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Merci à toi, caissière du McDo de Val-d’Or.

Par Nerds – le dans Bien-être, Santé

Depuis déjà quelques semaines, je suis en période de probation à savoir si j’ai l’coeur pis l’cerveau qui vont me permettre de passer à travers l’adaptation.

Ah bin tsé, je ne vis pas grand chose. «Quand on se compare on se console», qui disent. Même que j’ai surtout rien à me plaindre.

Y’a des Palestiniens qui crèvent à peu près tous les jours, y’a des cancéreux qui sillonnent les corridors de l’aile des soins palliatifs, pis ces temps-ci, y’a les troupes du KKK qui croient toujours en la véracité des valeurs fondamentales de leur gang. Mes presque trois mois de bébé-lala en (nouvelles) terres abitibiennes n’ont rien à envier aux situations dramatiques et catastrophiques dignes d’une intervention de l’armée ou d’un speech de l’ONU prononcé par Emma Watson.

source: memecenter.com

Et pourtant, j’avais aucune idée que les montagnes russes (très safe) de la Ronde allaient faire une ride de huit cent quelques kilomètres vers le Nord-du-Québec pour venir se nicher dans l’profond de mes entrailles. J’avais pourtant moins le vertige quand j’ai pris la décision folle de sauter en parachute pour atterrir en Abitibi, question de rejoindre celui qui m’fait pomper l’coeur à une limite de vitesse bannie du Code de la route.

Il faut dire que j’avais pratiquement omis de jaser avec ma tête avant de partir sur une gosse. On s’est embrassé assez solidement sur le coup de minuit dans la brasserie de Sainte-Marie-de-Beauce qui nous faisait office de royaume pour fêter la nouvelle année. On savait qu’il te restait officiellement 12 jours pour paqueter ta vie pis prendre le Parc de La Vérendrye, pour devenir un vrai monsieur qui allait désormais travailler à donner la moitié de sa paie au gouvernement. On s’est mis la tête dans le sable parce qu’on trouvait ça allégrement plus satisfaisant que de se demander où est-ce que ça allait nous mener, nous pis nos «à-peine-4-mois-officiels». On trippait assez dur sur l’expression «on traversera l’pont rendus à ‘rivière», ça nous confortait dans nos angoisses pis dans nos envies de pas en parler.

source: memecenter.com

Et le temps de passer à travers l’organisation d’un colloque interuniversitaire de 800 personnes, d’essayer de venir à boutte de 2 séminaires de maîtrise pis de travailler un tant soit peu pour payer mon gaz pis mon hydro, les quatre autres mois de notre relation au stade-pré-ado-de-l’amour se sont écoulées à coup d’appels Skype et où l’écran nous enrageait de ne pas pouvoir se toucher, de ne pas pouvoir coller nos peaux ou de se flatter. C’était inévitablement frustrant de pas pouvoir vivre le boutte mielleux d’une relation naissante – faut dire qu’on s’est aimés comme notre créativité nous l’a permise. On s’est aimés dans la reconnaissance que j’avais dans l’sourire quand t’arrivais à minuit le soir à tous les deux jeudis d’un [email protected]

Tu m’as dit de venir te rejoindre parce que «l’Abitibi c’est somme toute assez bien isolé pour rédiger un mémoire de maîtrise quand même». C’était pas fou. J’avais déjà un background en réadaptation géographique depuis la fin du secondaire: Joliette, Montréal et Sherbrooke. En presque 10 ans, j’avais fait subir à mon corps – et mon coeur – les contrecoups de la réalité des déménagements, des moments de fuite pour me protéger l’âme ou pour fuir dans ce qui était moins confortable. Pourquoi, cette fois-ci, serais-je incapable de me donner tout ce trouble-là pour finalement être bien, tsé. C’était pas fou.

source: memecenter.com

Pis tu vois, je suis assurée, même après trois mois, que c’était la meilleure décision du monde. Genre meilleure que le traité de paix israélo-égyptien signé en 1978. Le casting complet de Friends aurait de la misère à nous accoter dans notre complicité épique. On a clairement pas le potentiel de s’engueuler et on scelle notre amour dans le fait incontestable qu’on statue tous les deux que les fudges glacés sont crissement meilleurs que les Revel-o.

Je suis juste… petite. Je suis petite, parce que les gens finissent toujours par être un peu plus physiquement petits quand on s’en éloigne, sauf que cette fois-ci je suis foutrement loin d’eux autres. Mes bras se rendent pas aussi vite quand j’ai besoin d’un gros hug de mère, même si mes 26 ans vont sonner dans moins d’un mois. Mes rires ont l’air moins gras quand ma soeur me tag dans un vidéo calissement trop drôle.

On dirait que de donner des nouvelles fait plus mal. Ça me ferait davantage de quoi de savoir que mes meilleurs chums sirotent une frette sur la terrasse au Siboire. Que ma Ploune joue au hackie dans les rues d’Arvida, que ma Laulau rie encore des résidents d’Outremont qui rentrent chez Renaud-Bray comme le monde de région qui s’habillent chic quand ça va souper chez St-Hubert, que ma Raph est encore à la Brûlerie au lieu d’être chez eux. Je m’ennuie un peu de dire que Montréal-Québec c’est long. Surtout quand ça me prend à peu près le même temps par jour pour voyager à ma job . Je m’ennuie d’avoir d’autres magasins de linge que le Caveau des jeans.

source: memecenter.com

Et pis mon trois mois de probation s’achève. J’arrive à trouver un peu de doux dans les nouvelles fondations que j’essaie d’installer. Des collègues sucrés, un appartement-nid-d’amour parfait, d’autres activités que d’aller boire une bière au Siboire aux 2 jours (genre aller prendre une bière au Trèfle ou au Prospecteur, mais bon.)

Pis j’ai pris l’habitude d’alléger mes matins en prenant mon temps pour arriver au bureau: j’arrête au McDo pour remplir ma tite carte à café (grandes ambitions). À force de m’en pogner un tous les matins, j’ai finalement réussi à réaliser que c’était toujours la même caissière qui prenait ma commande, avec l’humeur d’une bonne femme qui vient de gagner une journée avec Louis-François Marcotte. C’est fou! C’est genre rafraîchissant. C’est genre une fille-soleil. Tous les matins, elle me demande si je suis prête à commander comme si j’allais prendre l’élixir du bonheur. J’ai jamais donné mon change à quelqu’un – de sexe féminin de surcroît – avec la yeule aussi ouverte. J’en reviens jamais de son enthousiasme légendaire à prendre des commandes chez McDo.

Ça fait que j’ai allumé. Ça va venir. Tranquillement. À force d’aller chercher mes cafés. À force de me laisser ouvrir la yeule par les belles  choses qui existent aussi ici. À me donner une chance d’y aller une journée à la fois.

Ça fait que merci, petite madame pas tant madame, du McDo de Val-d’Or. M’a te prendre une grosse tape de courage pour emporter.

Par Angie Landry
Collaboratrice spontanée

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