C’est correct de ne pas avoir tout lu

La lecture fait partie intégrante de ma vie. Pour moi, c’est une façon de voyager à petit prix tout en restant dans le confort de mon appartement parce que je n’ai pas accumulé assez de semaines de vacances pour partir au loin. Je lis pour le plaisir, pour parfaire ma culture générale et, le plus important, pour name-dropper des auteurs en vogue dans des soirées mondaines en dégustant des petits fours. Je vous laisse le soin de juger de la véracité du précédent énoncé.

Il y a cependant quelque chose qui vient troubler mon expérience et qui ébranle ma confiance en soi en tant que lectrice. Je parle des fameuses listes qui nous dictent les livres qu’il faudrait avoir lus avant un certain âge. Lorsque je tombe sur ce genre de listes, je suis prise de vertiges. Elles me rappellent que je suis à l’aube d’être trentenaire, ce qui est déjà angoissant en soi. Mais le comble, c’est que j’en viens à me définir par les livres que je n’ai pas lus, plutôt que par les ouvrages qui ont touché mes doigts et mon coeur. Anxiété de performance? Peut-être. Blessure narcissique? Probablement.

Je comprends que ce genre de listes peut être utile lorsqu’on est en manque d’inspiration et que c’est un outil pratique pour les gens qui veulent parfaire leur culture littéraire. Par contre, plusieurs raisons font en sorte que certaines d’entre nous n’ont pas nécessairement lu les grands classiques de la littérature. De ce fait, lorsque j’étais à l’université, après ma millième lecture obligatoire, je n’étais pas nécessairement portée à me tourner vers le plus récent Marcel Proust pour m’aérer le cerveau.

 

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S’ajoute aussi la pression de ne lire que des oeuvres édifiantes intellectuellement. Ce qui peut nous pousser à avoir honte de lire des trucs plus légers, comme la chicklit. Comme s’il y avait une hiérarchie des genres littéraires. Comme si le fait de préférer les grands classiques conférait une supériorité à ceux qui en lisent. Honte à celles qui daignent poser leurs yeux sur des ouvrages insipides mettant en vedette une héroïne dans la mi-vingtaine en peine d’amour et ayant pour quête le fait de trouver la bonne personne pour elle! Pardonnez-moi, mais j’aime croire que la lecture doit en premier lieu nous faire du bien. Et si ce dont j’ai  besoin en ce moment, c’est de lire de la chicklit, personne ne peut me shamer pour ça.

Pour ma part, j’ai terminé d’avoir honte de certaines de mes lectures et de les désigner comme des plaisirs coupables. Je n’ai plus envie d’adhérer à cette mentalité élitiste. Peu de gens peuvent se targuer d’être des écrivains. Et un livre représente des tonnes d’heures de travail, de créativité et de discipline. Par respect pour les auteurs de ce monde, je n’aurai plus honte de mon attrait pour des lectures plus légères. Parce qu’elles sont aussi importantes. Et elles me font du bien.

Sincèrement, c’est vraiment correct de ne pas tout avoir lu. C’est correct aussi de ne pas lire du tout, si ce n’est pas votre tasse de thé. Vous n’êtes pas un humain moins valable pour autant.

 

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Commentaires

Josiane Ménard Grande sensible, Josiane est rarement aperçue sans un livre ou une tasse de thé à la main. Elle fonce dans la vie en riant juste un peu trop fort.