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J’ai d’autres qualités : Je t’ai vu avec ta nouvelle blonde

Par Ève Landry – le dans Chroniques

Hier soir, je suis sortie. En soi c’est pas quelque chose de spécial, je sais bien. On s’en doute: toutes les anecdotes commencent par «hier soir, je suis sortie». C’est un peu vrai que je sors trop, ma mère me le répète chaque fois que je vais souper chez elle avec mes cernes sous les yeux. T’en fais pas mom, ma fatigue vient de mes cinq cours d’Université et pas de mes shooters de SourPuss.

De toute façon, c’est pas de mon amour pour l’alcool fort et la mauvaise musique pop dont il est question aujourd’hui. Non. C’est qu’hier, moi, la grande folle, j’ai décidé d’enfiler mon coton ouaté pis mes talons hauts (moitié-chic, moitié-je-sors-dans-un-bar-vide-de-Rosemont-pas-besoin-de-me-mettre-belle-anyways) et de m’en aller prendre un verre. Tranquille.

Pour décrocher de la mi-session qui me rentre dedans comme une pelle mécanique en furie. Pour oublier que j’ai pas appelé mon père depuis un bout, sauf pour lui demander de me lifter au Costco (s’cuse papa, je t’aime).

J’ai mis les pieds en dehors de ma tanière pour une belle grosse gang de raisons bien diversifiées qui n’incluaient pas de croiser mon ex ce soir-là.

En toute humilité, je pense que je rentre dans la catégorie ambiguë, un peu conne, des «filles fortes». Entre autres parce que je suis capable de charrier deux caisses de 24 (en même temps), mais, surtout, parce que j’capable d’en prendre beaucoup. Je me garde les émotions par en dedans, ça fait que les gens me répètent que je suis «forte». En passant, la gang, arrêtez d’encourager le monde à se compresser les émotions par en dedans. Nos sentiments sont pas faits pour être empaquetés dans nos cœurs comme du champagne dans une bouteille. Ça finit par t’exploser dans la face.

Fait que ma grosse peine d’amour qui incluait une redistribution compliquée des meubles et un cédage de bail sur Kijiji, je l’ai pris en silence dans mon cœur.

Okay, pas tout à fait.

Y’a eu un long moment bruyant. Un bout où j’ai viré folle à lier parce que «je pouvais dont pas comprendre que tu me crisse là, on s’aime, on est parfait, notre cuisine est belle, reviens». J’ai appelé, texté, stalké longtemps. J’ai voulu qu’y revienne. J’ai braillé, crié, ressassé des vieilles histoires encore et encore jusqu’à ce que mes amies me rentrent dedans, armées de mes 4 vérités. Sur celle-là, j’ai pas été forte pour deux cennes.

J’ai été 100% dégueu.

Ma bouteille de champagne d’émotions a explosé en se déversant sur toi.

Je m’en excuse à toi. Qui m’a subie sans pouvoir y changer grand-chose. Qui m’a reçue encore et encore comme un réveil matin incessant qui aurait dû être fermé – c’est dimanche, man. J’ai été rushante pis lourde pis la pire des ex, le tout réuni. Celle qui donnerait naissance à un meme, un GIF pis un shitload d’histoires que tu te racontes en riant autour d’une bouteille de vin parce que «mon ex, c’est une folle».

C’est un peu vrai.

Toute ça pour te dire, l’autre soir, je suis sortie en coton ouaté et en jogging lousse, dans un bar de quartier, pour passer une soirée tranquille. J’avais pas prévu de te croiser, j’avais surtout pas prévu de croiser ta nouvelle blonde. Elle a l’air smatt. Sache que ça m’en prend beaucoup pour pouvoir dire ça, parce que j’ai été l’ex qui a mal. L’ex qui a bitché le Facebook de ta nouvelle blonde avec ses amies sur un moyen temps. J’ai été l’ex qui avait 4 ans du cœur.

Sauf que je l’ai vu dans tes yeux que tu l’aimais comme un fou. Dans le bon sens du terme, cette fois-là. J’ai entendu les rires qu’elle provoque chez toi, les rires doux, les rires francs, les rires d’amour qui va durer longtemps. Les mains qui se tiennent fermement pour affronter le monde.

Je suis certaine que votre cuisine est belle.

On s’est pas parlé. Je sais pas si tu as remarqué que la fille assise au bar, tout seule, habillée en chic-pyjama, c’était moi. Peut-être, peut-être pas. On s’est pas parlé. C’est sûrement mieux comme ça. Même si mon cœur a grandi depuis, qu’il a appris à se gérer l’ennui, ça m’arrive encore de feeler tout croche quand je te croise à l’arrêt de bus.

Je sais pas comment j’aurais réagi devant vous et votre bonheur. J’aurais recommencé à me comprimer les émotions dans mon petit intérieur déjà loadé. Je me serais arrangée pour avoir l’air «forte». Au mieux, j’aurais été malaisante. J’suis malaisante souvent. Ça a un quelque chose de touchant. Juste pas quand t’es en coton ouaté laitte.

Je suis loin d’être la meilleure ex au monde, mais c’correct, j’ai d’autres qualités.

On s’est pas parlé, mais sache que je suis contente de te voir heureux avec une autre.

Pour vrai.

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