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Dire «Oui, je le veux» en 2016

Par Marika Guilbeault-Brissette – le dans Opinion, Sexe, Société
Dans les murmures des plus âgés, nous entendons souvent que nous, les enfants du millénaire, ne savons pas aimer.

Avides de changements et constamment insatisfaits, nous ne pouvons apparemment pas demeurer avec une seule et même personne pendant toute une vie. Selon la rumeur, nous sommes nés sans le gène qui permet d’être patient et absent des capacités qui valorisent le travail pour le résultat. C’est connu, on veut avoir tout cru dans le bec sans même lever la patte pour l’obtenir. Évidemment, tout cela n’est que clichés et préjugés qui circulent entre les appareils auditifs et les partiels de nos parents et grands-parents. Dans l’optique où les 40-60 détiennent la vérité absolue, le mariage ne devrait plus être en 2016. Et pourtant…

J’ai jamais cru que je me marierais un jour. Pas que je ne crois pas à la monogamie, mais j’ai toujours eu pour mon dire qu’on ne fait pas de cérémonie pour affirmer nos amitiés et que le fait de se savoir amoureux est bien suffisant. En plus, quelle dépense inutile pour montrer aux gens quelque chose qu’ils peuvent voir tous les jours totalement gratuitement.

C’est aussi le concept en général qui m’irrite: les robes souvent laides qu’on fait porter aux demoiselles d’honneur qui terminent à peine de glousser de leur bachelorette au 281, les jeux ridicules de jarretelles et de boissons qui n’amusent que les mononcles qui font leur sortie de trois mois en venant boire sans payer au bar open et le pire de tout… la musique d’un DJ qui vient arrondir sa fin de mois en faisant renaître les succès de la Compagnie Créole. Un mélange de tout ce bel amalgame dans ma tête et d’un goût de vomi dans ma bouche me faisait affirmer que le mariage ce n’était pas pour moi. Et pourtant…

tumblr_oedb5wymti1sdepleo1_500Crédit: Tumblr

Jusqu’à ce qu’il fasse irruption dans ma vie. Évidemment.

Puis que je comprenne des choses. Puis que ma vision change. Puis que j’adopte la position du «nous deux». Sans penser à ce qu’ils vont penser, eux, les autres. Et ce dont je suis particulièrement fière c’est que c’est vous, les enfants du millénaire qui m’avez permis d’accéder à une telle vérité. Bon ok, vous et l’être le plus génial de l’univers, le seul et unique géant de mon coeur. Parce que je pense, non, je vois, que nous avons révolutionné le rite du mariage. Nous lui avons redonné toutes ses lettres de noblesse dans son apport symbolique. J’en fus donc convaincue.

En 2016, dire «Oui, je le veux», c’est beaucoup, beaucoup de possibilités. Ça peut être un célébrant déguisé en Darth Vader qui marie une princesse Leia et un Han Solo sur la musique du légendaire John Williams. Ça peut être un mariage surprise où les invités ne sont pas présents lors de la cérémonie. Ça peut même être un mariage à 4000 pieds dans le vide. Cette belle panoplie de possibles montre à quel point il est important pour nous d’avoir un mariage qui nous ressemble et qui, par le fait même, nous rassemble. En ce sens où, nous ne le faisons pas pour la convention. Pas parce que c’est la chose à faire, l’étape à accomplir. Mariage, maison, bébé: non. C’est surtout parce qu’on y trouve une signification qui nous est propre. Dans l’union de notre être à cet autre être, on y trouve un signifiant qui vient combler le manque qui nous habitait.

pexels-photo-25818-largeCrédit: Pexels

En mon sens, ce qui comptera le plus ce jour-là (puis tsé, ça ne sera peut-être pas le plus important de ma vie by the way), c’est lui. Ce qui m’importera, c’est de voir son visage réagir à la lecture de mes voeux, c’est de danser avec son grand corps sur la chanson de Tom Waits que nous avons choisi d’un commun accord une journée de pluie dans un stationnement, c’est de faire un potluck dans une grange avec tous les gens qui nous aiment et qui nous comprennent autant dans notre relation que dans notre individualité. Puis, dans mon petit péché égoïste, c’est de porter une robe vintage dans laquelle il ne m’a jamais trouvée aussi resplendissante.

Et de cette façon, on vient démentir tout ce que les baby-boomers tentent de nous faire croire. On sait profiter des petites choses de la vie. La preuve c’est que les mariages en 2016 en sont principalement constitués. Nous ne sommes plus dans le spectaculaire mariage à 20 000$. Nous ne sommes plus dans le «je dois faire plaisir à papa et à maman».

Les plus vieux disent souvent qu’on pense juste à nous. Cette fois-ci, je leur donne raison puisque lorsque le moment arrive de montrer ce que cache notre âme, nous le faisons pour nous et pour personne d’autre. Puis, en 2016, on peut vraiment se le permettre.

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