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Mes 628 jours sans embrasser

Par Mélissa Lavoie – le dans Sexe

628 jours, que je n’ai pas effleuré les lèvres de quelqu’un. Même pas proche, même pas à la porte d’à côté de se produire. 15072 heures, que je ne n’ai pas joué à cache-cache dans un cou qui sent bon le réconfortant, le celui qui est là pour toi. Une nuque qui me donne le goût de lui parler pour lui demander la permission de la flatter pendant longtemps devant la télé. 904320 minutes, que je n’ai pas senti les papillons virevolter dans mon ventre en croisant des yeux qui décrypteraient la personne que je suis par un regard qui désirait savoir on sort d’où, ma face pis moi. 54 259 200 secondes, que je ne me suis pas collée en cuillère avec un autre humain que ma fabuleuse, haute comme trois pommes. La boucle des saisons qui passent, deux fois, sans que je ressente le besoin d’aller apprivoiser une nouvelle bouche à aimer.

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C’est là que ça m’a frappée. J’étais passée par toutes les phases du deuil, de celui que j’avais aimé. Pis j’ai compris que ça m’avait pris 628 jours avant de pouvoir réellement dire que j’étais guérie.

Le déni

Quand ça arrive, quand l’autre te dit que c’est fini, tes organes se ferment.

Tes yeux se ferment pour pu rien voir. Ton nez pour pu sentir son odeur. Ta bouche pour pu l’offrir. Tes dents pour pu les montrer d’un sourire. Ta langue pour pu danser avec une autre. Tes bras pour pu enlacer. Tes mains pour pu toucher un autre corps. Tes doigts pour pu envoyer des messages de doux. Tes orteils pour pu chatouiller de rire. Pis ton cœur pour pu l’ouvrir à personne.

Jamais, que tu te dis.

La colère

Jamais, que tu penses. Parce qu’arrivé à cette étape-là, tu veux juste te prouver à toi-même que c’pas parce que lui que t’avais aimé voulait pu t’embrasser qu’il y en aurait pu jamais d’autres. Fait que tu fais ce que tu avais dit que tu ferais jamais même si on te torturait à grandes gouttes d’eau dans le front: t’installes Tinder sur ton téléphone. Pis la colère à chaque fois que tu vois l’application de feu (graphiquement parlant ici) défiler sans que tu oses trop la démarrer. La colère de devoir te créer un profil de célibataire avec une photo, parce que c’est ça que tu es maintenant, une «célibataire». Pis de swiper à gauche la majorité des humains/profils qui défilent sur ton écran. De créer même des mélodies avec le son que ça fait quand tu tasses l’humain/profil dans une poubelle imaginaire. D’enlever l’application, la remettre, l’enlever, la remettre, l’enlever pour de bon.

T’es juste pas prête. Fin de la colère.

large-2Crédit: weheartit

La dépression

Pis c’est là que tu te dis que t’es juste pas née dans les bonnes années. Qu’en fait, en ce moment, t’aimerais revenir dix ans en arrière. Juste arriver dans une soirée pis te demander c’est qui LUI, le beau, dans le fond de la cuisine de ton amie qui a des yeux de feu (métaphoriquement parlant ici), que tu connais pas mais qui actionne le tempo des battements dans ton ventre à son plus haut. Pis lui parler, pis rire, pis se regarder. Juste ça. Juste avoir un vrai humain devant toi pis le découvrir avec autre chose que des mots sur un écran pis des photos coloriées de pixels pas ben claires. La dépression de te demander comment ça pourrait ben t’arriver, une histoire si rocambolesque de rencontrer quelqu’un sans une application qui fait des sons.

Pis de te dire que ça se pourrait ben juste que non, que c’est peut-être trop demander à l’univers de 2016.

L’acceptation

Jusqu’à en arriver à pratiquement deux années d’abstinence d’embrasser. Parce que t’étais pas prête, que tu voulais pas prêter tes lèvres à n’importe qui, que t’avais (presque) pas croisé de yeux de feu dans une soirée, que tu avais pas vu le temps défiler sur le sablier pis que tu t’étais rendu compte que c’est ce dont tu avais eu besoin dans le fond.

Juste du temps pour accepter toute ça. Pis que t’étais peut-être prête là.

À parler avec tes yeux dans une soirée.

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