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Depuis quand on manque de temps?

Par Karine Boileau – le dans Psycho

Depuis quand on manque de temps?

Le plus grand rêve de l’homme est certainement de pouvoir faire ce qu’il veut quand il veut. C’est pour ça qu’on aspire à être millionaire, qu’on s’imagine des histoires de génie à trois souhaits et qu’on rêve constamment à notre prochaine semaine de vacances.

Imaginez pouvoir vous réveiller sans cadran tous les jours de votre vie et avec en prime, un horaire déchargé de tous rendez-vous. Je fabule juste à y penser. Pour moi, c’est clair: après m’être délicatement tirée du lit, je m’adonnerais à une séance d’étirements et de yoga des plus joviales à laquelle j’ajouterais un trente minutes de jogging matinal. Une fois mon esprit ravitaillé et mon corps revitalisé, je m’attellerais à la cuisine pour préparer un petit déjeuner nourrissant: smoothie bowl aux bleuets avec baies de gojis, noix de Grenoble et flocons d’épeautre ou omelette aux légumes avec sauce piquante et avocats sur le side! Je m’assurerais que mon repas soit aussi beau que délicieux parce que ça me rend heureuse de manger avec mes yeux.

Après avoir savouré mon copieux déjeuner, je construirais mon horaire en fonction de ce que j’aurais vraiment envie de faire. Une balade en vélo sur le bord du canal? Des colleux en amoureux? Recevoir des amis à souper? Lire dans mon hamac?

C’est fou parce qu’en réalité, on devrait pouvoir sentir qu’on a vraiment toute cette liberté. Les cadres, les responsabilités, d’une certaine façon, c’est nous qui nous les imposons.

La vérité, c’est que le temps est notre plus grande richesse et qu’on l’oublie trop souvent. Combien de minutes est-ce qu’on perd à flâner sur les médias sociaux, à zapper de chaîne en chaîne ou à s’enfiler des séries de moindre qualité juste par habitude ou parce qu’on cherche à se désennuyer? On peut s’amuser avec un petit calcul simplet ici pour s’amener à réfléchir: pensez-y, 30 minutes par jour multiplié par 365… On se retrouve avec 182 heures, soit une SEMAINE entière! C’est l’équivalent d’une formule tout inclus à Varadero à scroller sur un écran de smartphone! C’est fou pareil!

On se fait des listes interminables de tâches à accomplir avant de s’autoriser une petite pause, et avant même qu’on ait vu la fin de ladite liste, on la renfloue de plus belle avec de nouvelles obligations. Factures à payer, tâches domestiques, projets de rénovation, name it. Il y a toujours de quoi à faire!

Le problème, c’est que quand on oublie de le faire avec le sourire, par bonheur, on devient lourd et on se retrouve lassé. On devient facilement désemparé devant la montagne de choses à faire et on le fait en bougonnant ou en se stressant avec des plages horaires impossibles à respecter. On s’organise un itinéraire fonctionnel à multitronçons où tous les arrêts mis ensemble dépassent le nombre d’heures dans une journée.

 

On a tendance à se bombarder de «il faut que» ou de «je dois» quand en réalité on devrait se demander: «Ai-je envie de faire ça?» et si non, quelles seront les conséquences de ma décision? Par exemple: je ne suis pas une grande fan de faire la vaisselle (qui l’est?). Dans ma tête, passer 25 minutes à frotter des restants de souper dans une eau tiède où il n’y a jamais assez de savon, c’est loin d’être une partie de plaisir. Mais, si je ne le fais pas, suis-je prête à vivre dans le bordel de ma cuisine où s’empile un tas d’assiettes sales qui feraient de l’ombre à la tour de Pise? Pas vraiment!

Alors l’idée, c’est de CHOISIR ce qu’on préfère pour prendre des décisions éclairées qui nous satisfont et qui coïncident avec nos besoins. Dans ce mindset, je vais donc, à la suite d’une superbe soirée arrosée entre amis, mettre une playlist indie pop et nettoyer mes assiettes une à une en sirotant un dernier verre de vin rouge. Oui, ça monopolise un certain bloc de temps, mais au final je serai heureuse et en paix avec le résultat d’une belle cuisine qui shine de propreté.

Je pense que quand on vient à maîtriser cette conception du devoir versus du vouloir, on se rapproche pas mal du bonheur. Je ne m’entraîne pas parce qu’il le faut, je fais un 5 km de course parce que j’ai envie de ressentir les bienfaits de l’exercice physique sur mon corps et mon mental. Je décide de me rendre à mon lieu de travail, pas parce que j’y suis obligée, mais parce que je préfère y être et continuer d’y travailler plutôt que de perdre un emploi aussi génial qui me donne tellement de belles opportunités.

Dans la vie, c’est primordial de déterminer et d’établir ses propres priorités et les honorer plus souvent qu’autrement. Il faut être confiant de ce qui est bon pour soi, pas pour ses parents, son chum ou ses amis d’amour! Il faut s’écouter et se faire plaisir. Il faut se respecter et se concentrer sur ce qui nous fait du bien et qui nous allume vraiment. Il faut savoir se laisser bercer par l’improviste et les envies soudaines tout en se laissant guider par l’intuition. Après tout, on n’a vraiment qu’une seule vie à vivre!

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