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Quand les mensonges blessent

Par Hugo Cournoyer – le dans #lesgens, Opinion
Tu connais ce vieil adage qui dit que toute vérité n'est pas bonne à dire. Moi, je te dis que c'est faux.

Pis là, viens pas faire chier en me disant « C’est pas possible de dire TOUTES les vérités du monde. Y’a des choses qu’on va juste pas penser dire. » Je ne parle pas ça. Dans le cas qui nous intéresse, je parle d’omettre délibérément quelque chose qui se devait d’être dit ou de simplement mentir. Toute vérité n’est pas bonne à dire. On peut-tu s’entendre que c’est une expression qui sert à excuser un mensonge? Oui. Merci.

Je t’entends déjà me dire que, dans une société comme la nôtre, où on entretient de plus en plus de relations éphémères, tout le monde qu’on croise n’est pas obligé de savoir toute la vérité. Ou peut-être me dirais-tu que tu ne peux pas supporter la tension qu’engendrerait le fait de savoir ce que tout le monde pense exactement de toi. Ou que tu ne veux pas vivre avec la peur d’avoir à dire tout ce que tu penses. Ou peut-être penserais-tu que dans un monde où règne la vérité, le menteur serait roi. Et tu aurais pu avoir raison sur tous ces points (si tu parlais à quelqu’un d’autre).

Mais de mon côté, je peux argumenter que dans un monde où tout le monde dit la vérité, après un temps d’adaptation, il y aurait beaucoup moins de conflits, puisqu’il n’existerait plus de fausses attentes. Exemple : « Donne-moi ton numéro et je vais te mettre en contact avec des gens hyper importants. » Et dans ta tête : « OMG, est-ce que c’est ma chance de devenir enfin rich & famous? » La réponse est non, p’tit poulet. Aussi, il n’y aurait plus de ces cachotteries qui blessent. Tsé. Les coquines. La vérité est déjà assez dure à avaler, parfois. Pas obligé d’y rajouter un glaçage de mensonges qui t’a fait sentir bien pendant un temps, mais qui, finalement, se révèle être une sauce d’illusions, de fausses joies et de chimères.

Ou je pourrais aussi essayer de te convaincre en te disant qu’on en a déjà assez d’essayer de se comprendre, à travers de toutes nos discussions ordinaires, de nos interprétations individuelles, de nos visions uniques du monde, pour qu’on doive, en plus, ajouter des mensonges à travers tout ça.

Je pourrais aussi te convaincre qu’un mensonge est toujours inutile. Oui, oui. Je te jure. C’est très simple. Tu as quatre choix quand tu mens.

Soit, un, il est dévoilé au grand jour et t’es baisé right away.

Soit, deux, tu es le seul à connaître le mensonge, scénario dans lequel le mensonge perd beaucoup de sa valeur et de son pouvoir puisqu’il n’y a personne pour le valider. Au même titre qu’une vérité, le mensonge non validé ouvre la porte au doute, au scepticisme et aux questions indiscrètes et/ou compromettantes. Et tu finis par te compliquer encore plus la vie. J’sais pas toi, mais moi, tant qu’à raconter un mensonge, j’aimerais que ce soit simple. Ou qu’il m’assure au moins une position plus confortable que de dire la vérité. Ce n’est pas le cas ici.

Ensuite, trois, quelqu’un d’autre connaît ton mensonge. Ainsi, la personne peut soit être un témoin gênant, soit agir de complice en validant le mensonge. Dans le premier cas, il devient une menace de chaque instant et va, selon toutes vraisemblances, révéler ton secret à quelqu’un un jour. On veut pas ça. Dans le deuxième cas, ton mensonge est validé. T’as un alibi solide. Cependant, en plus du risque de trahison, tu as maintenant une dette, ou pire, tu viens d’ouvrir la porte au chantage. Pis ça non plus, tu veux pas ça.

La seule situation où un mensonge fonctionne, c’est dans ce quatrième cas: quand son impact est nul. Pourquoi avoir menti alors? Par habitude? Parce que ça te semblait la bonne chose à dire? Pour préparer le terrain d’un plus grand mensonge? Tout ça va t’exploser dans la face un jour. Je te l’annonce tout de suite. Référence: voir les trois points précédents.

Ceci étant dit, rien de tout ça ne sont des arguments qui m’intéressent.

Ce que je veux que tu te rappelles surtout, c’est que d’éviter la vérité, c’est d’être un lâche. C’est de faire une croix sur ta vie. C’est de renoncer à qui tu es. En renonçant à ta propre vérité, en refusant de l’exposer, tu acceptes de l’effacer. Et de t’effacer. De te fondre dans une masse d’inconnus identiques et sans saveur. De suivre la mode du tout pareil. D’emboîter le pas du gros bon sens.

C’est d’accepter de respecter leurs règles. De suivre leur code insensé : « toute vérité n’est pas bonne à dire. » D’être l’employé du mois. La carrière. Le succès. Monter une échelle sociale qui ne mène nulle part. Être la saveur du jour dans un corps qui ne t’appartient pas.

Puis disparaître.

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