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Je me suis forcée à rien dire de méchant pendant 40 jours

Par Émilie Tourangeau – le dans Psycho, Société
Ça fait qu'il y a 40 jours, on m'a lancé un défi. Le genre de «t'es pas game» que t'acceptes qui ressemble à une fausse bonne idée. Y'a 40 jours, on m'a dit: «Qu'est-ce que t'en penserais de passer 40 jours sans être méchante?». N'étant pas reconnue pour être particulièrement méchante, je me suis dit «why not», ça sera pas si dur. 

Ça fait que le lendemain, je me suis préparée à réaliser mon défi en me faisant une petite liste de ce que j’avais pas le droit de faire:

  1. Être sarcastique
  2. Faire du bitch talk
  3. Potiner
  4. Juger
  5. Rouler des yeux et autres gestes corporels rudes
  6. Chialer/me plaindre

Déjà là, ma confiance en la faisabilité de la chose venait de descendre subitement, mais en faisant mes recherches, j’avais entendu dire que c’était une expérience life-changing, il fallait que j’y arrive. Lol. Des fois je me demande d’où ça sort ces boosts de confiance-là.

Bref. Pendant 40 jours, je devais parler de façon medium-soft. Ce que ça veut dire, c’est que je devais m’abstenir de dire des choses négatives et surtout inutilement négatives (voir les éléments de la liste ci-haut). Je devais aussi noter chaque fois dans la journée où j’échouais pour voir si je m’améliorais au fil du temps. Le but, c’est de se libérer du négatif et d’être un meilleur humain. Ce à quoi personne ne peut franchement s’opposer.

Ça faisait pas trois jours que j’avais commencé que je me sentais un peu plus petite dans mes shorts. Je faisais bien la fière en disant que j’étais gentille jusqu’à temps que je me rende compte qu’au fond, j’étais pas si sweet que ça. Comme pas mal d’entre nous d’ailleurs.

meanJar of quotes

Être méchant, ça prend BEAUCOUP plus de place dans nos journées qu’on le pense. À force de noter tout ce que tu dis qui entre dans cette catégorie, tu deviens un peu plus conscient de ta propre négativité, mais aussi de celle des gens qui t’entourent. On utilise le sarcasme pour faire rire les autres, on juge pour faire partie de la gang, on potine pour se désennuyer. La méchanceté, c’est plate à dire, mais ça fait carrément partie de notre vie sociale. Quand tu peux pas être méchant et que tu te retrouves à faire du small talk avec quelqu’un qui utilise un de ces mécanismes et que tu lui sors une réplique neutre, ça coupe la conversation assez vite, crois-moi. Je me suis rendu compte à quel point on parle beaucoup, mais surtout à quel point on parle pour rien dire.

gossipPsychology Today

Ça rend insécure, devoir être gentil. J’avais peur que les gens ne m’aiment plus autant. J’aime ça avoir des infos que personne d’autre a pis les partager. Là, je voyais les visages de ceux qui m’en demandaient quand je leur répondais que je pouvais rien dire, on aurait dit des enfants qui venaient de recevoir des oranges pour Noël. Être «négatif», c’est aussi quelque chose qui fait partie de notre identité. C’est quelque chose que les gens apprécient chez nous parce que ça les amuse, ça les fait sentir mieux et plus à l’aise de l’être eux aussi à leur tour. S’empêcher d’être méchant, ça nous permet de montrer d’autres côtés de notre personnalité et de rendre les gens qui nous entourent plus positifs d’une certaine façon. On les force à trouver d’autres sujets de conversation, à éviter les discussions futiles. Pis ils nous aiment toujours au final, peut-être un peu plus même, parce qu’ils nous parlent/écoutent pour qui on est, pas juste parce qu’on les divertit.

judge

J’ai eu des hauts et des bas. On ne se le cachera pas, être gentil tout le temps, c’est épuisant et surtout impossible (sauf peut-être si t’es un moine bouddhiste). Chialer, c’est humain pis ça fait du bien. Juger les Kardashian devant sa télé le dimanche soir aussi. On est tellement habitué à le faire qu’on ne peut pas changer du jour au lendemain. Par contre, y’a des petites stratégies qu’on peut adopter au quotidien. On peut refuser d’écouter ou de dire un potin, réfléchir avant de parler, ne pas porter de jugement sur les idées des autres, éviter une remarque sarcastique, ne pas sacrer après l’auto devant nous qui n’avance pas vite. En diminuant le nombre de fois où on le fait par jour, ça deviendra éventuellement un peu plus naturel pis ça rendra le monde un peu plus beau.

En 2016, je pense qu’on a tous besoin d’un monde plus beau, plus respectueux, plus positif, plus uni. Y reste à peu près ça 40 jours à cette année. Qu’est-ce t’en penserais de contribuer à ça toi aussi? Ça va être comme ton calendrier de l’avant nouveau genre.

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