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L’anxiété « prouvée scientifiquement »

Par Sarah Leblanc – le dans Bien-être, Santé

L’anxiété « prouvée scientifiquement »

Pour commencer, j’étudie au bac en psycho à l’UdeS. (Et je vais le dire vite comme ça, en passant, l’étude de la psychologie, c’est bien plus que l’histoire d’un gars qui aimait sa mère.) J’ai la chance d’apprendre sur la psycho, et donc, d’apprendre sur la vie tout court; d’apprendre à me faire une idée de ce qu’est la santé, la maladie, pis tout c’qui peut bien se passer entre nos deux oreilles, pis dans le reste du corps, tant qu’à y être. Mais surtout, j’ai eu la chance de parler avec des gens qui m’ont ouvert les yeux. Ça fait que j’ai décidé d’en jaser en ligne, de partager, et puis voilà :

Ce qui m’exaspère, depuis quelque temps, c’est que les gens s’obstinent à se demander si la psychologie, c’est vraiment une science. Ça m’exaspère, non pas parce que je trouve que c’en est une, mais plutôt parce que je trouve le débat absolument ridicule. Qu’est-ce que ça change?

Psychologie: étude des comportements, des émotions, des cognitions, des motivations, des intentions, des réactions, des ce-que-tu-voudras. Aujourd’hui, dans la tête de plusieurs, la psychologie est surtout devenue l’outil de réponse à : « Dis-moi donc qu’est-ce que j’ai qui va pas. », « Dis-moi donc, si j’ai 3 symptômes sur 6, c’est tu assez pour dire que j’ai la maladie? », « Dis-moi donc, toi qui étudies la psychologie, si j’ai pleuré hier et que j’ai ri aujourd’hui, ai-je un trouble bipolaire? », ou pire encore : « Quel médicament est le meilleur pour traiter l’insomnie?… Je sais pu quoi faire! »

Les articles les plus populaires de nos jours portent des titres du genre: « La schizophrénie serait due à un déficit de dopamine », « La dépression est dans le cerveau », « Des chercheurs ont trouvé le gène de l’agressivité », « L’anxiété serait héréditaire ». On louange le monsieur en sarrau blanc qui nous explique, via un vidéo Youtube, ce qui se passe entre les neurones quand on a telle ou telle maladie.

Mais pourquoi ce besoin si crucial de savoir qu’est-ce qu’on a, pis qu’est-ce qu’on doit faire? Mon hypothèse? Sûrement parce que c’est beaucoup moins forçant que d’essayer de savoir qui on est, pis de comprendre comment être mieux?

« On cherche plutôt à effacer la trace visible du  mal  anxieux,  afin  d’éviter  d’en rechercher  les  causes  princeps. » – Steve Curadeau (a.k.a. le meilleur prof de la planète, no joke)

On se doit vraiment de se poser la question parce qu’on se doit d’être honnête, au moins avec soi-même : Est-ce qu’on a vraiment envie de savoir pourquoi on ne se sent pas bien? Est-ce que cette obsession de réduire nos solutions à des pilules, de réduire nos maux (faute de mots, dirait Curadeau) à des diagnostics et des déficits cérébraux ne serait pas justement un bon moyen d’éviter de se poser des questions? Je simplifie, on dirait qu’on croit que si on est capable de prendre tout c’qui fait mal, de le mettre dans une petite boîte carrée, c’est plus facile à traîner. Mais pourquoi ne pas prendre le temps de faire le tri dans sa tête pis son cœur, comme ça on aurait pu besoin de traîner c’qui fait mal?

Ben non, c’est pas facile de fouiller loin à l’intérieur de soi pour comprendre pourquoi on n’est pu capable de voir loin devant soi. Mais je suis convaincue que c’est nécessaire.

Ne me méprenez pas! C’est pas mauvais, de s’aider en prenant un petit comprimé en état de crise, quand on n’est pu capable de rien, pis qui faut se stabiliser et devenir un minimum fonctionnel (je suis pas médecin, ni psychiatre, ni même psychologue). Par contre, faut pas s’imaginer que c’est ça qui va nous guérir. Dans le sens que non, c’est pas ça qui va faire qu’on va se retrouver, qu’on va se comprendre, qu’on va donner un sens à notre vie.

Bref, j’aurais un petit quelque chose à dire à Madame la Science : Prends-toi pas pour une autre, et avoue donc que même si tu réponds maintenant à tous les « Comment? », les « Quoi? », les « Combien? », tu répondras jamais à aucun « Pourquoi? ».

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