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J’ai vraiment essayé d’y croire

Par Éliza Lafond – le dans Sexe
J’ai swipé. Je ne le dis pas souvent et encore moins à haute voix parce que c’est un peu honteux d’avoir succombé à la tentation; celle qui te fait croire que de nos jours c’est fichu de rencontrer quelqu'un, que tout ce qui reste pour te caser, c’est de magasiner.
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Je n’assume pas encore d’avoir perdu espoir. J’ai laissé tomber la petite lumière en moi qui se racontait toujours la même histoire avant de s’endormir, tard le soir. Celle qui réside plus souvent dans mes rêves qu’à travers la réalité de cette société dans laquelle je suis coincée.

J’ai abandonné cette idée de spontanément rencontrer quelqu’un; je l’ai troquée pour un abonnement de fin de soirée. J’ai été faible de m’incliner devant la tentation sur une simple impulsion de la solitude qui me hante quelque peu parfois.

Après un mois de discussion, je donnais rendez-vous à ma première «Tinder date» pour finalement laisser le gars bredouille en reportant la date de notre rencontre plus loin chaque fois. Je n’assumais pas de m’être rendue là. Je voulais le rencontrer et la minute d’après je ne voulais pas. J’ai le cœur bipolaire trop souvent, mais ça, c’est une autre histoire.

Malgré nos nombreux rendez-vous manqués, il ne s’était pas éclipsé. La reine des interprétations en moi n’a pu s’empêcher de penser que ce n’était peut-être pas pour rien.

Deux becs timides, une draft de son parfum et un bonjour plus tard, je me retrouvais assise devant lui à parler de ma vie. Du sarcasme entre nos lignes, des sourires prononcés, des regards qui ne se connaissent pas encore, mais qui ne demandent que de se comprendre, des allusions à nos conversations, des comparaisons de notre mode de vie cachées dans nos pensées… Rien de plus simple que du temps qu’on a emprunté pour savoir si ça pouvait fonctionner.

Il souriait autant que moi. Et moi, il faut dire que j’en avais mal aux joues souvent. Aucun malaise qui te crie de te pousser rapidement, ni de trop grands feux d’artifice qui grouillent en dedans. Lui, il avait compris le parfait dosage pour que l’envie de le revoir me chatouille l’esprit.

J’me suis dit que Tinder avait peut-être du bon après tout, que des garçons qui savent bien faire leur conjugaison existaient aussi sur cette application, que ce n’était pas juste des p’tits cons en manque de sexe qui swipent assis sur le divan de leur salon. Je l’ai laissé entrer dans ma vie aussi vite qu’en dessous de mes draps avec des mots doux qui collent au cœur, habillés en promesses qui font frémir.

Pour finalement qu’il choke notre aventure en se poussant avec l’explication d’une histoire pas terminée qui le ramène trop souvent dans le passé. Rien de plus qu’un long paragraphe bien orthographié, une syntaxe parfaite avec des mots qu’il a pris le temps de choisir pour bien se désister. Je n’sais pas pourquoi il s’est forcé pour me flusher, mais j’m’en serais bien passé.

Prévisible, me dira-t-on. Clairement la dernière fois, ce sera. Fini les rendez-vous mécaniques à se lancer des adieux avant même d’avoir vaguement prononcé un bonjour. J’préfère encore rêver que de me rabaisser à cette réalité.

Je vais retourner à mes rêves, à cette histoire que je prends plaisir à me raconter chaque soir. Celle où il y a le son du drum qui te rentre dedans, le son de la guitare et la petite valse qui te prend simultanément, la salle pleine à craquer qui s’époumone à crier les paroles du band qui se donne devant toi.

Le jeu des lumières qui t’étourdit juste de la bonne façon, le verre que tu tiens dans ta main gauche parce que ta droite est trop occupée à se faire aller dans les airs, les yeux qui te ferment à chaque fois que tu ressens trop profondément les paroles de la chanson qui te vire le cœur à l’envers.

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Tes talons hauts qui écrasent les verres vides qui ont été jetés par terre par des gens devant qui ne se pouvaient plus de voir leur liberté confinée par un verre vide entre les doigts. L’épaule d’un gars qui te rentre dedans, un regard; le frisson sur tout ton corps. L’immobilité, la musique que tu n’entends plus, tes yeux qui retrouvent le sol aussi rapidement qu’ils retournent se blottir dans son regard. Le désir qui se sent entre lui et toi, les applaudissements qui vous ramènent à ce qui passe devant, un fou rire qui te prend par en dedans.

Une soirée que vous passez ensemble sans un mot prononcé, dans un état d’esprit que tu ne veux pas quitter. Un numéro de téléphone glissé entre deux accords. Rougir, sourire. Partir. Vouloir le revoir. Attendre son appel. S’impatienter. Ta sonnerie de cellulaire qui se fait aller; ton cœur qui flanche à l’idée de décrocher. Sa voix que tu découvres. Raccrocher. Capoter par en dedans pis finalement de tout ton corps…

Je veux ça comme histoire.

Alors, Tinder j’te dis adieu; fini le magasinage, j’ai un show à aller voir.

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