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#sorrynotsorry: la maturité, c’est pas dans mes gènes

Par Alexandra Nadeau-Gagnon – le dans Chroniques
La maturité est un état qui ne fait pas tout à fait partie de mes gènes. Alors que ma maturité physique est atteinte depuis longtemps et que ma maturité intellectuelle me semble pas mal du tout, je suis dans l'obligation d'admettre que ma maturité affective, elle, traîne de la patte en s'il vous plaît.

Quand est-ce qu’on est censé devenir mature all the way? Y’a-tu un âge, pour ça? Parce qu’à l’aube de mes 30 ans, je suis incapable de me considérer comme une personne mature. Si quelqu’un a le malheur de m’appeler «madame», je me sens comme une impostrice. C’est pas pantoute une question de «je suis pas mariée, fait qu’appelez-moi mademoiselle», c’est juste que je me considère pas du tout comme une madame. Dans ma tête, je suis encore limite une ado qui n’a (presque) rien compris à la vie. Une adulescente, comme on dit.

Fille ou femme?

Non seulement j’ai du mal avec les appellations «monsieur» et «madame», mais j’ai aussi du mal avec «homme» et «femme». Je suis incapable de qualifier une personne d’homme ou de femme si elle a moins de 50 ans. Minimum. J’utilise encore «gars» et «fille», et je sais que c’est purement psychologique et absolument pas rationnel, voire complètement niaiseux et limite insultant pour certains, peut-être, mais j’ai un réel blocage. J’ai l’impression que ça sonne faux, carrément. «Femme», c’est le genre selon lequel je me définis en tant qu’humain, mais sans plus. Je suis la fille qui n’est jamais devenue femme.

Avoir la mémoire (trop) longue

Déjà, je suis rancunière. Je travaille vraiment très fort là-dessus, mais c’est pas toujours facile, parce qu’en plus, je suis orgueilleuse. Ça fait pas toujours un beau mélange, je peux te l’assurer. Et j’ai aussi une très bonne et longue mémoire – pour certaines choses, du moins, souvent les moins importantes -, ce qui fait en sorte que, par exemple, si j’étais en mauvais termes avec quelqu’un, que ça fasse 2 ou 20 ans et que je me souvienne de la raison de notre conflit ou non, si je recroise cette personne, je vais me rappeler qu’un moment donné, j’avais décidé que je l’aimais pas et je vais continuer de ne pas l’aimer.

Jeune femme fâchée
Jim Flores | Unsplash

Ça m’est arrivé tout récemment, même. Une amie que j’avais lorsque j’étais au primaire et que je n’ai ni revu ni eu de nouvelles depuis environ 20 ans a été ajouté à un groupe Facebook fermé dans lequel je me trouve, et dès que j’ai réalisé que c’était elle, mon coeur s’est mis à battre vitre et j’ai paniqué. Pourquoi on ne s’entendait plus? Aucune idée. Une affaire futile d’enfants, du genre elle s’est fait une autre amie et je l’aimais pas. Y’avait peut-être aucune raison, aussi, tu sais comment c’est. On s’est peut-être juste perdue de vue lorsque j’ai commencé le secondaire, et donc, changé d’école. Mais le fait est que je n’avais pas un bon souvenir de cette fille et que j’ai vécu un réel malaise lorsque j’ai vu son nom apparaître sur mon écran. Même après 20 ans. Ça m’a sincèrement pris quelques minutes pour me ressaisir, me convaincre que «Sérieux, Alex, reviens-en, c’est stupide», et finalement lui souhaiter la bienvenue dans le groupe comme une adulte mature. J’ai même mentionné le fait qu’on se connaissait! Ok, c’était peut-être un petit test pour voir comme elle, elle réagirait, mais je te donne un hint: elle a été adulte et mature elle aussi. Malgré tout, je crois que ma résolution de 2020 de dépasser mes limites et d’être une meilleure personne est mauditement sur la bonne voie!

Accepter que je suis pas le centre de l’univers

Depuis toujours, j’ai la fâcheuse manie de vouloir de l’attention. Peu importe de qui. De tout le monde, en fait. J’aime ça qu’on s’intéresse à moi, et j’aime ça être importante pour quelqu’un. Je me suis quand même améliorée avec le temps, je suis vraiment moins pire qu’à l’adolescence, mais disons que ça se complexifie lorsqu’il est question de relation amoureuse, et surtout de rupture.

Tu dois commencer à le savoir, j’ai vécu une rupture il y a 5 mois – oui, j’en parle tout le temps, mais c’est qu’elle a été vraiment décisive et a changé une tonne de choses dans ma vie, cette rupture, fait que c’est ça. Une des premières choses que j’ai fait suite au départ de mon ex, c’est de bloquer toutes ses publications ainsi que celles de tous les membres de sa famille sur mes réseaux sociaux. Unfriender me semblait trop drastique, mais je ne me sentais pas capable de voir passer leurs publications dans ma face à tout bout de champ, ce que je considère quand même normal dans les circonstances. Pour être honnête, ce n’est que la semaine dernière, et avec tous les efforts du monde, que j’ai débloqué le tout, et j’avais vraiment très peur de ce que ça donnerait, mais je considérais que c’était la dernière étape à franchir pour considérer que j’étais vraiment passée complètement à autre chose.

Jeune femme avec un chapeau
Matthew T Rader | Unsplash

Ce que je trouve le plus difficile dans ce genre de situation, c’est de voir que la vie continue pour ces personnes qui ont drastiquement cessé de faire partie de ma vie. Surtout que la vie continue pour mon ex, en fait. De voir qu’il peut être heureux sans moi, de savoir, mais surtout de constater que je ne suis plus LA personne la plus importante à ses yeux. Pour l’avoir déjà vécu avec mon premier ex, je redoutais les serrements dans ma poitrine chaque fois qu’il partagerait un nouveau statut Facebook montrant où il se trouve, avec qui, et qu’il a du plaisir. Sans moi.

Évidemment, avec le temps, ce serrement fini par s’atténuer, mais ça n’empêche pas que le jour où j’ai appris que mon premier ex avait une nouvelle blonde – environ 5 ans après notre rupture et alors que j’étais de nouveau en couple depuis plus d’un an -, ça m’a fait quelque chose. Sans raison logique autre que quelqu’un avait officiellement repris la place que j’avais jadis eue dans sa vie et que c’était difficile à accepter. Heureusement, cette fois-ci, ça se passe beaucoup mieux. Je ressens (presque) rien du tout quand je vois passer la binette de celui avec qui j’ai partagé les 4 dernières années et demie de ma vie!

 

Non, la maturité, c’est pas dans mes gènes. J’ai pas l’impression que c’est demain la veille que je pourrai me considérer comme une femme adulte et mature, mais l’important, c’est que je suis consciente de la situation et que je fais des efforts qui semblent porter fruit, non? #sorrynotsorry


Crédit photo de couverture: Anthony Fomin | Unsplash

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Alexandra Nadeau-Gagnon

Rédactrice en chef de Nerds, aussi auteure, rédactrice et réviseure dans la vie. Alexandra aime lire, aller au ciné, boire du thé et flatter ses chats.