me demander où est ma place dans la société? La seule réponse que je vois, c’est sur les bancs d’école ou devant mon ordi, à rater ma vie tranquillement sur Facebook et à renifler électroniquement le derrière de mes ex-camarades de classe qui sont un peu dans la même situation que moi; pas optimistes du tout en leur avenir.

Alors quand vous lirez ma lettre de motivation, vous risquez bien de vous rendre compte que je ne suis plus motivé. Je l’écris mécaniquement et sans espoir. Je vous demande du travail, mais ce que je veux, c’est un emploi. Un emploi qui me fasse sentir que je suis à ma place.

Par Sébastien Verret
Collaborateur spontané

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