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Le syndrome de la basic white girl

Par Marie-Joëlle Pratte – le dans #lesgens, Bien-être, Opinion, Psycho
J’ai toujours été une amoureuse de l’automne. Pas parce que je n’aime pas l’été et les vacances qui viennent avec, au contraire. J’ai simplement toujours aimé le fait de pouvoir me promener dehors en admirant la nature vêtue de ses plus belles couleurs en arrière-plan. Pouvoir me couvrir de ma p’tite laine préférée sans avoir peur de mourir de chaleur ou d’être frigorifiée. Pouvoir lire un bon roman ou étudier avec le son de la pluie, préparer des potages savoureux, le retour de la rentrée et le commencement de nouveaux projets. Bref, des raisons, il y en a des milliers. Bon ok, j’ai aussi toujours adoré l’automne parce que c’est mon anniversaire, mais ça c’est une autre histoire. Récemment, j’me suis rendu compte qu’aimer cette saison réconfortante venait avec son lot de préjugés.

N’étant clairement pas la seule qui tripe sur l’automne, j’ai remarqué que beaucoup de gens avaient besoin de se justifier et de se cacher derrière le terme basic ou basic white girl pour se sentir mieux au lieu d’assumer le fait qu’il n’y a rien de mal à aimer quelque chose de commun ou de populaire. Pourquoi? Je ne suis pas psychologue, ni scientifique, mais il est facile de comprendre que l’on vit dans une société qui nous demande constamment d’être sous notre meilleur jour et que cette pression n’est que  décuplée avec l’omniprésence des réseaux sociaux dans notre quotidien. En 2016, il faut s’aimer, mais pas trop, choisir le caption parfait, être à l’affut de toutes les nouvelles tendances et présenter une réalité digne de Pinterest tout en restant unique. Nous sommes en quête perpétuelle de l’originalité autant au quotidien que sur les réseaux sociaux.

Je suis totalement en accord avec le fait de vouloir se démarquer et démontrer son unicité, mais il ne faut pas non plus en faire une obsession maladive. T’as le droit d’aimer ce que tu veux et personne ne devrait te juger parce que tu t’offres un latté à la citrouille de temps en temps. Si tu te sens tellement gêné d’aimer la même saveur de café que la majorité des consommateurs de Starbucks et que tu ne l’assumes pas, il me semble que ça serait beaucoup plus logique de ne tout simplement pas le publier sur Facebook ou Instagram.

Avec le retour de l’automne, c’est LE festival de la basic white girl sur les réseaux sociaux. Si tu as le malheur de vouloir aller aux pommes que ce soit avec ton chum ou tes amies, t’es automatiquement dans cette catégorie. Tu portes une chemise avec un motif à carreaux? Ouf, t’es tellement cliché. Tu suis la tendance des chokers ou tu décides de t’offrir des vacances dans le Sud dans un tout-inclus. Oublie ça, tu es maintenant la classique basic. Ce n’est pas parce que tu choisis de porter un morceau populaire que tu ne peux pas avoir ton propre style et ce n’est pas parce que tu veux aller décompresser au Mexique que tu ne veux pas aussi découvrir le reste de la planète. Tu peux aimer ce que tu veux, tant que tu l’assumes. Confidence is everything. Pourtant, encore en 2016, on ressent le besoin de se justifier pour qui on est. Tout ça parce qu’on vit dans la peur du jugement des autres. À l’âge où on est rendus, on devrait avoir compris depuis longtemps que ça n’a aucune importance tant qu’on est heureux.

La pression de toujours être à son top est irréaliste et l’authenticité reste la clé. T’as le droit de vouloir rocker ton p’tit chapeau de feutre même si tout le monde en porte des semblables. T’as aussi le droit d’être quétaine pis de prendre des photos de couple au mont Saint-Hilaire sans pour autant être considéré comme un dépendant affectif. Toutefois, il est certain que la modération a bien meilleur goût. Pour les publicateurs en série, poster 46 photos de ta virée au Starbucks n’est peut-être pas la meilleure idée si tu ne veux pas te faire unfriend par la moitié de ton réseau, mais, encore là qui suis-je pour te juger?

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