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Ma première folie

Par Joanie Hébert – le dans Voyage

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Dans le Petit Larousse, on qualifie le mot «folie» par : dérèglement mental, démence, manque de jugement, dépense excessive, action déraisonnable.

En fait, depuis mon plus jeune âge, je n’ai jamais eu de dérèglement mental, d’épisodes de démence ou de manque de jugement. Je n’ai même jamais fait de dépenses excessives ou d’actions déraisonnables. J’ai toujours agi politiquement correct. Que la folie soit d’acheter une simple paire de chaussures à 300$ ou de partir en roadtrip sur un coup de tête et sans date de retour; elle n’a simplement jamais eu lieu.

Sauf qu’il y a eu le 31 octobre, la fois où j’ai fait ma première folie. Une vraie de vraie. Du moins, pour moi. Évidemment, pour certains, ça n’a rien d’une folie, mais plutôt une aventure tout à fait normale.

Depuis plusieurs mois, mon chum me parlait qu’il aimerait voir le monde et se dépayser totalement. Il avait la Thaïlande en tête. Du coup, il l’a mise dans la mienne.

Mon côté rationnel très (trop) présent me ramenait toujours à la claque que mon compte en banque prendrait. Il me rappelait aussi la fin de session d’université que je me devais de réussir, le stress des préparatifs des fêtes, le retour au boulot qui serait complètement démesuré et surtout, ce que ma petite maman penserait de tout ça. Je sais, j’ai encore 12 ans sur ce point-là. Je n’y peux rien; nous ne sommes que fusion.

Oups! Je vous annonce que vous avez ici une personne anxieuse, qui n’a aucune confiance en soi et qui recherche l’approbation de la terre entière pour agir. Et là, la terre entière, c’était ma mère. Je ne pouvais pas concevoir qu’elle approuverait cette folie. Mais elle l’a fait, à contrecœur, je sais. Avec nervosité et anxiété, je sais. Avec frustration aussi, qui sait? Mais bon, je l’ai eu, son approbation. Après tout, c’est ce petit «Ok, ma chérie, vas-y!» qui me guide depuis plus de 25 ans… et je ne me sens pas prête à vivre sans lui.

C’est d’ailleurs un «ne fais pas ça s’il vous plait, ma chérie» qui m’a fait annulé mon saut en parachute, qui a fait en sorte que je sorte d’une relation, d’un état d’âme malsain…

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Source: Joanie Hébert

Bref, le 31 octobre, je me suis assise à l’agence de voyage avec mon chum, ma carte de crédit, mes mains moites et mon cœur qui voulait me sortir du corps.

Même si je n’ai aucun doute que ce que nous vivrons est la plus belle chose qui soit, la peur de vivre me rattrape. À vrai dire, j’ai peur de partir à l’aventure et de revenir malade. J’ai peur d’emprunter un scooter et de le briser parce que je ne sais pas le conduire. J’ai peur de l’avion et de ce qui peut se passer. Reste-t-il que ma plus grande peur est de découvrir le monde et d’y voir des laideurs.

Malgré tout cela, nous avons finalement quitté l’agence avec nos deux billets pour la Thaïlande. Nous partons avec nos sacs à dos. 21 jours. Sans itinéraire. À l’étranger. Sans repères. Sans ma mère. Sans ma mère pour me dire «Vas-y, ma chérie!».

Peu importe, le 2 décembre, en arrivant à l’aéroport, je me suis laissée guider par mon cœur et je me suis fait confiance. Tout au long de mon voyage, je ferai confiance à la vie. Et je trinquerai à cette première folie!

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