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Je suis bizarre et c’est quelque chose que j’assume totalement

Par Marie-Pier Hamon – le dans Chroniques
C'est vrai qu'au fond j'étais bizarre. Si j'étais avec un groupe d'amies dans un bar et qu'un gars venait me cruiser avec du bon gros small talk, j'avais tendance à le dévisager, puis à le laisser seul avec sa discussion «vide» et sa pinte de bière, sans cérémonie.

Quand j’étais ados, je n’étais pas celle qui était la plus populaire de mon école, loin de là. Il y avait la gang des cools, ceux et celles qui portaient du Baby Phat (tu t’en souviens probablement si tu es née en 90) ou des marques de skateboard, et les autres. Moi, je faisais plus partie des anticonformistes et des gens un peu socialement bizarres, bref, de ceux et celles pour qui le moule convenait juste pas.

Pas que ça me dérangeait, mais j’ai rapidement compris que je serais pas celle qui aurait 1000 amis ou qui se tiendrait dans les endroits considérés comme étant les plus à la mode, le téléphone près à prendre tout ce qui bouge en stories telle une bonne influenceuse (quoique, à l’époque, Instagram existait pas, hein!). Le statut de Miss Popularité, très peu pour moi!

Avec les années, je suis pas devenue plus hot, du moins, selon les standards établis par la société. J’ai aussi commencé à questionner ces standards-là et à tenter de les comprendre: «Le bonheur, est-ce que ça se résume juste à un mariage, des enfants, un chien, une maison et une pelouse plus verte que celle du voisin? Si je veux manger mon dessert avant mon repas, est-ce que j’ai le droit ou je vais nuire à mon karma? La job parfaite, est-ce que c’est celle qui vient avec un salaire annuel à 5 chiffres et des assurances collectives aussi excitantes que l’émission La Poule aux œufs d’or? La beauté, est-ce que c’est un mélange de Taylor Switf et d’Eugénie Bouchard?» Plus je pensais, moins j’avais envie de me conformer et d’intégrer un mode de vie considéré comme normal (et plate). Parce que ma normalité correspondait tout simplement pas à celle des autres.

Livre
Radu Florin | Pexels

Un moment donné, j’avais envoyé une blague par texto à un gars que je datais depuis 5 semaines. Il m’a répondu: «Coudonc! T’es ben bizarre, toi!» Rien pour remonter l’estime de soi ou me faire sentir super désirable, mettons. Pour me consoler, je me suis dit que c’était pas du boyfriend material (t’sais quand le gars te dit littéralement: «Mes prochaines dispos? Attends, je vais regarder dans mon calendrier de babes!»). Je me suis donc sentie beaucoup plus à l’aise avec mes jokes poches et ma propension à agir de manière awkward 99,9% du temps. J’ai ri toute seule à ma blague et j’ai supprimé son numéro.

C’est vrai qu’au fond j’étais bizarre. Si j’étais avec un groupe d’amies dans un bar et qu’un gars venait me cruiser avec du bon gros small talk, j’avais tendance à le dévisager, puis à le laisser seul avec sa discussion «vide» et sa pinte de bière, sans cérémonie.

iPhone
Thom | Unsplash

Mes collègues avaient donc aussi tendance à me dire que j’étais bizarre ou awkward. Après tout, j’étais arrivée à mon entrevue avec un t-shirt de pigeon et je ponctuais mon arrivée matinale des histoires les plus abracadabrantes qui m’arrivaient. Si au début ça me dérangeait, j’ai fini par assumer pleinement cette différence-là qui ajoute un peu de couleur aux murs trop blancs de notre bureau. Comme dirait Katy Perry: «Baby you’re a firework, Come on let your colors burst»!

 

Par conséquent, si toi aussi tu sens parfois que tu es trop bizarre ou anticonformiste, dis-toi que ça en prend des personnes comme toi. «Si t’existait pas, faudrait qu’on t’invente!» (phrase citée de ma collègue) et avec raison, parce que ce sont souvent les personnes comme toi qui sont les plus créatives!


Crédit photo couverture: Alisson Souto | Pexels

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Marie-Pier Hamon

Journaliste de formation, Marie-Pier se passionne pour la rédaction d’articles culturels, de divertissement et la recherche de contenu. Toujours un peu en train d’écouter de la musique, elle écrit probablement plus de mots dans une journée qu’elle n’en dit.